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Samedi 20 Octobre 2018         

Tunisie/ Remaniement : Reporté ou renvoyé aux calendes grecques !

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Publié le Jeudi 09 Août 2018 à 13:56
Youssef Chahed. Il est regrettable que le débat politique semble focalisé à ce stade beaucoup plus sur la prochaine élection présidentielle, que sur les difficultés du pays, et l’état dans lequel, il devra se retrouver l’année prochaine, et celles d’après. Déjà, de nombreux prétendants sont en train d’aiguiser leurs armes et la course à la présidentielle est déjà engagée bien avant terme, au moment où des indices laissent présager un affrontement entre le président de la république et le chef du gouvernement.

Ce scénario, s’il venait à avoir lieu, rappellerait le duel François Mitterrand/ Jacques Chirac à la présidentielle de1988 en France, qui s’est alors soldé par la victoire du président sortant sur son Premier ministre. Ce dernier a dû attendre, l’année 1995, pour accéder à l’Elysée pour un septennat. Sauf que dans le cas tunisien, les deux rivaux supposés appartiennent au même parti, et une large différence d’âge les sépare, au point que leurs rapports ont été, au début, perçus comme ceux du père/ fils, voire du mentor/ disciple…

Les appels au changement du gouvernement se tassent
L’actuelle crise politique tourne à l’absurde. La situation demeure en l’état, et aucun règlement n’a l’air de poindre à l’horizon. En revanche, les appels au changement du gouvernement se tassent quelque peu, même de ses principaux détracteurs en l’occurrence le parti du chef du gouvernement et l’UGTT.

Fraichement réconcilié, Nidaa persiste et signe dans sa demande de changement, certains de ses dirigeants en donnent, toutefois, une interprétation assez particulière, en soulignant que le changement souhaité concerne les politiques, et non forcément les personnes. La centrale syndicale, elle, qui dit camper sur sa position dans son appel au renouveau gouvernemental, estime, par la voix de Noureddine Taboubi, que cette question reste du ressort des partis et des institutions de l’Etat, notamment du parlement.

Au sein de l’exécutif, les liens continuent à se distendre entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement, et le conflit risque de s’aiguiser au fur et à mesure que l’on se rapproche de 2019. Cette quasi-rupture risque d’influencer le fonctionnement des rouages de l’Etat, et d’envenimer l’atmosphère générale.

Même s’il s’efforce à s’affranchir de la tutelle de Carthage et des partis, Youssef Chahed ne pourra pas avoir les coudées franches d’agir. En témoigne, son incapacité à remanier son équipe, comme il l'a promis. 

Lors de son passage au parlement, le samedi 28 juillet à l’occasion de la plénière de vote de confiance à son ministre de l’Intérieur, le chef du gouvernement avait souligné que le manque de consensus sur la scène politique a reporté le remaniement ministériel.  Reporté, ou renvoyé aux calendes grecques ? Nul ne saura répondre, d’où cette incertitude qui fait ombrage à l’action des ministres, et du gouvernement dans son ensemble ; une situation qui ne pourra pas continuer ad vitam æternam.

A la rentrée politique de septembre au plus tard, Youssef Chahed devra se résoudre à remplacer les membres de son équipe dont le rendement est jugé peu probant, d’autant qu’une évaluation aura été effectuée, comme l’a affirmé auparavant la Kasbah. Une décision qu’il ne pourra pas prendre tout seul ou entouré de ses proches conseillers dans son bureau, mais qui devra être précédée, selon les usages, par des concertations et des tractations. Et là deux hypothèses sont en perspective : soit le climat s’apaise et une certaine entente prévaudra, soit, et c’est l’éventualité la plus vraisemblable, le chef du gouvernement sera réduit à mener des discussions non avec les partis, mais avec les clans partisans, au sein de chaque formation politique, qui sont acquis à sa cause.

Reste un facteur essentiel qui est de nature à lui faciliter la tâche, ou à l’inverse à la lui compliquer, c’est l’évolution de ses relations avec les partenaires sociaux, notamment l’UGTT.

L’apaisement est, en grande partie, tributaire des résultats de négociations sociales avec l’organisation syndicale, qui réclame l’activation des conventions antérieurement conclues, ainsi que des majorations salariales consistantes susceptibles de donner du pouvoir d’achat aux travailleurs. Or, en l’état actuel, rien ne semble acquis, et l’organisation syndicale a pointé récemment la stagnation en matière de négociations tant avec le gouvernement, qu’avec l’UTICA. La quadrature du cercle, en somme.
Gnet 

 

Commentaires 

 
0 #1 RE: Tunisie/ Remaniement : Reporté ou renvoyé aux calendes grecques !
Ecrit par Agatacriztiz     09-08-2018 22:48
A part quelques nullités notoires, genre Ministre de la Santé, qu'il faut absolument "dégager" (lui et son chauffeur d'ailleurs), Chahed ne bougera pas des masses, ne vous en faites pas...
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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