Tunisie/constituante : La stratégie des alliances fera la différence |
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Publié le Mardi 25 Octobre 2011 à 17:20 |
La Tunisie a réussi dimanche son examen de passage, marquant l’amorce d’un processus de transition démocratique dont on ignore encore les contours. Le 23 octobre restera dans les annales comme étant une journée décisive au cours de laquelle les Tunisiens ont décidé de choisir, massivement, ceux qui les représenteront à l’assemblée constituante, et poseront les fondements de la deuxième République. Passée l’euphorie du jour du scrutin, et au fur et à mesure que les urnes commencent à livrer leurs secrets, la question cruciale qui revient tel un leitmotiv est qui s’alliera avec qui au sein de la constituante.
On sait d’emblée, et c’était attendu, qu’Ennahdha est le gagnant du scrutin, avec une suprématie nette dans la plupart des circonscriptions électorales. Sa victoire alimente les inquiétudes, et suscite des interrogations notamment chez une partie de la gauche quant aux orientations de la nouvelle constitution, et à l’esprit philosophique et idéologique qui va y présider. Le mouvement tente de rassurer et dit par la voix de ses dirigeants que la constitution ne sera pas taillée sur mesure sur ses desiderata, mais sera celle du peuple tunisien dans son ensemble. Ses adversaires demandent, néanmoins, des garanties, et s’attendent à des concessions à même de leur permettre de marquer de leurs empreintes la future constitution.
Dans ce débat qui ne sera pas tranché de sitôt, tout le monde s’interroge sur la nature des futures alliances, un élément clef qui déterminera la teneur de la constitution en devenir. A l’heure qu’il est, les résultats des élections ont donné des indicateurs sur la nouvelle carte politique, sans la définir clairement. Une chose est sûre toutefois, ces mêmes résultats sont voués à redistribuer les cartes et à chambouler les projets de coalition qui se préparaient avant que les Tunisiens ne disent leur mot dans les urnes.
Qu’adviendra-t-il à cet effet de la coalition démocratique qui devait rassembler le parti démocratique progressiste, Afek Tounes, le pôle démocratique moderniste et Ettakatol, et dont l’annonce officielle a été ajournée après la proclamation des résultats du scrutin, à la demande du forum démocratique pour le travail et les libertés de Mustapha Ben Jaâfar. Cette coalition peut-elle encore voir le jour, dans sa composition initiale, alors que celui qui devrait en être le chef de file, en l’occurrence le parti démocratique progressiste (PDP), n’a pas vu son classement supposé de deuxième parti de Tunisie, conforter par les urnes.
Selon toute vraisemblance, la future constituante comptera une alliance des formations dites modernistes, progressistes et laïques, mais son poids reste indéterminé, et dépendra de celui de la majorité élue et des formations qu’elle réussira à rallier. Les deux partis qui vont arbitrer le jeu des alliances sont le Congrès pour la République, CPR de Moncef Marzouki et le FDTL de Mustapha de Ben Jaâfar, qui se sont présentés en solo aux élections et qui se prévalent de scores électoraux gratifiants.
Le premier n’a rien dévoilé jusque-là quand à ses intentions d’alliances postélectorales. Tout en se déclarant ouvert aux coalitions, le CPR se dit intransigeant sur les questions de principe, et annonce qu’il ne s’alliera pas avec un parti qui lui imposera des conditions préalables à sa conception de la constitution, à sa vision économique ou autres.
Ettakatol qui s’est engagé quelques jours avant le scrutin dans la démarche de coalition démocrtaique sera appelé aussi à clarifier sa position et choisir son camp.
Les prochains jours vont donc voir des tractations intenses entre les partis, des alliances finiront par se former au sein de la constituante, mais espérons qu’elles ne seront pas source de bataille fratricide, d’affrontements permanents, voire de blocages. La pluralité tant souhaitée au sein de la constituante doit être exploitée à bon escient, pour doter la Tunisie d’une constitution pérenne alliant authenticité et modernité. Les blocs politiques présents au sein de la constituante sont condamnés à faire prévaloir l’esprit de consensus et de concorde pour franchir sans accrocs ce cap transitoire et entamer la construction du nouvel édifice démocratique qui scellera l’ancrage du vrai régime républicain en Tunisie.
H.J.
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Commentaires
Ecrit par katoussa 27-10-2011 22:20
Ecrit par AHMED 26-10-2011 17:28
Ecrit par riadh 26-10-2011 13:38
mais au gouvernement, Nahdha a gagné, qu ils dirigent seul la tunisie. Dans 1 an, soit je vote pour eux, soient ils auront perdu de leur superbe quand la population se rendra compte que ce n est pas en ayant une barbe qu on devient un modele de gestion économique et financière du pays.
Les partis laïcs doivent laisser nahdha diriger seul ou ils seront aussi responsable des echecs a venir et ne profiteront meme pas des succès !
Nahdha doit assumer son poid politique vu que c est un parti politique non?
qu'ils affrontent leurs electeurs maintenant!!!!
Ecrit par Afekiste 26-10-2011 13:03
Ecrit par roma 26-10-2011 12:49