La révolution tunisienne a marqué les rétrospectives de l’année 2011 des médias du monde entier. On en a parlé en long et en large, sur les TV, les radios et dans les journaux. Et pour cause, le changement survenu en Tunisie un certain 14 janvier 2011, a fait tache d’huile dans la région arabe, entraînant des révolutions en cascade, et plongeant Occident et Orient dans un sentiment de stupéfaction, mêlée à de l’admiration. L’accélération du mouvement de l’histoire a enfanté une nouvelle donne dans le monde arabe. Précurseur de ce mouvement inédit, la Tunisie continuera à être observée de près au cours de cette année 2012 qui s’annonce difficile, et émaillée de défis.
En 2012, la Tunisie est appelée à mettre en route le processus de réformes, et a entamer des actions concrètes pour répondre aux principales revendications pour lesquelles la révolution tunisienne s’est déclenchée. La nouvelle classe dirigeante est attendue sur de nombreux dossiers, et le pragmatisme est appelé à se substituer aux discours et aux déclarations d’intention. Certes, une nouvelle année est toujours porteuse d’espérance...pour des lendemains meilleurs. L’espoir fait vivre, comme on dit. Les Tunisiens qui ont vécu une année 2011 mouvementée, et à multiples rebondissements enchaînant les joies, et les peines, appellent de tous leurs vœux à une année 2012 apaisée et sereine.
Un vœu qui ne peut être exaucé que par la conjugaison de tous les efforts. La situation critique dans laquelle se trouve la Tunisie requiert un effort solidaire et national. Chacun doit apporter sa pierre à l’édifice, pour que les choses s’arrangent et que les dégâts soient, autant que faire se peut, limités. Pour paraphraser la citation de John Kennedy, les Tunisiens ne doivent pas demander ce que leur pays peut faire pour eux, mais demandez ce qu’eux peuvent faire à leur pays. Car, comme on le sait tous, l’Etat est face à une quadrature du cercle : soit une accumulation de dossiers aussi urgents les uns que les autres, et des budgets restreints. La notion de l’Etat providence, même si elle reste essentielle en cette conjoncture particulière, ne pourra pas, de ce fait, s’illustrer dans toute sa signification. Certes les politiques sont tenus, plus que d’autres, à trouver des solutions ; ils étaient élus pour cela ; mais leur action, soyons réalistes, sera tributaire des moyens qu’ils seront en mesure de mobiliser. Et là, rien n’est encore acquis, le nouveau gouvernement compte sur une meilleure mobilisation des ressources propres de l’Etat à travers une contribution des Tunisiens, dans leurs différentes catégories, et aussi sur les promesses des bailleurs de fonds, du Golfe et ailleurs, qui se sont engagés à leur tendre la perche.
La marge de manœuvre du gouvernement actuel étant donc limitée, son pari majeur est de parvenir à freiner la démesure revendicative, et d’en appeler à la conscience des Tunisiens. En 2012, la machine de production doit se remettre en marche, c’est la condition sine qua non à la reprise des investissements, à la relance de la consommation intérieure et extérieure, à l’impulsion des exportations, à l’amélioration de nos recettes en devises, bref à la relance de l’économie. Cet objectif ultime ne sera pas atteint que si le phénomène de sit-in et des grèves dans les secteurs névralgiques de l’économie cesse. L’UGTT qui vient de se doter d’une nouvelle direction a une lourde responsabilité en matière de l’évolution du climat social et économique dans le pays. Certes, la centrale syndicale doit faire de la défense des conditions des travailleurs son cheval de bataille, mais elle est appelée à comprendre la particularité de l’étape, et éviter les bras de fer et les blocages avec le pouvoir exécutif, qui ne peuvent que mener vers l’impasse et envenimer davantage la situation.
2012 sera une année où toutes les parties seront mises à l’épreuve. Tout d’abord les nouveaux dirigeants appelés à démontrer une capacité d’action, et d’adaptation aux difficultés, à travers une compression effective des dépenses publiques et du train de vie de l’Etat, et des mesures courageuses que même, si leurs effets ne sont pas ressentis immédiatement, donneront des signaux réconfortants aux Tunisiens. Les syndicats, est à leur tête l’UGTT, seront également face à leur responsabilité, dans la mesure où ils doivent parvenir à résoudre l’équation difficile entre la défense des intérêts des travailleurs, et la contribution au redémarrage de la machine économique. Les Tunisiens seront, à leur tour, mis à l’épreuve ; en ce sens qu’ils sont tenus de mettre la main à la pâte en redonnant tout son sens à la valeur travail. Il s’agit d’abandonner la mentalité d’assisté favorisée à dessein par l’ancien régime et de se remettre sérieusement au travail.
Et n’oublions pas que toute la planète nous regarde. La Tunisie qui a surpris le monde en 2011, peut encore le surprendre en 2012 ; une année qui sera difficile un peu partout dans le monde. Même, nos partenaires du Nord qui ont tendance à nous narguer par leur prééminence en matière de progrès, sont quasi-impuissants face à la profonde crise qui secoue leur économie. Le Nord, c’est loin d’être l’eldorado, comme nos compatriotes en mal d’une vie décente en Tunisie, ont l’utopie de le croire, l’avenir des populations du Sud est chez elles, et l’avenir des Tunisiens est en Tunisie. Il suffit que chacun de nous y croire fortement, pour contribuer à ce qu’il y fasse bon vivre dans un futur proche.
H.J.
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Commentaires
Ecrit par ridha tlili 03-01-2012 00:38
faites attention, ce discours renvoie à quelques élans populistes aux lourdes conséquences sur la démocratie, l'histoire est riche d’exemples...
Ecrit par khammous 03-01-2012 00:18
Moi le premier bien que je sois politiquement à leur antipode.Nous devons tous nous remettre au travail. Que ces dirigeants réussissent parce qu'ils auraient été capables de faire sortir la TUNISIE de son tunnel j'en serais fort aise.
En tant que politiquement opposé à ce gouvernement je ne lui souhaiterai jamais au grand jamais qu'il ne réussisse pas. C'est vraiment de l'enfantillage et de l'irresponsabilité de ces apprentis sorciers de la politique qui pour défendre le gouvernement n'hésitent pas à vous sortir des arguments qu'on avait souvent entendus avec Zaba ( fauteurs de troubles et pêcheurs en eau trouble etc...)
Mais en contre partie ils doivent veiller à réaliser les objectifs de la Révolution qui sont de deux sortes : 1/La séparation des pouvoirs en garantissant l'autonomie des médias et l'indépendance de la justice.
2/ Le respect des engagements de la transition démocratique qui doit s'achever OBLIGATOIREMENT par des élections générales dans un an ( Octobre 2012 ). S'ils les gagnent encore une fois je me remettrai dans l'opposition tout en soutenant le développement économique régional et social de mon pays même avec ce gouv .
Et là sur ces principes généraux je ne le lâche.
2/La séparation des pouvoirs en garantissant l'autonomie des médias et l'indépendance de la justice.
Ecrit par pff 02-01-2012 17:54
Ils ont le pouvoir, il n'ont qu'à appliquer la loi, point à la ligne.
Ecrit par pasimportant 02-01-2012 15:07
Avec ce genre d'attaques et de stigmatisation d'une partie de la population ( qu'elle a tort ou elle a raison, là n'est pas le débat)vous ne faites que préparer le retour du SILENCE PARTOUT et de la SÉCURITÉ de la MATRAQUE et des PRISONS à toutes les libertés TRÈS chèrement payées par le sang de nos MARTYRS !
Habituons nous à vivre dans un pays bruillant et même légèrement agité c'est un signe d'une DÉMOCRATIE SAINE et DES LIBERTÉS NATURELLES !
Avec mes meilleurs vœux pour le peuple tunisien !
Ecrit par Ibrahim. D. 02-01-2012 12:49
Déjà notre révolution saigne encore et elle est mise à des rudes épreuves par ces perdants, ces pseudo- journalistes, ces lâches, ces « pyromanes », ces sit-inneurs,….., qui ne cherchent qu’à entraver la mise sur les rails et sur la bonne direction de la locomotive économique de notre pays . ….Quel dommage et quelle honte pour notre histoire !!!!
Chaque Tunisien doit positivement assumer sa responsabilité en évitant « d’adhérer » aux idées malsaines de ces fouteurs de troubles et qui par conséquent guettent un éventuel naufrage de notre pays.
Vive la Tunisie libre & démocratique.
Bonne année à tous