sur   
Suivez-nous
Accueil l Temps Fort l National l Monde l Sport l Net & Informatique
Vendredi 20 Juillet 2018         

Un dinar plus faible, une catastrophe pour la Tunisie

Imprimer
Publié le Mercredi 04 Avril 2018 à 17:04
La monnaie tunisienne a beaucoup perdu de sa valeur ces dernières années. Le dinar a beaucoup perdu de sa valeur au cours de ces dernières années, et a amorcé depuis l’année dernière une chute vertigineuse, se dépréciant grandement par rapport aux deux principales devises étrangères, avec un euro qui vaut presque trois dinars, et une dollar, presque 2,5 dinars. Selon le discours officiel, la dévalorisation du dinar ne se décrète pas, elle n’est pas tributaire d’une quelconque autorité ou de la banque centrale, mais reflète l’état de l’économie.

Le rétrécissement des réserves en devises, le déséquilibre abyssal de la balance commerciale, et de la balance des paiements et le creusement du déficit sont parmi les principaux facteurs de la dépréciation du dinar. Résultat : la hausse de l’inflation, ayant atteint en février dernier 7,1 %, chose ayant poussé la banque centrale à revoir à la hausse son taux directeur (+ 75 points), le ramenant à 5,75 %, pour la freiner.

La situation économique est extrêmement préoccupante, et c’est un euphémisme. Face à une conjoncture désespérément morose, où les investissements locaux et étrangers font encore montre de réticence et de frilosité, nonobstant les sollicitations incessantes des autorités, et eu égard à la dégradation des finances publiques, la seule planche de salut, à laquelle pays s’accroche fermement est le FMI.

En recourant à l’institution de Bretton Woods, dans les années post-révolution, la Tunisie n’avait pas vraiment le choix, pour pouvoir faire face aux innombrables problèmes liés à la période transitoire. Les choses auraient pu très bien se passer, comme c’était le cas dans d’autres pays, si on a su utiliser les fonds empruntés pour mettre en œuvre les réformes nécessaires, assainir les finances publiques, et fortifier l’économie. On se serait le cas échéant affranchi rapidement de la dépendance du fonds de Washington, et reprendre le contrôle de la situation économique.

Mais, ce n’est pas, hélas, cette trajectoire orientée vers le haut, qui a été adoptée, mais à l’inverse, celle qui tire vers le bas, avec cet acharnement quasi-méthodique de détruire l’économie et d’en saper les fondements, qui s'est traduit par un déluge de grèves, d’arrêts de travail intempestifs, et de mouvements sociaux d’un côté, et un relâchement sans précédent de l’Etat, au nom de la nécessaire préservation de la paix civile de l’autre ; tout cela sur fond d’une instabilité politique chronique, avec sept chefs de gouvernement et plusieurs remaniements de limités à larges, survenus en ce septennat postrévolutionnaire.

C’est ainsi que la Tunisie se retrouve, à ce stade, en état de dépendance vis-à-vis du FMI, astreinte, qu’elle est, à lui obéir au doigt et à l’œil, condition de la poursuite de son programme de soutien financier. Le passage, annoncé dernièrement par le fonds, de revues semestrielles à des revues trimestrielles, à la demande des autorités tunisiennes, prouve l’état critique des finances publiques, et le besoin impérieux qu’ont les caisses de l’Etat de liquidités.

Dans ces dernières injonctions, le FMI réclame une nouvelle dépréciation du dinar, solution, selon ses dires, pour booster les exportations et relancer l’économie. C’est comme si le dinar n’était pas déjà faible, au point que le produit tunisien s’exporte trois fois moins cher vers les marchés de la zone euro, et 2,5 fois moins cher vers les pays de la zone dollar. (Prenons l’exemple d’un industriel français, qui fabrique des tomates en conserve. S’il achète ses tomates sur le marché français, il va les payer, à peu près, à 3 euros le kg, et s’il les achète sur le marché tunisien, il ne paiera qu’un euro, le Kg), histoire de dire que la valeur du dinar avantage bien les exportations.

C’est comme si, les touristes ne séjournaient pas dans des hôtels 4 et 5* de luxe dans nos belles stations balnéaires, avec des offres all inclusive, réservées de chez eux pour une bagatelle. C’est comme si, le dinar n’était pas faible au point que les importations coûtent les yeux de la tête, et les exportations ne drainent que des recettes modestes, d’où l’érosion des réserves en devises.

Noyer encore plus le dinar aura des effets catastrophiques sur les Tunisiens, tant sur les citoyens lambda qui n’arrivent plus, dans leur majorité, à joindre les deux bouts, que sur les entreprises avec des répercussions sur les coûts et les équilibres financiers, et cela ne fera qu’aggraver la crise économique.

La politique monétaire, sous ses deux aspects, le maintien de l’inflation dans des proportions raisonnables, et la valeur du dinar, constitue l’un des points inscrits au programme de négociations avec le FMI. Si l’appel du Fonds pour la maîtrise de l’inflation semble compréhensible et positif, ses directives pour une dépréciation du dinar, paraissent redoutables et vont à l’encontre des recommandations des experts locaux, dont bon nombre a sollicité l’intervention de la banque centrale pour freiner le flottement de la monnaie nationale, préjudiciable à l’économie.

Les autorités monétaires affichent leur impuissance à ce sujet, et se disent dans l’incapacité de défendre le dinar, au regard de la difficile situation économique.

Selon ces mêmes autorités, le taux de change du dinar est fixé sur le marché interbancaire, selon l’offre et la demande. Vu le creusement du déficit, la demande est supérieure à l’offre, d’où la dévalorisation. Les mesures prises pour limiter l’importation anarchique ne semblent pas avoir été d’une quelconque efficacité…
Gnet


 

Commentaires 

 
-1 #3 Arrêter de percer dans l'eau.
Ecrit par Tunisien     05-04-2018 11:36
Fini Ben Ali!
Le temps de ben Ali, c'est différant du temps d’aujourd’hui. Le monde change chaque jour et on doit suivre et exercer notre effort pour régler et rectifier le chemin qui peut nous soulager.
à mon avis le chemin primordial qui peut supporter toutes ces difficultés c'est: LE TRAVAIL , LA FORMATION,lE CONTRÔLE ET LE TRAVAIL sans BLA BLA.
LE TRAVAIL C'est l'avancement et la production. Ce n'est pas la présence et le stationnement.
 
 
-2 #2 La Suède?
Ecrit par Léon     04-04-2018 19:13
"La suède" disiez-vous en 2011? Je vous répondait jadis: "dites plutôt Madagascar" récoltant vos insultes et votre suffisance de peuple irréfléchi, qui n'a pas estimé à sa juste valeur le travail pharaonique de Sidhom Ben Ali.
Ce qui me fait mal au coeur, c'est que vous étiez sûrs de votre réussite. Moi, j'étais sûr du contraire car je savais exactement ce qui vous motivait.
J'avais même parlé du dinar en 2011, en vous disant qu'il allait jouxter les 20 cts d'euros. Cela vous faisait rire.

QUI AVAIT RAISON? QUI EST LE VISIONNAIRE? QUI A COMPRIS CE QUI SE TRAMAIT SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE? QUI A COMPRIS COMMENT LES VAUTOURS VOUS ONT MANIPULÉ PAR VOS SALES SENTIMENTS (haine, régionalisme, jalousie...).

Léon, Min Joundi Tounis Al Awfiya;
Résistant.

VERSET 112 de la SOURATE des ABEILLES.
 
 
-2 #1 Pourquoi moi?
Ecrit par Tunisien     04-04-2018 18:50
Pourquoi moi? Tunisien j'ai payé, je paye et je payerai jusqu’à la mort,les erreurs des autres.
Maintenant, on est entre l'enclume et le marteau à cause des gents irresponsable le malheur c'est que on continue avec le même processus d'erreurs.
Je suis Tunisien, La Tunisie pour nous et elle nous concerne. Il faut impérativement arrêter tout ce qui touche à la Tunisie.
ça ne demande pas un équation de second degrés pour dire il faut arrêter tout ce qui touche et dégrade la valeur du Dinar.
Les Tunisiens, dans leur pays, ils ont plus qu'il faut de vivre tranquillement. C'est l'agriculture qui peut prendre la charge, le reste viendra automatiquement. Donner et encourager les jeunes à faire l'agriculture.
Si le tourisme viendra comme perte BALECH.
Consommer le produit local et même si on le paye trois fois plus.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

 
  • Temps fort
  • Sur le vif
  • National
  • Monde
  • Sport
 Lire aussi



GlobalNet - 53, Rue des Minéraux, La Charguia I 2035 Tunis, Tunisie ( Plan d'accès )
Hotline commerciale : 70 132 133 - Hotline technique : 70 132 131 - Hotline réabonnement : 70 132 100
E-mail : globalnet@gnet.tn  - Fax : (216) 70 014 040
© Copyright GlobalNet 2006 : Fournisseur d'accès Internet en Tunisie - ADSL Tunisie . All rights reserved