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Vendredi 24 Mai 2013         

Tunisie/Hamadi Jebali : Une main de fer, dans un gant de velours !

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Publié le Jeudi 31 Mai 2012 à 15:45
Hamadi Jebali Hamadi Jebali a parlé hier aux Tunisiens des questions qui les préoccupent. Son discours était dans l’ensemble convainquant, reste à être plus explicite sur certains points, et à joindre les actes aux paroles sur d’auters.

D’un ton apaisé, le chef du gouvernement a tenté de  rassurer l’opinion publique sur les problèmes majeurs qui le taraudent. Il n’a pas beaucoup usé de l’art de l’esquive, à part sur la question des nominations aux hautes fonctions de l’administration, où il est resté plutôt évasif.  "On tient que l’administration soit impartiale et incolore", dit-il, s’interrogeant s’il était interdit que les nommés soient d’Ennahdha ? Il n’est guère interdit, pour répondre à la question du Premier ministre, mais le risque de confusion entre administration et parti sera difficile à éliminer, le cas échéant. Et puis, changer systématiquement tous les premiers responsables des administrations et entreprises publiques à une période où ces organismes ont le plus besoin d’expérience, pourrait en entraver la bonne marche. Sans compter les nouvelles charges que cela engendre pour le budget de l’Etat, dans la mesure où il faut réaffecter la personne limogée, à moins que l’on veuille perpétuer les pratiques de la mise au placard, voire du frigo.

Sur l’affaire de la banque centrale, il y avait les dits et les non-dits, mais le chef du gouvernement ne dissimulait  son manque de symbiose avec le gouverneur de la banque centrale, laissant la porte ouverte à tous les scénarios, dans le cadre des institutions, a-t-il tenu à préciser. De là à dire que le gouverneur de la banque centrale sera bientôt remercié, il n’y a qu’un pas que certains médias ont d’ores et déjà franchi.

Hamadi Jebali a montré mercredi soir que c’était lui le chef de la troïka. Affichant tantôt mansuétude, tantôt fermeté, il en a appelé au respect des usages et conventions de l’Etat. Sur les attaques lancées par les conseillers du président contre le gouvernement, il souligne : "si c’était mes conseillers, il ne se seraient jamais attaqués au président de la république", histoire de dire qu’il maîtrise ses troupes, que celles-ci sont au fait des règles et des usages de l’Etat, et ne se laissent pas entrainer dans ce type d’amateurisme politique. C’était un reproche adressé au sommet de l’Etat, accompagné d’une mise en garde : "Gare à dépasser les limites".

La baisse des salaires des ministres doit être rendue publique
Le chef du gouvernement a tout autant marqué ses distances envers le président de l’assemblée constituante, et  a imposé son autorité aux constituants : "J’ai dit à Si Mustapha que je ne signerai aucune augmentation". Une manière d’affirmer que la dernière décision lui appartient, et de fermer la parenthèse de cette histoire qui a tant affecté l’opinion publique, notamment les catégories démunies. Il a annoncé au passage qu’il réduira son salaire, que ses ministres se sont engagés à en faire autant, et que l’opération se fera sans tapage. Pourtant, il vaut mieux qu’elle le soit. Une telle décision doit être portée à la connaissance du public, et publiée au journal officiel, notamment en cette période où les privilèges, même s’ils sont justifiés et mérités, ont du mal à passer parmi une population qui a du mal à joindre les deux bouts. La démocratie l’exige, François Hollande, nouveau chef de l’Elysée, a baissé son salaire et celui de ses ministres de 30 % dès le premier conseil de ses ministres tenu a lendemain de son investiture. Il a envoyé d’emblée un signe rassurant aux Français en difficultés, et tenu une promesse de campagne.

Rupture avec les tenants de l'Islam dit "radical"
Là où le chef du gouvernement a été tranchant et clair, c’est dans son discours sur les groupes qui ont recours à la violence au nom de l’Islam. Sans les nommer, il les a mis au pas, et les a défiés d’agir contre l’Etat et de vouloir changer par la force, notre modèle sociétal, connu par sa modération. Venant d’un ancien dirigeant de proue d’Ennahdha, ce discours peut surprendre, d’autant que le Premier ministre s’est montré tellement empathique avec le Tunisien lambda qu’il a puisé dans son vocabulaire : Sommes-nous des mécréants ? s’est-il demandé, incrédule, envers ceux qui prétendent œuvrer à islamiser le pays. Il s’en est, de surcroît, totalement désolidarisé, "Ennahdha ne sera jamais l’allié de ces groupes". Le chef du gouvernement  a signé ainsi la rupture avec les tenants de l'Islam dit "radical", dans une tentative d'écarter les accusations adressées à son mouvement, de vouloir les ménager, étant un réservoir de voix aux prochaines élections. C’est aussi un message envoyé à l’intérieur et à l’extérieur du pays, où les amalgames sont toujours de mise. L’avertissement étant plein de vigueur et de fermeté, quid des actions qui vont s’en suivre ? C’est là où le gouvernement est le plus attendu, en vue de faire régner véritablement la sécurité et la paix civile en Tunisie.

A propos du taux de croissance de 4,8%

"Standard & Poor’s a sanctionné la démocratie", c’est là le constat de Hamadi Jebali qui rappelle que l’agence de notation s’est bien accommodée du régime de Ben Ali, et de son époque despotique. Il  s’est interrogé sur les indicateurs sur la base desquels cette agence a abaissé la note, citant un taux de croissance de 4,8% au cours du 1er trimestre de 2012. Un taux qui parait élevé, au regard de cette conjoncture erratique et difficile que vit la Tunisie. Joint par Gnet, un responsable de l’INS explique que le taux de croissance cité par le Premier ministre est bien celui de l’INS, il concerne le premier trimestre de 2012, en comparaison avec le taux du premier trimestre de 2011, une période où tous les indicateurs ont totalement dégringolé. "Ce taux de 4,8 % reste en deçà de celui réalisé par la Tunisie lors de période d’avant 2011", ajoute-il. Pour être plus proche de la réalité, il conviendrait mieux, selon ce statisticien, de comparer le taux de croissance du 1er trimestre 2012 à celui du dernier trimestre de 2011, le taux obtenu, dans ce cas, est de l'ordre de 1,2%.

Quoiqu’il en soit, le chef du gouvernement a voulu montrer que la situation n’est pas aussi catastrophique que ce que veulent le montrer S&P et l’opposition.  A cette dernière et son appel pour un gouvernement de salut national, il rétorque que ce gouvernement est légitime, et sa chute ne pourra être obtenue que par le scrutin ou une motion de censure. Rendez-vous est donc donné pour le printemps 2013 pour que les uns et les autres se soumettent au verdict des urnes, et là, c’est le peuple qui aura le dernier mot.

H.J.


 

Commentaires 

 
+1 #6 RE: Tunisie/Hamadi Jebali : Une main de fer, dans un gant de velours !
Ecrit par Bourguiba Youssef     06-06-2012 11:56
Monsieur Hammadi,
Suite à l'envahissement des rues de la capitale par les marchands ambulants, tous  les riverains demandent aux responsables une résolution concrète de ce problème.
Cela me semble que c'est votre dernière occupation malgré les retombées de ce problème de tous les points de vue, mais il faut faire quelque chose!!
Veuillez agréer nos salutations les plus respectueuses.
 
 
-1 #5 RE: Tunisie/Hamadi Jebali : Une main de fer, dans un gant de velours !
Ecrit par Montygolikely     01-06-2012 14:10
Non Monsieur JEBALI, s'il vous plait, la bonne méthode, du moins ces temps ci, c'est une main de fer dans un gant d'acier, bon mais faudra pas s'y habituer....
 
 
-5 #4 Une langue de bois,dans une fausse bouche....
Ecrit par al07     01-06-2012 10:02
Bla,bla,bla,bla,bla,bla.........
 
 
-7 #3 HAMMADI JBALI EST UN MENTEUR
Ecrit par khammous     31-05-2012 22:34
Un taux de croissance de 4,8 quatre mois après avoir hérité ( comme il avait déjà dit) du gouv de BCS un taux négatif de -1,8% Ce la fait 6,6% c'est à dire 140 000 emplois nouveaux crées pendant les derniers mois ....Du mensonge politique S'il croit que avec çà il va gagner les élections Il se trompe bougrement A moins de les tarficoter
 
 
-5 #2 Zéro mesure pour la Tunisie
Ecrit par Royaliste     31-05-2012 16:40
sur l'emploi : rien
sur la justice : rien
sur l'extradition de BenAli et Materi et co : rien (il est parti faire la manche au hijaz et il a évité d'indisposés ses maitres wahabis)
le jugement des Abdelwahab abdallah, ben dhia...: rien
la lutte contre la corruption : rien
les blessés de la révolution : rien

les mensonges :

un taux de croissance de 4,8%
il pouvait aussi se comparer a 1er trimestre de l'année 87, quand la Tunisie au bas de sa crise

annonçant son intention de réduire son salaire
ca fait 7 mois qu'on entend ses promesses
et Mr le journalistes, ces avantages ne sont pas justifiés dans un pays ou 25% est concidérée comme pauvre. les ministres scandinves roulent en vélo!
mais les notres pensent que c'est un butin de guerre et ils veulent se remplir les poches avant leurs limogage pour inefficacité.

il promet de baisser son salaire mais il ne parle pas du dédomagemement de 720 Milliards pour récompenser ses électeurs et financer sa prochaine élection

le gouvernement ne restera les bras croisés devant leurs agissements
c'est faux, ce sont vos miliciens et vous les utiliser pour asservir les tunisiens comme vous l'avez fait dans les années 80
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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