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Jeudi 24 Mai 2012         

Tunisie/Partis politiques : Comment faire jeu égal avec Ennahdha ?

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Publié le Mardi 20 Décembre 2011 à 17:50
On ne transige pas avec la discipline au sein d'Ennahdha. Une naissance au forceps. Personne n’aurait imaginé que la formation du gouvernement allait prendre autant de temps, notamment au regard de cette conjoncture de crise, qui ne souffre pas d’une période creuse aussi longue avoisinant les deux mois. Ce retard est à mettre sur le compte de l’inexpérience politique des nouveaux dirigeants de la Tunisie. L’opposition est une chose, et le pouvoir en est une autre, le passage entre les deux ne semble pas aussi simple qu’on puisse le penser.

L’autre facteur qui aurait pesé sur le processus de formation du gouvernement postrévolutionnaire réside dans sa nature de gouvernement de coalition. On a beau annoncé la création de commissions ad hoc pour conduire les tractations, et en accélérer les résultats, les choses ont avancé à pas de tortue, et les différends n'ont pu être évités, ils étaient même difficiles à aplanir.  Ce cycle de pourparlers était d’autant plus compliqué que les compromis convenus dans un cadre tripartite, se heurtaient aux réserves, voire au refus net des directions de ces mêmes partis de coalition qui se trouvaient alors en porte-à-faux avec les négociateurs de leur camp. Un cafouillis qui illustre que le monde politique est encore étranger à ses propres acteurs, ceux qui sont censés en maîtriser les règles, et les modes de fonctionnement. Cette période aurait donc servi d’une espèce de noviciat à ceux qui ont choisi d’entrer en politique rapidement par la grande porte. Mais, les choses ne sont pas si simples. Lorsqu’on veut faire de la politique, il faut raisonner à long terme et bâtir pour l’avenir, sinon nos ambitions risquent de ne pas dépasser le cadre d’un Contrat à durée déterminée (CDD).

Les partis politiques présents actuellement sur la scène, présentent-ils, en fait,  les conditions de pérennité, ou plutôt des risques de dislocation ? Certes, un parti politique est censé être une entité vivante, un laboratoire d’idées, ou les perceptions et les visions peuvent tantôt converger, tantôt diverger. Un parti politique digne de ce nom doit, néanmoins, se plier à une discipline, dont il ne serait pas bon de se défaire, même dans les périodes de haute tension. L’unité d’un parti politique est un gage de confiance pour ses électeurs, c’est ce qui l’habilite à se maintenir au pouvoir, s’il y est déjà, et à y accéder, s’il est dans l’opposition.

Depuis le 14 janvier, les partis politiques ont fait un travail considérable pour renforcer leurs structures, élargir leur base militante et leur assise populaire, préalables à leur transformation en partis capables de participer à des échéances électorales, dans la perspective de gouverner.  

Cette transformation ne s’est pas fait sans pots cassés. Pendant la campagne électorale, le PDP du tandem Nejib Chebbi/Maya Jribi a vécu des crises. Son ouverture à travers la polarisation de nouveaux adhérents lui a valu des départs au rang de ses anciens adhérents, chose qui a nui à son image, et qui pourrait expliquer, en partie, que son score électoral soit en deçà de la place qui lui échoit en tant qu’un parti militant qui s’est longuement opposé à la dictature.

Tout récemment, c’est au tour du Congrès pour la République (CPR) de connaître une grave crise, avec deux clans qui se disputent le secrétariat général, sur fond d’un profond désaccord sur l’attribution des portefeuilles ministériels. Les anciens amis d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui. Sitôt quitté par son chef, sorti de ce cadre partisan en conformité avec son nouveau statut de Président de tous les Tunisiens, al-Moôtamar s’enlise dans les dissensions. A l’heure qu’il est, l’avenir du parti semble suspendu à la tenue de son congrès prévu pour le 8 janvier prochain.

Ettakatol n’est pas en reste ; sa participation à la coalition aux côtés d’Ennahdha, a été mal perçue par une partie de ses adhérents, qui y ont vu une renonciation à sa ligne politique et idéologique. Là aussi des démissions sont annoncées par médias interposés, fragilisant le parti du Président de l’assemblée nationale constituante.

On peut multiplier les exemples de soubresauts qui agitent les partis politiques  les plus en vue en Tunisie, excepté un seul qui reste divinement soudé : il s’appelle Ennahdha. Jusque-là, on n’a pas entendu un quelconque conflit au sein du mouvement islamiste porté sur la place publique ; on n’a pas entendu un dirigeant ou un militant nahdhaouis annoncer sa démission, ou s’attaquer publiquement à un autre nahdhaouis. Pourtant, ceux qui connaissent le mouvement  de l’intérieur, disent que les débats sont souvent vifs et contradictoires au sein de ses structures, notamment son comité constitutif et son bureau exécutif. Où réside donc la force du parti du chef du gouvernement ? Manifestement, dans son  organisation, sa discipline et sa forte capacité de mobilisation, chose que les autres formations ont encore un long chemin à parcourir pour acquérir. Si elles aspirent faire jeu égal avec Ennahdha en perspective des prochaines échéances électorales, elles savent ce qui leur reste à faire : transcender leurs désaccords, et cultiver le désintéressement, en faisant primer l’intérêt du parti, et la clarté de sa ligne par rapport aux égos et aux intérêts personnels étriqués. Il y va de la réussite de la démocratie en Tunisie.
H.J.


 

Commentaires 

 
-7 #9 RE: Tunisie/Partis politiques : Comment faire jeu égal avec Ennahdha ?
Ecrit par hammadi     21-12-2011 17:59
sinon le projet de macdonald's de la famille ghannouchi avance ou bien ils attendent encore la certification halal ?
 
 
+5 #8 ALLAH EST GRAND
Ecrit par RosejazBT     21-12-2011 17:50
Je partage l'avis de si Hammadi qui évoque Dieu le tout puissant dans la réussite de ce parti politique musulman. L'union d'Ennahdha, sa solidarité, son organisation, sa discipline et sa grande capacité de gérer, fait de ce parti une puissance. وإعطسموا بحبل الله و لا تفرّقوا
On a beau critiqué Ennahda dans tous les sens du mot, de fond en comble, de guauche comme de droite, et ce n'est pas des critiques anodines, et malgré tout cela, ce parti est bien portant, debout, prêt à diriger (il suffit de les laissez faire). A mon avis, tout ceci émane d'une aide divine et suis profondément certaine que c'est DIEU qui les guide et les oriente dans le bon chemin.
Quant à Mr.Kammous, je dis, c'est vrai ont ne peut pas nier les réalisations de bourguiba et bien sur qu'il faut dire ALLAH YARHMOU, mais n'oublions pas ce qu'il a fait pour combattre les islamistes, pour les anéantir, pour les éffacer, pour les éliminer afin de les faire oublier par le peuple.
Ennahda a l'art et la manière de s'attirer des sympathisans "SAHA LIHA", je lui souhaite bonne chance, et je dis aux autres partis de s'en inspirer.
 
 
-5 #7 une philosophie bien anterieure
Ecrit par khammous     21-12-2011 15:39
A Tunisienne .
Il est vrai qu un grand lavage de cerveau se fait en ce moment par certains pseudo revolutionnaires dont en premier lieu NAHDHA pour se retourner contre l oeuvre de Bourguiba Et c est bien NAHDHA qui se definit par le contraire de Bourguiba sous pretexte qu il etait 3ADOUA ALLAH. Je comprends que ceux qui ont eu des problemes politiques avec le pere de la Nation soient durs avec lui mais que cela se traduise par le refus de dire ALLHYRHAMOU ca ce n est pas du tout musulman. Si l article 1 qui est
l oeuvre de Bourguiba en collaboration etroite avec les oulemas de l epoque Tahar et Fadhel ben achour etc..n avait pas existe je ne suis pas sur du tout que les neo musulmans l auraient concu de nos jours .Meme les lois tunisiennes concues par Bourguiba prennent leur sourtce de la chariaa . Renier les oeuvres religieuses des Ben achour de Tahar Haddad des imams Mazeri Sahnoun et de l imam Malek ainsi que l oeuvre des reformistes et des patriotes voila qui est contraire l identite tunisiennea notre independance . LEs nahdhaouis ont beaucoup de autocritique a faire pour reprendre la sympathie de leurs concitoyens tunisiens dont 80 pc n ont pas voulu voter pour eux . LES BONS POLITICIENS NE SE VOILENT PAS LA VERITE.
 
 
0 #6 معارضة لم تتعلم الدرس
Ecrit par tounsi66     21-12-2011 13:50
النهضة ستتراجع شعبيتها لو تواجدت معارضة جادة ومتصالحة مع الهوية التونسية (عروبة وإسلام) أما الآن فالنهضة بصدد ربح مساحات جديدة على حساب معارضة لم تتعلم الدرس بعد ومازالت سجينة لقوالب قديمة ( تعارض الحداثة مع الهوية )
 
 
0 #5 RE: Tunisie/Partis politiques : Comment faire jeu égal avec Ennahdha ?
Ecrit par pff     21-12-2011 12:42
من علامات الرئيس الطرطور :

ـ زار و القى كلمة

ـ إستقبل ، تحادث و صرح

و عندم قرر ظحك عليه الجميع
 
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