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Jeudi 20 Juillet 2017         

Tunisie/ Rached Ghannouchi sur Nesma : Pragmatisme et main tendue

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Publié le Lundi 26 Août 2013 à 13:09
Rached Ghannouchi. Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, a déclaré dimanche soir 25 août, dans une interview exclusive à Nesma, qu’il existe un paradoxe actuellement en Tunisie quant à l’appréciation de la situation. "Il y a ceux qui disent qu’il y a une crise, d’autres soulignent le contraire. Les deux ont raison dans la mesure où d’un côté, les gens mènent leur vie normalement, de l’autre, il y a une île qui vit une crise, c’est l’île des politiques. Cette crise influe sur la situation générale dans le pays".

"Je ne dis pas qu’il n’y a pas une crise, car on est un pays qui traverse une période transitoire. On a  vécu 50 ans sous la pensée unique. Le pays était comme une caserne dirigée par un chef,  la caserne s’est effondrée et le chef a pris la fuite, nous avons retrouvé notre liberté. Cette liberté requiert du temps pour que l’on sache comment l’exploiter, et une culture pour qu’on l’exploite avec responsabilité", a-t-il souligné ajoutant que "la liberté se pratique sans responsabilité lorsque des gens appellent à ne pas payer les factures ou les impôts.(...) Cette forme de désobéissance se pratique contre la dictature, et non contre un gouvernement élu", a-t-il signifié en substance. A ses yeux, "la Tunisie ira bien si ses fils et filles laissent de côté la fourberie et l’ingratitude".

S’agissant de l’action du gouvernement, il estime que son évaluation, son échec ou sa réussite, est "une question relative". "Notre gouvernement a des réalisations et des déconvenues. Nous vivons dans une période transitoire. Notre réussite se mesure à notre capacité d’acheminer le pays vers la concrétisation d’une démocratie moderne, où tout le monde coexiste, avec la liberté et la dignité pour tous. Cet objectif est en partie atteint en Tunisie, puisqu’il n’y a pas de procès politique, ni de presse bâillonnée. L’action sécuritaire est en train de s’améliorer, le terrorisme est en train d’être combattu et ses cellules sont en train d’être démantelées", a-t-il soutenu, estimant que "la faille réside aujourd’hui dans la politique. Le tout est de réformer la situation politique, et de faire coexister les 170 partis, notamment les grands partis, sans que le bâtiment ne soit démoli au dessus de nos têtes". Ghannouchi a appelé tous les responsables politiques, notamment ceux qui représentent les grands partis "à partir du principe qu’aucun d’entre nous ne va dégager l’autre, et qu’aucune personne ne va sortir l’autre du pays. L’on doit se comporter suivant la manière que notre pays est un navire, chacun doit trouver sa place à son bord sans perfidie ni tricherie". Il reconnaît qu’Ennahdha a commis des fautes.  "Je ne dis pas qu’Ennahdha n’a pas commis de fautes, nous en avons tous commis, mais le tout est de voir comment corriger nos erreurs et comment coexister dans ce pays"

"Le problème de la Tunisie n’a pas trait aux partis, ou à l’identité du régime mais il est de savoir  comment instaurer les règles d’un régime démocratique, à même d’empêcher le retour à la dictature", a-t-il dit.   .

"Le gouvernement ne sera dissout, que si une alternative est prête"
Rached Ghannouchi a réitéré que son mouvement a accepté l’initiative de l’UGTT qui prévoit la dissolution du gouvernement et le maintien de l’Assemblée nationale constituante. "On l’a accepté et on ne s’est pas rétracté". S’agissant du timing de l’annonce de la dissolution du gouvernement, il a indiqué que "cette question a besoin d’organisations. On ne peut pas dissoudre le gouvernement et rester dans le vide, la nature a horreur du vide", a-t-il signalé.

"On  ne peut dissoudre le gouvernement, si on n’a pas un gouvernement prêt, si on ne sait pas qui en est le chef, les ministres, et les missions. Tout cela doit être déterminé par le dialogue", a-t-il considéré. Selon ses dires, le mouvement Ennahdha réclame un gouvernement électoral et appelle ses partenaires politiques au dialogue, autour de sa nature et ses missions, avec la reprise en même temps des travaux de l’ANC. "Nos partenaires politiques qui s’obstinent à réclamer la dissolution du gouvernement, n’ont pas dit s’ils acceptent le maintien de l’ANC. Si c’était le cas, ils seraient revenus à l’Assemblée. Or, il n’en est rien, ils sont en train de manifester partout pour en réclamer la dissolution. Cela veut dire qu’ils n’ont pas accepté l’initiative de l’UGTT."
 
D'après le président D’Ennahdha, "le nouveau gouvernement ne peut s’installer que lorsque le pays sera préparé aux élections. A ce moment là, nous sommes prêts à céder à un gouvernement consensuel et impartial pour diriger les élections, pour ne pas dire que les élections se sont déroulées sous le gouvernement d’Ennahdha", a-t-il déclaré.  "Le gouvernement ne sera dissout, que si une alternative est prête, dissoudre le gouvernement avant le dialogue, revient à mettre la charrue avant le bœuf", a-t-il martelé.

Selon son appréciation, la démission du gouvernement et la date des élections peuvent-être annoncées dans une période de 20 jours à un mois, et même moins, si le dialogue national en décide autrement. Il estime que l’ANC peut parachever ses travaux en une semaine, avec la constitution, le code électoral et l’instance électorale. "La situation du pays ne supporte plus que cette phase transitoire se prolonge davantage, il faut qu’on accélère la date de la tenue des élections. Sinon, l’alternative sera l’anarchie et la gabegie", a-t-il prévenu, pointant "des personnes qui poussent  le pays vers l’anarchie".

Il admet qu’il y a "une crise de confiance" entre les partenaires politiques, et que chaque partie a des soupçons et des hantises envers l’autre, estimant que "la confiance ne peut-être rétablie que par le dialogue".

Ennahdha et Nida Tounes, "les deux plus grands partis dans le pays"
Rached Ghannouchi a dit avoir appelé dimanche matin Béji Caïd Essebsi afin de lui souhaiter bon retour. "Ce comportement et cette courtoisie doivent prévaloir entre nous", a-t-il estimé, indiquant avoir reçu un bouquet de fleur de Béji Caïd Essebsi lorsqu’il avait subi une intervention chirurgicale. "Notre pays a besoin d’amour, de communication de fraternité et de dialogue et non de rancune et de rancœur… on va brûler notre pays".

Ghannouchi a par ailleurs souligné que sa rencontre avec Béji Caïd Essebsi à Paris a permis "de faire tomber les obstacles et de briser la glace". C’est le plus important. "Le mouvement Ennahdha est désormais en relation avec le mouvement Nida Tounes, ce sont les plus deux grands partis dans le pays. Nous ne somme pas dans une période démocratique ordinaire, avec un parti au pouvoir et l’autre dans l’opposition, nous sommes dans une phase de construction démocratique.  Les grands partis doivent être en situation d’accord et de coopération pour le bien du pays. Nous tendons la main à Nida Tounes et à tous les partis sans exception, afin de nous entraider pour le parachèvement du processus démocratique. La Tunisie sera le premier pays arabe à inaugurer la naissance d’une expérience démocratique pilote, qui sera applaudie par le monde entier. Cette expérience est menacée si on ne tend pas la main les uns aux autres", a-t-il admis, indiquant avoir répondu à la main tendue de Béji Caïd Essebsi en allant le voir à Paris. "Je suis prêt à me rendre au Guatemala ou sur Mars pour l’intérêt de la Tunisie," a-t-il ajouté.  

Rached Ghannouchi a affirmé qu’il n’y aura pas d’immunisation de la révolution avant les élections. "Ce n’est pas le moment d’évoquer cette loi. Le temps de la Tunisie est celui du dialogue, de l’unité nationale, du consensus et du parachèvement du processus démocratique. Ce n’est pas le moment pour sortir les dossiers", a-t-il dit, indiquant qu’il peut y avoir "la loi sur la justice transitionnelle après les élections, qui questionnera individuellement les gens". Le chef d’Ennahdha a prôné le pardon. "L’essentiel est aujourd’hui en Tunisie de savoir comment terminer les 100 mètres de la course, car beaucoup de démocraties et de révolutions ont chuté dans les derniers 100 mètres".

S’agissant de la possible candidature d’Ennahdha aux présidentielles, il a répondu que "jusque-là, il n’y a pas de décision au sein d’Ennahdha pour avoir un candidat aux présidentielles. Le plus probable est qu’Ennahdha n’aura pas un candidat, car nous estimons que nous sommes dans une période transitoire, qui requiert une démocratie consensuelle, et non une démocratie de la majorité".

L’avènement de Nida Tounes après les élections a affecté les équilibres politiques postélectoraux, a-t-il reconnu, soutenant qu’il existe aujourd’hui deux hypothèses : soit on se dirige vers les élections pour procéder à un nouveau partage du pouvoir, soit on revoit le partage du pouvoir avant les élections. "En tant qu’ennadha, on considère qu’on aura réussi, si on achemine le pays vers des élections libres et crédibles, auxquelles tout le monde participe et dont tout le monde accepte les résultats, même si Ennahdha n’en sort pas victorieux. Si on ne gagne pas les élections, on sera dans l’opposition, si ce projet tombe, on ne sera ni au pouvoir, ni dans l’opposition, tout le pays sera perdu, et c’est un échec si la Tunisie est privée de la réussite de son expérience démocratique", a-t-il insisté.  

Il a reconnu que l’obsession du scénario égyptien existe au sein d’Ennahdha et chez tous les Tunisiens. "Il y a trois armées dans la région qui sont dissoutes qui confrontent leurs peuples, on ne veut pas que cela arrive en Tunisie et que l’on s’entretue. D’où la nécessité qu’on accélère le cheminement vers les élections dont les mécanismes d’organisation seront mis par tout le monde, sous une supervision internationale. On espère qu’il y aura 50 mille observateurs pour superviser les élections".  

Au sujet de la récurrente question des ligues de protection de la révolution, il a réitéré que cette question relève des prérogatives de la justice, appelant que la loi soit appliquée à tous ceux qui la transgressent. Il a annoncé qu’il allait retirer l’affaire contre Samir Bettaieb (ndlr : pour l’avoir accusé de meurtre), "car les problèmes actuels ont besoin de tolérance pour qu’ils soient résolus".

Rached Ghannouchi a appelé l’ANC à reprendre sa mission, et les députés dissidents à y revenir, estimant qu’avec les dialogues tous azimuts qui sont menés dans le pays, "il n’y a pas de justification pour que l’institution supérieure soit en panne". Il s’est adressé nommément à Ben Jaâfar afin qu’il appelle l’Assemblée à se réunir. Il a dit que son parti accepte que le nouveau gouvernement soit restreint, dirigé par une personnalité nationale indépendante qui s’engage à ne pas se présenter aux élections, idem pour les ministres et le chef de l’Etat. "Pour éviter tout soupçon, tous les candidats aux prochaines élections doivent être sur la même plateforme, et redevenir des citoyens ordinaires pendant la période précédant les élections, pour éviter qu’il y ait des soupçons que certaines personnes n'exploitent leur position ou les institutions de l’Etat pour leur candidature", a-t-il souligné, en allusion notamment au Président Marzouki, qu’il l’appelle à quitter ses fonctions avant de solliciter de nouveau les suffrages des Tunisiens.
Gnet


 

Commentaires 

 
-2 #2 Y en a marre Foutez le camp et laissez ce pays vivre en paix
Ecrit par Tunisien révolté     26-08-2013 14:33
Comment pouvez-vous croire ce gourou qui a nié et qui continue de nier son engagement solennelle face aux millions de Tunisiens (ses propres mots) de quitter le pouvoir au bout d'une année si son parti echoue a écrire la nouvelle constitution et préparer les elections en une année.

Comment pouvez vous croire qu'il y a un espoir de sortie de crise pour notre Tunisie tant que ce gourou (...) est encore au regne du pouvoir?

Le plus grave crime que commettra l'opposition envers les millions de Tunisiens qui la soutienne est de céder aux caprices et aux exigences de cet usurpateur de pouvoir. Il n'a plusni le droit ni la légitmité ni de gouverner ni de rester au pouvoir. Son action politique actuelle et la prise d'otage de tout un pays au profit de ses caprices et ses propres projets politques est en soit un crime punissable au regard de toutes les lois divines et positives. Y en a marre Foutez le camp et laissez ce pays vivre en paix
 
 
+1 #1 le peuple a besoin d'un discours qui rassure
Ecrit par Royaliste     26-08-2013 14:12
donnez nous UNE action qui prouve que nahdha a constuit ou veut construire quelque chose autre qu'une dictature.

ghanouchi disait a ses 'fils' : "le peuple a besoin d'un discours qui rassure " et bien voila, vous etes servi, sinon au niveau des actions, la construiction de sa dictature et la récupération du systéme de l'RCD.

les elections c'est pour quand?

PS: seuls les naifs croient encore que nahdha veut democratiser le pays!
 
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