A deux mois des municipales, l’Union démocratique unioniste (UDU) fait encore parler d’elle. Après la polémique suscitée par la demande du parti d’excuses de la France pour son passé colonial, l’UDU est traversée par des dissensions internes dont son SG tend à minimiser la portée en l’imputant à une poignée de personnes malintentionnées.
Dans un entretien à l’édition arabe de la revue l’Observateur (dont le service de presse de l’UDU nous a fait parvenir le texte) Ahmed Inoubli, SG de ce parti qui se proclame du nationalisme arabe, se prononce sur les derniers soubresauts ayant secoué son mouvement, en en minorant l’ampleur. Il estime que "certains individus au sein du parti ont oublié que tout parti politique est une organisation régie par un règlement interne et des institutions qui jouent leur rôle, conformément à la loi. La situation interne du parti est bonne et n’inspire pas de dangers qui en menacent l’unité, ce qui s’est passé est un simple épisode passager et les jours à venir le prouveront malgré ce qui se dit ça et là. Ceux qui ont tenté de déstabiliser le parti, ne sont pas parvenus à leurs fins, nonobstant leurs multiples tentatives".
Dire que le parti est scindé en différents courants politiques, notamment en deux clans prête à l’ironie, souligne-t-il en substance, car l’Union démocratique unioniste obéit à un seul soubassement intellectuel, et toutes ces tentatives ne cherchent qu’à montrer l’hégémonie d’un courant au détriment de l’autre au sein du parti. "A l’issue des élections législatives, certains ont évoqué des règlements de compte au sein du parti, dans le but de créer un état de contrariété parmi ceux qui n’ont pas eu la chance d’être élus au Parlement. Ces filtrations diaboliques et tendancieuses se sont accentuées avant la tenue du dernier conseil national en vue d’aboutir à une position dudit conseil qui serait aux antipodes à celle du bureau politique, s’agissant du scrutin législatif du 25 octobre dernier, et d’entraîner, par ricochet, le parti dans l’affrontement et le sortir de la posture de dialogue et de consensus avec le pouvoir". Le deuxième but, relève-t-il, "était de montrer que le SG n’est pas maître de la situation au sein du parti. Mais le conseil national n’était pas dupe de ces tentatives, et a réussi à les déjouer en exprimant clairement sa position envers les élections législatives".
Au sujet des "scissionnistes", Ahmed Ghandour et Mustapha Louiz, le SG de l’UDU a estimé que le premier n’a plus, à ce jour, de liens avec les structures du parti, ayant lui-même annoncé sa démission devant le conseil national, après qu’il ait été interpellé par ledit conseil sur les informations qu’il a propagées au sujet des listes qui n’ont pas réussi à se faire élire au Parlement.
"Quant au dossier de Mustapha Louïz, il a été transféré à la commission de discipline par le bureau politique et non par le S.G. Ladite commission a gelé ses responsabilités au sein du parti. Cette commission est indépendante, ni le SG, ni le bureau politique et encore moins la fédération de Bizerte ne sont en mesure de s’opposer, d’amender ou d’annuler ses décisions. A noter que cette commission ne s’est réunie qu’en deux occasions seulement, au cours des quatre dernières années, ce qui prouve que l’UDU n’est pas le parti de l’exclusion comme le soutiennent ses détracteurs".
Mais comment les anciens amis du SG se sont-ils transformés en ses contempteurs sinon ses ennemis ? A cette question, l’ancien candidat aux présidentielles du 25 octobre dernier répond : "je ne sais pas qui sont ces amis qui se sont transformés en adversaires. Mais, il faut préciser que l’amitié est une chose, et l’action partisane en est une autre. L’amitié obéit aux sentiments et à des valeurs qui s’opposent parfois aux valeurs de l’action partisane. Et puis n’oublions pas que j’occupe le secrétariat général, c’est un poste qui constitue une aspiration pour de nombreuses personnes au sein du parti et il est du droit de chacun d’avoir cette ambition sur la base de la légitimité, la transparence, l’honnêteté, la crédibilité. Ce qui m’agace c’est le fait de recourir à des moyens détournés pour atteindre cet objectif, dans une tentative de troubler le SG et de créer un état de crise, selon lequel celui-ci serait un secrétaire général de rechange, et l’autre un brave sauveur etc.
Pour Ahmed Inoubli, "la maison UDU n’est pas fissurée mais elle est aux prises avec une tentative malheureuse de déstabilisation. Ceux qui ont fait circuler des rumeurs, dramatisé les événements et fait couler beaucoup d’encre sur la crise imaginaire du parti savent bien qui profitent de cette situation. La maison de l’UDU est en bon état, ceux qui œuvrent à créer une vacance et qui cherchent à déstabiliser les partis politiques pour montrer qu’il n’y a pas de partis politiques en Tunisie, qui veulent mettre en doute l’expérience démocratique et le pluralisme dans notre pays sont les premiers qui profitent de la déstabilisation de l’UDU et d’autres partis en Tunisie". Et de rétorquer à ses détracteurs "l’UDU avance selon ses constantes et ses positions nationales unionistes, et l’expérience pluraliste en Tunisie est sur la bonne voie".
Et quel impact de ces dissensions sur la préparation du parti aux prochaines municipales ? "La démission d’un membre du bureau politique du parti, le gel des activités du SG de la fédération de Bizerte, et la réunion de six membres de ladite fédération pour s’opposer à la décision de la commission de discipline ne constituent pas une situation catastrophique, et encore moins une crise. La prochaine échéance électorale mettra à nu tous les calculs et conspirations. Toutes les fédérations du parti sont en train de travailler pour réussir les prochaines municipales", conclut-il.
Gnet
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Commentaires
Ecrit par el manchou 09-03-2010 00:16
Ecrit par Mahdi 06-03-2010 17:02
A 2 mois des municipales !!!! wow le suspense !!! les tunisiens qui vont voter sont déjà déstabilisés et déroutés par cette bombe politico-médiatique
Ps: dans mon entourage je ne connais personne qui va voter ou qui parle meme de ses élections mais il faut attendre le taux de participation pour parler
Ecrit par Terre Fraichiche 05-03-2010 17:54
L'UDU à fait trembler la France, attention Messieurs des autres parties tunisiens.
Nationaliste Arabe ? et oui nous aussi on devrait demander aux arables de s'excuser de son passé et présent colonial et surtout de repartir vers de nouveaux horizons, pourquoi pas la lune.
Ecrit par Dédé 05-03-2010 16:05
Ils sont à peine une poignée rassemblée autour de miettes jetées par leurs bienfaiteurs pour le rôle de comparse qu'ils jouent et ils trouvent le moyen de s'entre déchirer pour un os.
Comment osent-ils se regarder dans une glace ?
Le même discours vaut pour les autres comparses aussi qui faussent les règles du jeu démocratique en se réclamant de l'opposition et en occupant des sièges qu'ils ne sauront honorer.
سياسيا أكبر مهزلة عندنا في تونس تتمثل في ما يسمى بالمعارضة الرسمية أو المعترف بها
Le Rcdiste le moins méritant (le plus raté) les vaut tous réunis. Lui, au moins, n'ose pas prétendre à une représentativité quelconque et nous épargne sa nullité.
Ecrit par A oublier 05-03-2010 15:28