Fidèle à leur organisation collégiale, plusieurs dirigeants d’Afek Tounes ont défilé ce lundi devant les médias pour présenter leur vision de la deuxième période transitoire qui démarre demain, avec l’ouverture des travaux de l’assemblée nationale constituante. C’était une conférence de presse programme, où les figures de proue d’Afek ont esquivé au départ les derniers remous ayant secoué leur parti, avec la démission de 17 membres du comité central, dont Mustapha Mezghani, SG et Emna Mnif, porte-parole. A ce sujet, Mohamed Louzir, président du parti, met l’accent sur le fonctionnement démocratique d’Afek Tounes, regrettant les démissions de ses ex-coéquipiers : "certains peuvent parfois ne pas accepter d’être en désaccord avec l’opinion de la majorité, et préfèrent partir. C’est dommage que des gens qui ont donné de leur temps et de leur énergie pour la formation du parti démissionnent", souligne-t-il, reprochant avec diplomatie aux démissionnaires l’étalage qu'ils ont fait dans les médias.
Mais, cet épisode semble oublié, ou plutôt mis entre parenthèses et Afek Tounes veut continuer son petit bonhomme de chemin, en regardant le cap qu’il s’est fixé au départ. Dans sa lecture des résultats des élections, Yassine Brahmi se réjouit de la réussite des élections du 23 octobre. "Même s’il y avait des dépassements, ça ne changeait en rien les résultats du scrutin, l’assemblée constituante élue représente le peuple tunisien", souligne-t-il en substance. Tout ne semble pas toutefois rose pour le directeur exécutif d’Afek Tounes. "Nous avons une crainte pour la réussite de la démocratie dans notre pays. Cette peur réside dans l’écart important dans les résultats du scrutin entre le mouvement Ennahdha et les autres partis. Il y a un parti populaire qui est parvenu dans une période courte à réaliser une large réussite", indique-t-il, en prévenant : "la démocratie est en danger, car, celle-ci ne peut se concrétiser sans une possibilité d’alternance au pouvoir. La démocratie veut dire que le parti aujourd’hui au pouvoir, peut-être demain dans l’opposition, et inversement. C'est-à-dire que l’opposition a l’espoir d’accéder un jour au pouvoir", fait valoir Yassine Brahim, estimant que le pari est de former des forces politiques ayant suffisamment de poids pour qu’elles puissent concurrencer le premier parti. "Pour ce faire, dès les premières semaines, nous avons œuvré à avoir des positions communes avec les partis appartenant à la même famille politique sur notre rôle dans la période à venir, notre participation au gouvernement, mais hélas, il n’y avait pas de présence positive, des partis ont travaillé seuls, sans avoir une vision envers la période à venir", regrette-t-il, déclinant la position de son parti du futur gouvernement : "nous étions favorables soit à un gouvernement d’unité nationale, dirigé par une personnalité indépendante où tous les partis sont représentés, soit à un gouvernement indépendant. Le mouvement Ennahdha a souhaité diriger le gouvernement, nous n’avons pas jugé bon d’y participer ; nous œuvrerons à former un parti capable avec d’autres partis et personnalités indépendantes de consacrer la démocratie et l’alternance politique".
"Nous participerons à l'action du gouvernement à partir de l'opposition"
Sami Zaoui, membre du comité central, affirme lui qu’Afek Tounes exercera une opposition constructive. "Le parti aura un rôle en matière de discussion de la feuille de route du gouvernement qui sera soumise à l’assemblée constituante. Il aura voix au chapitre en matière des priorités socio-économiques de la prochaine période", fait-il savoir, déniant au prochain gouvernement le droit de procéder à un changement total dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement ou de la santé, car il s’agit d’un gouvernement de transition". "Les élections qui ont eu lieu ne sont pas des législatives, mais celles d’une assemblée constituante. Le gouvernement doit expédier les affaires courantes, et non avoir un programme sur cinq ans".
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Selon Sami Zaoui, Afek Tounes participera à l’action gouvernementale de sa posture d’opposition constructive. "Nous avons des idées de grands projets pouvant générer des milliers de postes d’emplois, nous serons également impliqués dans l’examen du budget de l’Etat au sein de la constituante, en tenant à la préservation des grands équilibres du pays".
"Nous défendrons l'idée d’un référendum populaire sur la constituante"
Afek Tounes qui se définit comme un parti politique, rationnel, va recentrer le débat sur les problèmes réels du pays, dit Faouzi Abdrahman en déclinant la perception du parti envers les priorités du gouvernement au cours de cette deuxième période transitoire.
Le premier point qui sera évoqué par Afek Tounes au sein de la constituante est la détermination de cette période transitoire à une année. "Même si nous ne sommes pas signataires du document du processus transitoire, nous sommes pour que cette durée ne dépasse pas une année". Afek Tounes oppose une fin de non-recevoir à tous les appels qui préconisent une prorogation de cette période, "si c’était le cas, les partis signataires du document précité auraient failli à leurs engagements", relève-t-il en substance. Il s’agit de limiter cette deuxième période transitoire, pour pouvoir passer à une période pérenne avec des pouvoirs exécutif et législatif élus, et pouvoir ainsi rétablir la confiance", dit-il.
La deuxième priorité pour Afek Tounes porte sur la justice transitionnelle. Le parti propose, à ce sujet, de charger une commission de ce dossier au sein de l’assemblée constituante. "Nous aurions voulu qu’une lecture soit donnée aux noms des martyrs lors de la séance inaugurale de l’assemblée nationale constituante", indique Faouzi Abdrahman.
Afek Tounes défendra au sein de la constituante l’idée d’un référendum populaire sur la constituante, et appellera à la généralisation des périmètres communaux, conclut-il.
Afek Tounes a refusé l'offre d'Ennahdha
A la question de savoir si Afek Tounes a été approché par la troïka qui planche sur la formation du prochain gouvernement, Yassine Brahim rétorque que son parti s’est entretenu, à plusieurs reprises, avec Ettakatol ainsi qu’avec le PDP ; Ettajdid et d’autres partis en vue de définir ses positions envers la période à venir. Le directeur exécutif du parti s’est montré un tantinet déçu de la position d’Ettakatol qui a changé de position, sans même tenir compte des discussions survenues avant les élections (ndlr : il était question d’une coalition entre le PDP, le PDM ; Ettakatol et Afek Tounes au sein de la constituante).
Afek Tounes a été également approché par Ennahdha, dans ses consultations pour former un gouvernement de coalition le plus large possible et nous leur avons fait part de notre position, selon laquelle nous voulons focaliser sur la rédaction de la constitution et sur la préparation de l’alternance, fait savoir Yassine Brahim, en faisant remarquer : "si des élections venaient à avoir lieu avant l’été prochain, Ennahdha vaincra une autre fois pour cinq ans".
S’agissant de la position d’Afek Toune envers la répartition des trois postes clefs de l'Etat, Yassine Brahim estime qu’il faut éviter l’emploi de l'expression "trois présidences", estimant que "le mouvement Ennahdha veut nous habituer à cela car il prône un régime parlementaire auquel nous nous opposons". Et de renchérir : "Nous sommes pour un régime parlementaire mixte, ou un régime présidentiel mixte, avec un équilibre entre les pouvoirs". "Quant aux trois postes clefs à la tête de l’Etat qui seront attribués, d’après ce qu’on a compris et entendu, à Moncef Marzouki en tant que Président de la République, Mustapha Ben Jaâfar, Président de la constituante et Hamadi Jebali, Premier ministre, c’est une question qui sera soumise à l’assemblée constituante ; quant à nous nous avons une position et nous sommes en train de la discuter avec d’autres partis".
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En prélude de la conférence de presse, les quatre élus à la constituante d’Afek Tounes se sont présentés aux médias. Il s’agit de Samira Maraï, tête de liste de Médenine, 48 ans, professeur universitaire, et pneumologue ; Rym Mahjoub, tête de liste de Mahdia, 45 ans et radiologue ; Chokri Yaïche, professeur d’enseignement supérieur, et docteur en géologie appliquée, tête de liste de Sfax 2 et Noôman Fehri, tête de liste de Nabeul 1, ingénieur et chef d’un bureau d’études. Tous ont exprimé leur détermination à défendre les principes et la vision d’Afek tounes au sein de la constituante et à contribuer à la construction de la Tunisie future.
H.J.
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Commentaires
Ecrit par mokbizer 02-12-2011 06:38
LES ISLAMISTES N AIMENT PAS LA DÉMOCRATIE CAR CUX SONT DES FOURBES ET DES MENTEURS
Ecrit par BABA LAHNINE 23-11-2011 21:10
DOMMAGE QU'ON NE LUI A PAS APPRIS LE FAIR PLAY EN FRANCE.
Ecrit par homme musulman libre 22-11-2011 17:14
comment vous voulez que ceux qui se croient les représentants de dieu sur terre se comportent une fois au pouvoire
ça sera la sensure, la dictature, l'unanimité, le pouvoir totalitaire et tout ça au nom de la religion
comment vous pouvez espérer que si HAMMADI JEBALI, (...) pourrait etre un homme de dialogue et de liberté
nous somme entrain de vivre un scénario à l'iranienne
Ecrit par mourad 22-11-2011 11:54
Ecrit par qqun 22-11-2011 03:18
Ennahdha peut etre un danger pour la democratie et meme sans manifester une face de dictature. Elle a une arme dissuasive qui n'hesite pas a l'utiliser en cas de difficulté. Cette ressource est inepuisable (sauf peut etre apres un autre 23 ans)... il l'utilise intelligeament au niveau de la base et pas necessairement au niveau de la direction (parfois quelques mots maladroite de Si Jebali). Bien que les nahdhawis pensent que c'est ligitime (الدعوة ), C'est illegitime, et il faut trouver une formule pour que quelques pratiques soient illegales.
et c'est aussi un peché qui mene droit a l'enfer.
فويل للذين يكتبون الكتاب بأيديهم ثم يقولون هذا من عند الله ليشتروا به ثمناً قليلاً فويل لهم مما كتبت أيديهم وويل لهم مما يكسبون
On parle de la chape de plomb qui tourne autour du Coran (l'interpretation)
Le fait d'investir dans les sciences religieuses , dans la Chariaa est legitime (si travail serieux), mais dire que c'est divin , que ce soit implicitement ou explicitement, est un grand danger.
La seule transformation saine d'Ennahdha est celle vers un parti conservateur.
Dans ce cas, nous serions nombreux a accepter ce mouvement.
mais , melanger Etat et religion , nous souler avec des interpretations arrierés de plusieurs centaines de siecles , et dire que c'est ca ce que Dieu veut, c'est du pire fantasme ... et le fantasme est le feu vert du peché.