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Jeudi 24 Mai 2012         

Tunisie/constituante : La stratégie des alliances fera la différence

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Publié le Mardi 25 Octobre 2011 à 17:20
La Tunisie a réussi dimanche son examen de passage, marquant l’amorce d’un processus de transition démocratique dont on ignore encore les contours. Le 23 octobre restera dans les annales comme étant une journée décisive au cours de laquelle les Tunisiens ont décidé de choisir, massivement, ceux qui les représenteront à l’assemblée constituante, et poseront les fondements de la deuxième République. Passée l’euphorie du jour du scrutin, et au fur et à mesure que les urnes commencent à livrer leurs secrets, la question cruciale qui revient tel un leitmotiv  est qui s’alliera avec qui au sein de la constituante.

On sait d’emblée, et c’était attendu, qu’Ennahdha est le gagnant du scrutin, avec une suprématie nette dans la plupart des circonscriptions électorales. Sa victoire alimente les inquiétudes, et suscite des interrogations notamment chez une partie de la gauche quant aux orientations de la nouvelle constitution, et à l’esprit philosophique et idéologique qui va y présider. Le mouvement tente de rassurer et dit par la voix de ses dirigeants que la constitution ne sera pas taillée sur mesure sur ses desiderata, mais sera celle du peuple tunisien dans son ensemble. Ses adversaires demandent, néanmoins, des garanties, et s’attendent à des concessions à même de leur permettre de marquer de leurs empreintes la future constitution.

Dans ce débat qui ne sera pas tranché de sitôt, tout le monde s’interroge sur la nature des futures alliances, un élément clef qui déterminera la teneur de la constitution en devenir. A l’heure qu’il est, les résultats des élections ont donné des indicateurs sur la nouvelle carte politique, sans la définir clairement. Une chose est sûre toutefois, ces mêmes résultats sont voués à redistribuer les cartes et à chambouler les projets de coalition qui se préparaient avant que les Tunisiens ne disent leur mot dans les urnes.

Qu’adviendra-t-il à cet effet de la coalition démocratique qui devait rassembler le parti démocratique progressiste, Afek Tounes, le pôle démocratique moderniste et Ettakatol, et dont l’annonce officielle a été ajournée après la proclamation des résultats du scrutin, à la demande du forum démocratique pour le travail et les libertés de Mustapha Ben Jaâfar. Cette coalition peut-elle encore voir le jour, dans sa composition initiale, alors que celui qui devrait en être le chef de file, en l’occurrence le parti démocratique progressiste (PDP), n’a pas vu son classement supposé de deuxième parti de Tunisie, conforter par les urnes.

Selon toute vraisemblance, la future constituante comptera une alliance des formations dites modernistes, progressistes et laïques, mais son poids reste indéterminé, et dépendra de celui de la majorité élue et des formations qu’elle réussira à rallier. Les deux partis qui vont arbitrer le jeu des alliances sont le Congrès pour la République, CPR de Moncef Marzouki et le FDTL de Mustapha de Ben Jaâfar, qui se sont présentés en solo aux élections et qui se prévalent de scores électoraux gratifiants.

Le premier n’a rien dévoilé jusque-là quand à ses intentions d’alliances postélectorales. Tout en se déclarant ouvert aux coalitions, le CPR se dit intransigeant sur les questions de principe, et annonce qu’il ne s’alliera pas avec un parti qui lui imposera des conditions préalables à sa conception de la constitution, à sa vision économique ou autres.  

Ettakatol qui s’est engagé quelques jours avant le scrutin dans la démarche de coalition démocrtaique sera appelé aussi à clarifier sa position et choisir son camp.

Les prochains jours vont donc voir des tractations intenses entre les partis, des alliances finiront par se former au sein de la constituante, mais espérons qu’elles ne seront pas source de bataille fratricide, d’affrontements permanents, voire de blocages. La pluralité tant souhaitée au sein de la constituante doit être exploitée à bon escient, pour doter la Tunisie d’une constitution pérenne alliant authenticité et modernité. Les blocs politiques présents au sein de la constituante sont condamnés à faire prévaloir l’esprit de consensus et de concorde pour franchir sans accrocs ce cap transitoire et entamer la construction du nouvel édifice démocratique qui scellera l’ancrage du vrai régime républicain en Tunisie.
H.J.


 

Commentaires 

 
+1 #13 RE: Tunisie/constituante : La stratégie des alliances fera la différence
Ecrit par katoussa     27-10-2011 22:20
Je vois déjà des difficultés dans une éventuelle alliance entre les différents grands partis. Pourquoi nous faut-il deux à trois ans pour proposer une nouvelle constitution? La têche principale de l'Assemblée Constituante est la rédaction d'une Constitution qui établira les règles, sans lesquelles aucune réforme massive peut avoir lieu. L'Assemblée Constituante n'est pas mandatée à réformer nos institutions, car sans la constitution il n'y a aucun cadre pour situer ces réformes. Présentez-nous une constitution, laissez-nous voter pour un nouveau gouvernement qui s'en occupera!
 
 
-4 #12 Version de l'Histoire
Ecrit par AHMED     26-10-2011 17:28
Si dieux a voulu que Ennahdha soit élu c'est pour garantir une constitution avec une teinte islamique et équilibré qui servira de modèle pour le reste des pays arabes pour la renaissance de l'empire musulmans, les Libéraux et les modernistes ne doivent pas croire qu'ils sont l'avenir de l'humanité. Dieu seul choisit le moment et le lieu pour faire la renaissance, alors ennahdha et ghannouchi sont pour rien dans cette 1ère election libre ( une main de dieux est visible) car une majorité des voix dans tout le pays ce n'est pas normal et soyez sur que certains sont contre ennahdha et ils ont voté pour eux, et le jour ou la mission divine sera fini ils dégageront.
 
 
+2 #11 Nahdha assume
Ecrit par riadh     26-10-2011 13:38
Des alliance dans la constituante, oui!
mais au gouvernement, Nahdha a gagné, qu ils dirigent seul la tunisie. Dans 1 an, soit je vote pour eux, soient ils auront perdu de leur superbe quand la population se rendra compte que ce n est pas en ayant une barbe qu on devient un modele de gestion économique et financière du pays.

Les partis laïcs doivent laisser nahdha diriger seul ou ils seront aussi responsable des echecs a venir et ne profiteront meme pas des succès !

Nahdha doit assumer son poid politique vu que c est un parti politique non?

qu'ils affrontent leurs electeurs maintenant!!!!
 
 
-2 #10 respect
Ecrit par Afekiste     26-10-2011 13:03
Il faut respecter le choix du peuple et applaudir sa volonté même si nous ne sommes pas du bord de la majorité. Un peuple responsable se doit aussi d'assumer ses choix. Nous avons voulu la démocratie, il ne s'agit pas de la laisser tomber en si bon chemin. Par contre, Ennahdha doit honorer le choix de sa base, qui constitue environ la moitié du peuple (avec 40%, ils n'en sont pas loin). Elle doit donc assumer le pouvoir qui lui a été remis par le Peuple. Si le peuple a préféré le choix de la démagogie et de la Boulitique Bouliticienne, il se doit d'assumer ses choix d'autant plus qu'il n'a de cesse d'insulter les prétendus technocrates qui peuvent assurer le bon fonctionnement d'une administration. Ce n'est pas grave, il fera l'expérience d'une politique tenue par des démagogues avant de devenir plus raisonnable lorsque son ventre commencera à se vider. On en a quand m^me vécu quelques unes, de périodes démagogique, dixit Ben Salah et Mzali que les gens préféraient au technocrate Nouira (souvenez-vous du khoz ou mé wi Nouira lé) qui pourtant, avait installé les bases de l'économie tunisienne. Bref! les choix motivés par la haine ne desservent pas le haineux. Ils l'enfoncent davantage. Allah Yostor! Et bonne chance (sans aucune arrière pensée) pour Ennahdha. Ils vaut mieux espérer!
 
 
-1 #9 ennahdha NON
Ecrit par roma     26-10-2011 12:49
acheter les voix des gens est une solution à court terme pour Ennnahdha, des gens dont le seul but est la vengeance. Nous avons actuellement besoin d'un mosaique de partis qu'on peut compacter après. Marzouki s'est rallié à ennahdha. Ettakatol ne doit pas le faire. le PDP est le grand gagnant même s'il a perdu. Au moins, il était claire dans ses idées.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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