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Jeudi 24 Mai 2012         

Emigration clandestine : Entre espoir et désillusion, quelles solutions ?

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Publié le Lundi 05 Décembre 2011 à 09:10
Le Chômage, la marginalisation, la pauvreté et le désespoir sont souvent les raisons qui poussent les jeunes des pays du sud, dans les bras d’une mer déchainée. Cela peut sembler être une métaphore, mais en réalité, c’est le sort de milliers d’hommes chaque année, qui traversent sur des rafiots de fortune la méditerranée dans l’espoir d’échouer sur les rivages d’un monde meilleur. Un monde souvent brossé par leurs prédécesseurs, qui reviennent au bercail arborant des signes ostentatoire de richesse. Une richesse illusoire, ou toute relative. Mais il n'est pas rare que ces embarcations craquent et que ce sont des corps sans vie qui sont repêchés plus tard, de part et d'autre de la méditerranée. 
 
Après les évènements du 14 janvier 2011, la Tunisie, pays pourvoyeur de migrants depuis plusieurs décennies, a vu partir quelque 40 000 émigrants clandestins vers l’Italie. Du jamais vu auparavant, en si peu de temps. «Le durcissement de la loi migratoire en Europe a provoqué la hausse du phénomène de la migration clandestine. Ce phénomène existait depuis les années 1960, mais les pays d’adoption fermaient les yeux, parce qu’ils manquaient de main d’œuvre », selon la thèse de Hassen Boubakri enseignant/chercheur en géographie à l’université de Sousse, qui a parlé de ce phénomène lors d’une table ronde organisée par l’Office National de la famille et de la population, vendredi dernier à Tunis. 

Cette explosion du flux migratoire a commencé dès lors que l’espace Shengen commençait à prendre forme. C’est entre 1985 et 1995 que le nombre de Tunisiens en partance vers l’Italie s’est multiplié, de peur que les frontières ne soient fermées et que l’accès devienne compliqué. Ce qui est devenu plus tard, le cas. A moins d’avoir une situation financière convenable et des attaches professionnelles et personnelles en Tunisie, il est quasiment impossible d’avoir droit à un visa Schengen. 
 
C’est alors que la situation a commencé à être de plus en plus périlleuse. Les candidats à l’émigration clandestine bravaient tous les interdits et toutes les difficultés pour se retrouver de l’autre côté de la méditerranée. Alors que certains partaient clandestinement au bord de conteneurs de marchandises, d’autres empruntaient sur des embarcations insalubres accompagnés par plusieurs dizaines de leurs semblables. Mais il y a également ceux qui moyennant une bonne somme, pouvait obtenir le visa et partir pour une durée indéterminée. 

Un film documentaire, projeté lors de ce débat, relate les expériences de quelques jeunes hommes ayant fait le voyage vers l’inconnu. Anonymement ou à visage découvert, ils ont parlé des conditions dans lesquelles ils ont franchi les frontières et de leurs motivations. « Je suis parti dans un pays voisin où on m’a délivré des papiers avec lesquels j’ai pu partir en Pologne, ensuite j’ai fait plusieurs pays d’Europe. Mais je n’ai profité de rien, j’étais tout le temps sur le qui-vive de peur qu’on ne m’arrête. Je portais une identité qui n’étais pas la mienne », dit l’un d’eux. L’histoire ne dit pas ce qu’il l’a ramené en Tunisie, mais laissait entendre une expulsion. 
 
Un autre jeune du sud de la Tunisie, a aussi sillonné les villes de l’Europe de l’est : « C’était très difficile et dangereux, nous faisons des trajets d’une vingtaine de kilomètres à pieds. Des bandes organisées qui faisaient du trafic d’armes ou de drogues me faisaient faire de basses besognes, et je mettais ma vie en danger, mais je n’avais pas le choix. Je dépendais d’eux pour qu’ils me fassent passer les frontière vers l’Allemagne », dit-il. « Tout ce que je voulais c’est d’avoir un avenir meilleur. Ici dans mon village, les horizons sont bouchés, pas de travail, ni d’avenir. Et moi, je rêve d’avoir un travail décent pour m’acheter une maison et faire ma vie », témoigne un troisième migrant. 

Au départ du pays, le migrant pense souvent à revenir, une fois sa situation régularisée et ses finances améliorées. Mais les conditions de son retour dépendent de plusieurs facteurs exogènes, telle que les pressions familiales,  sa situation financière et les perspectives d’avenir qui s’offrent à lui. 
 
Lors de cette rencontre, Mehdi Mabrouk, auteur du livre « Voiles et sel », paru en 2010, et traitant de la question de l’émigration clandestine en Tunisie, a parlé de son ouvrage et des différents aspects qui caractérisent ce mouvement démographique. Selon lui, il existe trois foyers de l’émigration en Tunisie. Le premier est la région du Cap Bon, le second le grand Sahel et en dernier lieu, le Sud de la Tunisie (à partir du Golfe de Gabès). L’opération migratoire s’organise soit de manière solitaire ( à bord des conteneurs), au moyen de petites filières autonomes ( des jeunes qui cotisent pour s’acheter une barque pour le voyage), de filières moyennes, ou de filières transfrontalières qui sont les plus organisées. L’auteur parle d’une émigration, certes périlleuse et clandestine, « mais c’est souvent le projet d’une communauté. La famille élargie finance ce voyage dans l’espoir de voir son quotidien s’améliorer quand le fils arrive à destination ». 
 
Par ailleurs, un avocat, spécialisé dans l’aide à l’émigration, explique durant le reportage que son rôle est de conseiller ses clients, à part le fait de les aider à obtenir un visa à l’émigration : « Je leur dis souvent que vivre en Amérique du Nord n’est pas une sinécure. Et qu’il faut travailler très dur et très sérieusement. Et qu’ils ne s’imaginent surtout pas qu’ils vont trouver les rues pavées de billets de banque une fois arrivés là bas. Il faut qu’ils soient conscients de cette réalité ». Cette même réalité auxquels se sont heurtés les jeunes tunisiens partis pendant ces derniers mois et qui se sont retrouvés dans la précarité totale, arpentant les rues parisiennes, sans ressources et traqués par les services de sécurité. 
 
Une réalité qui menace de s’endurcir encore plus avec les prémices d’une crise économique difficile. C’est pour quoi il est devenu nécessaire que les pays d’origine, et notamment la Tunisie, réfléchissent à des solutions radicales et pérennes pour stopper le phénomène. « Est-ce que les pays du sud ont une politique migratoire ? Il semble que non, mais plutôt une politique de sécurité frontalière ! », déplore Hassen Boubakri. Il préconise qu’il y ait un développement des compétences nationales qui pourraient mettre en place une vraie politique migratoire propre au pays, qui encourage la diaspora à rentrer au pays, mais surtout à ouvrir des horizons prometteurs aux jeunes d’ici. « Il faut également développer en Tunisie une politique respectueuse des droits de l’Homme et des droits des étrangers, pour que nos émigrants puissent avoir le même traitement dans leurs pays d’accueil. Il faut aussi la mise en place d’une loi d’asile pour protéger les étrangers qui viennent ici et pour que notre diaspora soit, à son tour, protégée », étaye-t-il, en précisant que la Tunisie devrait à son tour devenir plus attractive, pour les candidats à l’émigration venus d’ailleurs. 

Chiraz Kefi
 
 

Commentaires 

 
+2 #5 @Hercool
Ecrit par Ben Whirlpool     06-12-2011 22:42
Cher Hercool, ce n'est pas très gentil ce que vous écrivez là, mon petit chat. Mais vous voulez me virer d'où, au juste ?
 
 
-2 #4 RE: Emigration clandestine : Entre espoir et désillusion, quelles solutions ?
Ecrit par hammadi     06-12-2011 14:20
yal babour ya mon amour
 
 
-4 #3 degage ben whirlpool
Ecrit par Hercool     06-12-2011 12:32
On commence par te virer ben whirlpool
 
 
-1 #2 Une solution
Ecrit par Ben Whirlpool     05-12-2011 23:53
Je propose de créer les conditions dans les pays d'émigration pour que leurs ressortissants n'aient plus besoin de les quitter: la quasi-totalité des humains sont faits pour s'établir sur la terre qui les a vu naître.
Les pays européens n'ont pas davantage de ressources naturelles que les pays d'émigration (ils en auraient plutôt moins): s'ils sont prospère c'est grâce au travail de leurs habitants, et parce qu'ils ont su se débarrasser des dirigeants qui les exploitaient.
Vos pays ont besoin de tous leurs ressortissants pour se construire, les nôtres voient leur stabilité menacée par une déferlante d'immigration sans cesse croissante. La solution passe d'abord par l'arrêt de l'immigration de masse.
 
 
-4 #1 RE: Emigration clandestine : Entre espoir et désillusion, quelles solutions ?
Ecrit par hammadi     05-12-2011 11:34
qu'on laisse partir ceux qui veulent partir, ça nous fera des chômeurs en moins et les poissons auront quoi manger
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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