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Mardi 11 Décembre 2018         

Une escalade politique provoquée, au détriment de la Tunisie

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Publié le Lundi 03 Décembre 2018 à 16:10
La crise au sein de l'exécutif persiste, au grand dam du pays. La transition démocratique est de nouveau mise à rude épreuve. Une nouvelle crise politique s’ajoute à une série d’autres qui l’ont émaillée depuis son enclenchement, et qui freine encore une fois l’agenda des réformes et entrave la transition économique, tant souhaitée.

Au lieu que toutes les bonnes volontés et toutes les forces vives conjuguent leurs efforts et s’allient pour sortir la Tunisie de l’ornière, préserver le caractère pacifique de sa transition et en confirmer l’expérience, en tant que seule démocratie naissante dans la région, les différents acteurs de la scène semblent, a contrario, s’atteler à torpiller le processus, et à faire voler en éclats le peu d’acquis, que l’on a jusque-là obtenu, notamment sur le plan politique.

Avec la crise qui sévit au sein de l’exécutif, les graves accusations adressées au chef du gouvernement de coup d’Etat contre le président de la république, la décision de BCE d’hausser le ton envers Ennahdha, les accusations qui sont adressées à ce même mouvement par le comité de défense d’avoir une organisation secrète…le climat est on ne peut plus délétère, à moins d’une année d’une échéance électorale décisive, où le pays devra renouveler le rendez-vous avec les législatives et la présidentielle, pour élire un nouveau parlement, et choisir un nouveau président ou reconduire le même, si l’actuel locataire de Carthage décide de briguer un nouveau mandat, et s’il parvient à réunir les suffrages de la majorité des Tunisiens.

La crainte plane quant à l’évolution de cette crise, et à ses répercussions sur un édifice démocratique encore fragile. A fortiori que les signes annonciateurs de son règlement sont, à l’heure qu’il est, inexistants.

Même si elle est différente des crises politiques qui l’ont précédées, l’actuelle n’en est qu’un prolongement. Le pays n’a pas réussi, huit ans après la révolution, d'exorciser les démons de la polarisation idéologique, de la controverse, pourtant tranchée par la constitution, autour des questions identitaires, et du clivage entre ceux qui se disent modernistes, réformateurs et progressistes, et ceux qui sont taxés de réactionnaires et régressifs.

C’est en effet un retour à la case départ, avec un remake fade de la crise de 2013 qui a failli mener le pays à la guerre civile, n’eût été un accès de sagesse des protagonistes de l’époque, qui a fait prévaloir le dialogue et le consensus, sur la logique du conflit.

Mais  voilà que cette conflictualité est de retour, sur fond d’une absurdité rarement égalée, dont le but avéré est le positionnement en prévision des élections de 2019. Une escalade politique qui intervient à l’heure où la Tunisie est saignée à blanc en termes économico-financière, où les indicateurs sont encore au rouge pour ce qui est du déficit, du taux d’endettement, de la dépréciation du dinar…, et où les attentes populaires sont grandes en termes d’amélioration des conditions de vie, de lutte contre la précarité, et du chômage, d’amélioration du pouvoir d’achat, et de maîtrise de l'ascension des prix, etc. Autant de questions de fond qui sont forcément reléguées au second plan, étant donné que leur mise en œuvre requiert stabilité, climat apaisé, et concertation pour parvenir à des solutions consensuelles à même d’être traduites dans les faits rapidement, tout en minimisant tout risque de remous et de tensions sociales.

Mais, on n’en est pas, hélas, dans ce cas de figure, l’attention et le débat public sont braqués sur les querelles politiciennes et électoralistes, dont on ne sait pas sur quoi vont-t-elles déboucher.

Pourtant les sujets qui alimentent le conflit sont du ressort de la justice, seuls les tribunaux doivent s’en emparer, et prononcer leurs jugements en toute indépendance et impartialité, loin des pressions de toutes sortes.

Dans les strictes usages démocratiques, le gouvernement est, d’ores et déjà, doté de toute la légitimité requise pour exercer ses prérogatives, après le vote de confiance accordé à ses nouveaux membres, désignés à l’issue du remaniement opéré le mois dernier par Youssef Chahed. Ce passage au parlement devait mettre un terme à la crise politique et permettre aux institutions de retrouver un fonctionnement normal. Il n’en est rien, les tensions reprennent de plus belle, et on ignore où vont-elles mener le pays.

Seule une réconciliation avec une formule chère au président de la république, la patrie avant le parti, est en mesure de nous tirer d’affaires.
H.J.

 

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