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Mardi 11 Décembre 2018         

Tunisie/ Start up : Marouane Abassi rassure sur les comptes en devises

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Publié le Mardi 02 Octobre 2018 à 15:18
La première édition d’Afric’up a démarré ce mardi 2 octobre à Tunis. Il s’agit d’une initiative tunisienne dédiée aux start-up africaines. L’évènement, qui se déroule sur deux jours,  rassemble 800 participants dont 200 venus du continent africain et de l’étranger. La Tunisie compte aujourd’hui 500 start-up. Et ce n’est pas un hasard si c’est elle qui abrite ce sommet. En effet, la Tunisie est devenue en 2017 membre de l’alliance Smart Africa qui compte actuellement 24 pays. Elle a été désignée pour porter le projet phare de la promotion du développement des start-up en Afrique. Smart Africa a pour objectif d’ouvrir un marché commun de l’économie numérique. On estime que sur les dix prochaines années, celui-ci pourrait drainer une capital de près de 300 milliards de dollars.

Sami Tounsi et Mourad Ben Mahmoud


Accoudés au comptoir du café de l’Hôtel Laico à Tunis, Sami Tounsi et Mourad Ben Mahmoud ne se connaissent pas. Mais pourtant, ces deux jeunes start-upper discutent de projets et d’avenir. C’est là tout l’esprit du sommet Afric’up. L’un est le fondateur de MONRESTAU, une plateforme de livraison de nourriture à domicile, l’autre dirige la société AZP et développe des logiciels de gestion  pour les entreprises. Ils ont respectivement 38 et 28 ans. Ils se confient à Gnet. « Ce qui pose problème en Tunisie, d’abord ce sont les complexités de l’administration. Pour faire n’importe quelle démarche, c’est souvent long et très lourd. Ensuite, il faut savoir que la Tunisie est un pays économiquement fermé. Ainsi il est difficile pour nous de nous exporter car nous ne pouvons pas faire sortir de devises. Dans l’autre sens, les investisseurs étrangers sont réticents car ils rencontrent eux aussi le même problème. L’économie numérique c’est l’avenir. Il faut que la Tunisie s’y mette rapidement. Il faut un écosystème digitalisé. Cela permettrait entre autres de lutter contre la corruption et surtout de légaliser la circulation des devises, car aujourd’hui il y a beaucoup d’argent qui échappe au circuit légal. Le start-up act peut être une vraie solution à ces problèmes ».

Le concept de start-up est encore nouveau en Tunisie, mais il prend de plus en plus d’ampleur. Le « Start-Up Act » en est la preuve. Adopté en avril dernier par l’Assemblée à une très large majorité, il constitue un réel espoir chez les entrepreneurs du numérique. Le pays dispose d’un potentiel d’acteurs important dans ce domaine, mais la plupart d’entre eux ont préféré se tourner vers d’autres pays. C’est ce que l’on appelle le phénomène de fuite de cerveaux.

Marouane Abassi

Pourtant, le gouvernement y croit et se veut être le porte-drapeau des Start-Up africaines. C’est en tout cas l’espoir du ministre des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique présent lors de l’ouverture de l’Afric’Up. « Il y a un vrai potentiel en Tunisie. Nous travaillons à ce que l’économie numérique devienne l’avenir de la Tunisie. Nous voulons situer l’économie numérique au cœur du nouveau modèle économique du pays. On le fait à travers le renouvellement de l’arsenal juridique pour faciliter, ouvrir et donner la chance à tout le monde. Il faut passer d’une philosophie de fermeture et de rente à une philosophie d’ouverture et de chance », dit-il à Gnet.

La fermeture de l’économie, c’est ce que regrettent la plupart des jeunes start-upper. Car le principe de base d’une Start-Up est la recherche d'importantes levées de fonds d’investissement, qui proviennent essentiellement de l’étranger. Il faut donc un système économique adapté. C’est dans ce sens que le Gouverneur de la Banque Centrale, Marouane Abassi est intervenu à la cérémonie d’ouverture. « La Tunisie pourrait être un vecteur important pour le développement numérique de l’Afrique. Mais pour cela, il faut une liberté d’entreprendre. Nous sommes conscients que nous avons une bureaucratie difficile, mais le Start-Up Act résoudra un certain nombre de problèmes. Il faut qu’un jeune start-upper tunisien ait les mêmes avantages qu’un autre à l’étranger. C’est pourquoi nous nous sommes engagé dans cette loi à permettre la création d’un compte en devises sans l’autorisation de la Banque centrale de Tunisie, outre les avantages fiscaux ».

Anouar Maarouf

Si le Start-Up Act a été adopté par l’Assemblée, son décret d’application n’a toujours pas vu le jour. Le ministre a donc profité de cet événement international pour faire une annonce importante et très attendue par les créateurs de start-ups.« Nous savons qu’il a pris beaucoup de temps à arriver, mais nous voulions qu’il réponde aux attentes de tous les acteurs qui ont travaillé dessus. Je vous annonce donc que le décret d’application du Start-Up Act sera, demain, mercredi 3 octobre, soumis au Conseil des ministres pour approbation ». Cette annoncé a été reçue par un tonnerre d’applaudissements de la part de l’audience.

En marge du sommet, Anouar Maarouf a également assuré que le ministère travaille sur le développement économique à travers les sources de financement. Ainsi, un fond de fond de 500 millions de dinars est en création pour le financement et l’accompagnement des start-up. Il a également exhorté toutes les entreprises tunisiennes, ainsi que les start-up à se tourner vers le continent africain et non pas vers les pays du Nord uniquement.

Wissal Ayadi

 

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