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Le salon du meuble du Kram est un évènement qui se passe de toutes présentations. Tout le monde sait quand il aura lieu, et tout le monde l’attend impatiemment, même si ces personnes n’ont pas prévu d’y faire des achats. C’est en tout cas l’impression que donne ce salon lors de son 4ème jour d’ouverture, à savoir hier lundi. Les salles sont pleines, les couloirs bouillonnants, et les vendeurs fébriles. Pour ceux qui ne le savent peut-être pas encore, le salon du meuble de cette année aura lieu du 05 février au 14 février 2010 au parc des expositions du Kram.
« Meuble contemporain », une mention qui revient souvent sur les brochures et autres affiches des stands du salon, comme si elle était un gage de qualité et de raffinement. Mais les meubles ne se ressemblent pas tous. Il y en a pour tous les goûts, toutes les bourses et surtout celles qui n’ont pas le souci des fins de mois difficiles. Du design le plus basique aux allures les plus farfelues, les lits, les canapés, les tables, les divans et les chaises s’étalent sur des centaines de mètres carrés, laissant le client embarrassé.
Que choisir ? C’est effectivement la question que se pose le visiteur lorsqu’il rentre dans l’enceinte du parc des expositions et… qui le taraude encore avec persistance en quittant les lieux. Parce qu’il n’est pas évident au milieu de toutes ces enseignes, ces lumières et ces couleurs de choisir l’objet de ses désirs.
Parfois, le client vient avec une idée bien claire en tête, et deux heures plus tard il en ressort avec une autre, complètement différente de celle du début. C’est pourquoi, plusieurs visiteurs retournent à la foire une seconde fois avant de faire leur choix. C’est le cas d’une jeune femme accompagnée par sa maman qui dit être déjà venue samedi dernier avec son fiancé « Nous avons choisi 3 modèles de chambre à coucher et là je reviens avec ma mère pour avoir son avis », dit-elle.
Le visiteur-type du salon du meuble est un trentenaire, de sexe masculin ou féminin, généralement fiancé, et venant choisir les meubles de son futur nid conjugal. Dans la plupart des cas, ce sont des couples qui arpentent les couloirs et qui toisent la marchandise. Dire que le salon est très ressemblant à celui de l’année précédente, serait ne pas lui donner ce qui lui revient. Il conviendrait de dire que les marques de meubles ne sont pas une rareté en Tunisie. Il semblerait même que c’est un secteur florissant, en constante évolution. Cette année du moins, le salon a su se démarquer des années précédentes. On y sent la créativité. L’année précédente et celle d’avant, les fidèles visiteurs de cet antre du mobilier, se souviennent sûrement d’une marque de mobilier à consonance italienne et dont le siège est aux environs de Kairouan. Cette entreprise avait pour habitude de ne vendre que les chambres à coucher haut de gamme, d’un raffinement sans égal. Sans doute celles les plus belles de tout le salon du meuble. Du design de grands maîtres, comme seuls les italiens savent en faire, de la literie de luxe, de la décoration de palaces, en somme un coin où l’on s’adonne au rêve…cette année, son stand s’est agrandi et pas qu’un peu. L’enseigne a ajouté à son catalogue des chambres d’enfants, des salons, et un plus grand nombre de chambres pour adultes. Un lit, une coiffeuse, et une armoire sont au prix de 7500 dinars. Si l’on y ajoute un fauteuil, une dormeuse et le couvre lit avec ses oreillers, la facture avoisine les 13 000 dinars. Ceci est pour le plaisir des yeux, mais, il y a fort heureusement de quoi pouvoir meubler sa maison sans se ruiner. Chez un autre exposant, une table de salle à manger en hêtre avec 6 chaises est à 1600 dinars. Il est indiqué que c’est un prix spécial foire. Une chambre à coucher, également en hêtre et au design moderne et de couleur marron, est à 3500 dinars. Pour une salle à manger entière, avec buffet, argentière et une table à 6 chaises, il faut compter 3350 dinars.
Un peu plus loin, un autre stand de meubles. Mais d’une autre qualité. Il s’agit d’une enseigne sise à l’Ariana. Elle propose une formule qui pourrait intéresser les couples qui se marient bientôt et dont les moyens sont limités. Elle offre un « pack mariage » qui inclut une salle à manger avec buffet, argentière et table à 4 chaises, un salon avec table basse et meuble de télévision et une chambre à coucher avec armoire et coiffeuse, le tout, de couleur noire et en MDF, au prix de 4890 dinars. Si l’on compte chaque ensemble à part, il faut compter 5520 dinars. Un salon en MDF est au prix de 980 dinars chez une autre enseigne. Il serait à 1300 dinars en dehors de la foire. Le client a la liberté de choisir les mesures de son salon et le tissu qui lui convient. Même si l’effort de design est perceptible, les finitions laissent dans plusieurs cas à désirer. Des coutures et des coupes approximatives, et des mousses bon marché peuvent leurrer l’acheteur.
Du chic il y en a aussi, mais il faut compter environ 2000 dinars pour une table de salle à manger avec ses 6 chaises. En ajoutant argentière et buffet, la facture s’élève à 3800 dinars au comptant. Parce que sinon, il faut compter environ 500 dinars de plus quand il s’agit de payer sur plusieurs mois. La chambre à coucher est à 4000 dinars. Les prix des salons varient entre 2500 et 5800 dinars pour un cinq places sans table basse. Celle-ci peut couter autre 360 dinars et 700 dinars.
Certaines familles arpentaient les halls, accompagnées par leurs enfants, à la recherche d’une chambre pour enfants. Un meuble pour chambre d’enfant composé de deux lits superposés et d’une armoire, est à 1570 dinars au lieu de 1850 dinars. Une autre chambre à coucher pour petite fille, avec lit, armoire et bureau le tout encastré, est à 2800 dinars. Les vendeurs prétendent ça et là, que les prix de la foire sont préférentiels. « Nous avons une réduction de 25% sur nos meubles, par rapport aux prix de notre magasin », répète un vendeur systématiquement à tous les visiteurs qui s’arrêtaient à son stand. Rien n’est moins sûr, parce que les personnes qu’on entend souvent dire que pendant les foires, les prix sont inchangés et parfois même, ils sont plus élevés qu’en temps normal. Il faudrait peut-être aller faire un tour avant la foire, pour connaitre le fin mot de l’histoire.
Chiraz Kefi
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