Vidéo/Tunisie : La société civile exige "liberté, emploi, dignité"
Publié le Mardi 06 Décembre 2011 à 14:36
A l’occasion de la reprise des séances plénières ce matin à l’assemblée constituante, quelques centaines de citoyens tunisiens se sont donnés rendez-vous devant son siège au Bardo. Mot d’ordre : "Non au retour de la dictature, oui à la démocratie participative et au respect des objectifs de la révolution ».
Des membres de la société civile et des mouvements politiques se sont réunis pour défendre ce qui leur semble être les fondamentaux d’une démocratie respectant la dignité des hommes et des femmes. D’ailleurs, le slogan phare de la révolution tunisienne a été plusieurs fois scandé par les manifestants : «Emploi, libertés, dignité ».
Toutefois, ce qui semble inquiéter le plus l’assistance est l’éventuel vote du projet de loi organisant les pouvoirs publics et qui ne fait pas l’unanimité au sein de l’assemblée constituante. «Nous ne voulons pas d’un gouvernement, d’un chef de gouvernement ou d’un chef d’Etat qui n’en font qu’à leur tête sans être inquiétés. Quelque soit cette personne, il n’est pas normal qu’elle accapare le pouvoir », dit une dame, quand un homme lui coupe la parole : « Nous ne sommes pas là pour défendre un quelconque parti aux dépens d’un autre. Pour nous, tous ceux qui sont derrière ces murs, sont logés à la même enseigne. Nous voulons qu’ils cessent de nous parler de pouvoir et de postes, et qu’ils s’occupent de la situation catastrophique vers laquelle s’achemine le pays. Je crois qu’il n’y a jamais eu autant de chômeurs de toute l’histoire de la Tunisie ».
C’est pour cette raison que des jeunes originaires du bassin minier de Gafsa observent depuis quelques jours un sit-in devant les locaux de l’assemblée constituante. « A Gafsa, nous souffrons du chômage bien que nous produisions un matériau qui vaut de l’or, nous voulons une solution à notre situation. Nous sommes fatigués d’attendre », crie un des leurs.
A côté des militants de Doustourna, Tounesna et autres organisations politisées, une Tunisie plutôt élitiste s’est déplacée aujourd’hui au Bardo, avec quasiment autant d’hommes que de femmes. Les précurseurs de la révolution tunisienne sont absents ou très peu nombreux. Pourquoi pensez-vous que votre cause ne mobilise-t-elle pas toutes les catégories sociales ? fut interrogé un jeune homme. « Je crois que parce que c’est organisé en milieu de semaine, que les gens ont mieux à faire et que les gens issus des villes de l’intérieur pensent que nous manifestons contre l’Islam ou contre Ennahdha. Ce qui est totalement faux. Nous voulons protéger nos droits et libertés. Je dirais même que plusieurs personnes sont ici parce qu’elles en veulent à leur élus, qu’ils pensaient être plus coriaces et plus efficaces sur le terrain ».
Cette manifestation annoncée plusieurs jours à l’avance sur les réseaux sociaux, a rassemblé près de 400 personnes.
Reportage et vidéo : Chiraz Kefi et Anis Ben Othman
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Commentaires
Ecrit par hammadi 08-12-2011 11:00