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Jeudi 23 Mars 2017         

Tunisie/Justice transitionnelle : Les victimes veulent stopper la marginalisation

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Publié le Mardi 15 Novembre 2016 à 12:42
Quatre études ont été faites depuis 2014 dans plusieurs régions du territoire tunisien. Basées sur des critères scientifiques. Le principal constat : les victimes se sentent marginalisées. La justice transitionnelle va dans le bon sens, mais il y a encore plusieurs années de travail à faire.

 Le projet a démarré depuis novembre 2014. Il s’agit d’une étude basée sur des critères scientifiques pour suivre de près l’évolution de la justice transitionnelle en Tunisie. En collaboration avec Impunity Watch et "The University of York", le centre Al Kawakibi de la Justice Transitionnelle dit être fier de l’évolution du travail, selon Amine Ghali, qui souligne « Deux ans, ce n’est rien du tout. En Tunisie, nous en avons encore pour au moins une bonne quinzaine d’années. Par exemple, les organisations spécialisées dans la justice transitionnelle exercent encore aujourd’hui en Afrique du Sud et même au Maroc ».

« Nous avons réalisé deux études en 2015 et 2016. Une autre arrivera bientôt en rapport avec la recherche scientifique et la justice transitionnelle », ajoute Amine Ghali, qui passe la parole à Habib Nassar, responsable chez Impunity Watch : « C’est une semaine historique pour la Tunisie. Nous allons voir des auditions publiques des victimes en direct à la Télévision Nationale et c’est un excellent pas vers l’avant pour le processus de la justice transitionnelle ».

Présent durant la conférence, Simon Robins, de l’University of York a déclaré que cette « expérience tunisienne dans la justice transitionnelle est extrêmement suivie partout dans le monde ». Rappelant le principal objectif de cette étude, il a affirmé : « Nous avons l’honneur d’avoir participé à donner aux victimes le droit de parler et d’affronter les coupables sans avoir peur des représailles. Ce n’était pas facile, mais nous y sommes parvenus et nous espérons continuer ».

Selon Wahid Ferchichi, du centre Al Kawakibi, les premières études resteront « à jamais utiles pour les prochaines générations ». Il poursuit et résume : « Nous avons rencontré environ 500 personnes en deux ans. Nous avons couvert quasiment tout le territoire de la Tunisie et vécu avec les victimes le processus de la justice transitionnelle ». Wahid Ferchichi souligne : « Le principal constat ? Les victimes veulent un accompagnement et une réhabilitation. Elles veulent aussi un canal de communication permanent avec l’IVD pour une meilleure compréhension de leurs besoins ».

Malgré une liste qui comporte environ 65000 victimes, Wahid Ferchichi confie que le nombre est bien plus grand : « Il y a encore plusieurs dossiers dans les archives et il faut un programme clair pour que la justice touche le plus grand nombre possible ».  Il poursuit : « Nous avons remarqué que beaucoup de victimes préfèrent déléguer des personnes de la famille pour faire passer leurs messages. Il y a donc beaucoup de travail à faire pour respecter certaines spécificités, notamment quand il s’agit des femmes et faciliter les procédures avec l’IVD ». Il conclut : « Nous appelons les médias, les composantes de la société civile et les organisations non gouvernementale à revoir leurs discours quand ils parlent des victimes. Plusieurs campagnes de diabolisation ont été menées à l’encontre de ces personnes à tel point qu’elles ne veulent quasiment plus s’exposer ».

Selon Simon Robins, ces études ont débouché sur des constats graves : « La révolution a échoué dans la réalisation du changement. Les gens dans certaines régions se sentent marginalisés et ils accusent le gouvernement de défaillance. Ils ont la conviction que c’est une exclusion voulue et programmée pour des raisons historiques et politiques ».  Que veulent les victimes pour reprendre confiance dans l’Etat ? La réponse de Robins : « Ils veulent que la corruption, la marginalisation et le régionalisme s’arrêtent et appellent à un essor économique. C’est la clé, pour un avenir meilleur ».

S.S

 

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