Tunisie/ PLF 2018 : Première épreuve difficile pour le gouvernement !

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Publié le Lundi 25 Septembre 2017 à 16:40
Le projet de loi de finances 2018 est la première épreuve pour le gouvernement Chahed II, qui aura du mal à faire passer des propositions, clairement préjudiciables pour les classes moyennes et indigentes, avec cette kyrielle d’augmentations d’impôts envisagées. Le nouveau budget doit dégager des ressources nécessaires pour l’Etat, sans trop de casses, c'est à dire en tâchant de sauvegarder l’unité de la coalition gouvernementale, et d'assurer la précaire stabilité politique, de réduire la nuisance d’un éventuel front de refus au parlement, tout en évitant toute possible grogne populaire…

Les contours du projet de loi de finances 2018 commencent à se dessiner, et sans grande surprise, c’est en recourant à une hausse d’impôts, tous azimuts, que le gouvernement compte pallier au manque gagner en matière de ressources, et atténuer, autant que faire se peut, les pressions sur les finances publiques éreintées par des années d’hémorragie de dépenses, et de contraction de recettes. Résultat : les caisses de l’Etat sont totalement dépouillées, et il n’y a pas 36 mille façons de les renflouer, que de solliciter le portefeuille du contribuable.

Tout ou presque devra être revu à la hausse l’année prochaine. Des propositions sont en train d’être étudiées pour voir comment dégager des rentrées d’argent pour l’Etat, afin de minimiser l’ampleur des dérapages budgétaires. Et comme à l’accoutumée, en pareille circonstance, on commence par les solutions les plus faciles, comme le fait d’augmenter la TVA, la vignette, le timbre de voyage…des pistes que l’on évoque à la préparation de chaque PLF, et celui de 2018 ne fait pas l’exception.

Les Tunisiens qui ont vu leur pouvoir d’achat subir un sacré coup ces dernières années, seront amenés encore davantage à se serrer la ceinture et à faire des sacrifices pour aider l’Etat à boucler son budget et à faire avancer ses réformes.

Les propositions formulées pour le prochain PLF, si elles se confirment, prédisent l’entrée de la Tunisie dans l’ère de l’austérité, puisqu’outre les coupes budgétaires d’ores et déjà décidées par le gouvernement à travers notamment le gel des recrutements dans la fonction publique et la compression d’autres dépenses, l’année prochaine sera celle de la baisse des salaires, avec l’institution envisagée d’une contribution sociale généralisée (CSG), la hausse des cotisations sociales, etc. 

Cette hausse des charges, et son corollaire le renchérissement de la vie, sont prévisibles, dans cette conjoncture critique et incertaine, où les ressources à même de financer l’économie, de permettre à l’Etat d’affronter ses dépenses, et d’atteindre ses objectifs en termes de baisse du déficit, de compression de la masse salariale, de la maîtrise de l’endettement, etc., se font rares.

La dépréciation du dinar et sa chute sans précédent face à l’euro et au dollar, ne font que compliquer encore plus les choses et pour l’Etat et pour le peuple.

Le projet de loi de finances est la première épreuve pour le gouvernement Chahed II, qui aura du mal à faire passer des propositions, clairement préjudiciables pour les classes moyennes et démunies, même si l’on s’attend à ce que des  mesures soient incluses dans le nouveau budget pour les catégories à faible revenu, histoire de mettre en avant la vocation sociale de l’Etat et sa sollicitude pour ceux qui sont au bas de l’échelle.

La loi de finances en devenir serait confrontée à un front de refus au sein du parlement, tant de l’opposition, que de la majorité appelée à être prudente à ne pas trop contrarier la rue, en contribuant à faire passer des mesures impopulaires. Les municipales sont certes reportées sine die, mais les chances à ce qu’elles soient tenues au printemps 2018 ne sont pas exclues ; les partis auront à cœur de ne pas dilapider encore plus un électorat dépité, même si ça semble déjà fait.
Gnet