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Lundi 27 Février 2017         

Tunisie/ Réformes : La différence de perception entre Chahed et Lagarde

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Publié le Jeudi 19 Janvier 2017 à 17:07
Les réformes s'annoncent difficiles en Tunisie. "Les perspectives de croissance pour l’économie tunisienne se présentent mieux en 2017 qu’en 2016", a affirmé la Directrice Générale du FMI, Christine Lagarde à l’issue de son entretien avec Youssef Chahed à Davos,  évoquant "un redémarrage dans un certain nombre de secteurs dont celui des phosphates, où la production était très importante au dernier trimestre 2016".

La cheffe de l’institution financière de Washington appelle la Tunisie à mener à bien des réformes importantes pour permettre aux Tunisiens de profiter à plein du potentiel économique national. Lagarde concède la difficulté des réformes : "il y a des efforts à engager", a-t-elle dit.

Youssef Chahed a tenté lui de convaincre son interlocutrice de la nécessité qu’il y ait "souplesse" en matière de réforme pour préserver la paix civile, et amorcer le développement. Une différence de perception claire entre les deux parties sur la cadence et l’ampleur des réformes en perspective.

Réformes, priorités du GUN
Les grandes réformes constituent l’une des priorités du gouvernement d’union nationale, comme se plait à le marteler Youssef Chahed. Ces réformes sont censées touchées le dispositif fiscal, et ça a partiellement commencé cette année avec la loi de finances de 2017 ; la modernisation de la fonction publique à travers l’allègement des procédures administratives et la réduction de l’effectif des fonctionnaires ; le redressement des équilibres des caisses sociales ; la réforme des entreprises publiques qui souffrent d’un lourd déficit, et le dispositif de compensation de manière à ce que la subvention soit dirigée vers les catégories qui la méritent le plus, et les couches démunies. Le but de ces réformes est de rétablir les grands équilibres budgétaires et la finance publique, l’une des principales injonctions du FMI afin qu’il poursuive son soutien financier et technique à la Tunisie.

L’exigence des réformes, comme condition sine qua non à l’amorce du redressement économique n’a pas été posée avec ce gouvernement, tous les gouvernements d’après la révolution s’en sont emparés, sans que la concrétisation ne suive. Tout le monde est d’accord sur l’urgence d’actions réformatrices en profondeur pour corriger des dysfonctionnements structurels  dont souffrent le pays, et face auxquels les demi-mesures sont totalement inefficaces, mais personne n’a pris le taureau  par les cornes pour ouvrir ces chantiers. Des freins se sont dressés contre ce processus, le consensus dont on ne cesse de chanter les louanges dans le discours, s’éclipse quand il se heurte à la dure réalité sur laquelle différents parties étendent leur emprise : Gouvernement, partis politiques, syndicat, patronat, lobbies…autant d’acteurs aux intérêts divergents, et aux avis inconciliables quant à la voie sur laquelle il faut engager le pays.

Youssef Chahed est face aux mêmes pesanteurs que ses prédécesseurs. Ses plaidoyers incessants pour la réforme ne semblent pas trouver des échos favorables chez ses multiples partenaires. Comme ceux qui l’ont précédé au poste, il se trouve seul au milieu de la tempête, forcé au jeu d’équilibriste entre les pressions internationales issues des bailleurs de fonds, les pressions nationales des acteurs nationaux, qu’ils soient signataires ou non de l’accord de Carthage, et les pressions populaires grandissantes, exprimées par ces mouvements contestataires déclenchés ça et là dans le pays.

Chahed à la BBC : "Amri a rejoint le djihadisme en dehors de la Tunisie"

Face à l’occident, le locataire de la Kasbah tient un discours de sollicitation, en mettant en avant les pas franchis par le pays, sans dissimuler les difficultés. Dans son entretien avec la BBC, il a exhorté l’Europe et les Etats à être plus impliqués dans le processus de transition en Tunisie, "une jeune démocratie qui partage les mêmes valeurs que les pays occidentaux. Nous avons tout ce que la démocratie requiert : liberté d’expression, partis politiques, élections", a-t-il dit, faisant prévaloir la réussite de la Tunisie dans la transition politique. Reste à traiter les défis socio-économiques pour consolider cette expérience, a-t-il affirmé.

Interrogé sur les attentats survenus en Tunisie, il a rétorqué que "les attaques terroristes pouvaient intervenir partout dans le monde. La Tunisie n’est pas moins sécurisée que n’importe quel pays dans le monde. Il y a des menaces globales auxquelles on doit réagir ensemble. Nous devons renforcer notre coopération internationale pour lutter contre le terrorisme", a-t-il souligné.

Chahed a énuméré les efforts accomplis en matière de lutte contre le terrorisme. "Nous avons doublé le budget des ministères de l’Intérieur et de la Défense, et nos forces sécuritaires ont aujourd’hui mieux préparées pour lutter contre le terrorisme". 

Au sujet des Tunisiens impliqués dans le terrorisme, notamment le cas Anis Amri auteur présumé de l’attentat sur un marché de Noel à Berlin, Chahed a souligné qu’"Amri a rejoint le djihadisme en dehors de la Tunisie. Il n’a pas été impliqué dans une action terroriste avant qu’il ne quitte la Tunisie en 2011, il a été radicalisé en geôle en Italie. Le terrorisme est un problème global et non un problème tunisien, l’Europe a des combattants dans plusieurs régions du monde, c’est pourquoi, nous avons besoin plus que jamais de coopérer dans ce domaine", a-t-il dit, affirmant que le terrorisme ne stoppera pas le processus de développement en Tunisie.

Gnet


 

Commentaires 

 
0 #1 dettes...encore et encore !
Ecrit par aziz aziz     03-02-2017 21:24
La sortie prévue sur les euros se profile comme le coup de grâce pour l'économie tunisienne. Nos dirigeants font preuve d'un aveuglement criminel il savent que la conjoncture internationale n'est pas favorable à la relance notamment des exports, que la reprise du tourisme est très fragile et extrêmement sensible au moindre incident et malgré ça ils insistent pour vendre les chimères d'une reprise hypothétique contre de la dette très coûteuse car sans aucune garantie.
Ca me rappelle les daltons qui se refilent l'un l'autre la bombe prête à péter... à la figure du pauvre peuple bien-sûr.
 
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