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Samedi 16 Décembre 2017         

Tunisie/ Meurtre de Brahmi : Troïka et Opposition condamnées à s’entendre

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Publié le Vendredi 26 Juillet 2013 à 12:08
Le défunt Mohamed BrahmiLa Tunisie a amorcé hier avec le meurtre terrifiant de Mohamed Brahmi, coordinateur du courant populaire, et député à l’Assemblée nationale constituante, un virage dangereux. Cet assassinat politique, deuxième en six mois qui endeuille le processus transitoire après la disparition de Chokri Belaïd le 06 février dernier, est tombé tel un couperet sur le peuple tunisien, et a porté un coup dur qui risque d’être fatal  à ce processus de transition que l’on pensait proche du point final. Ce drame national paralyse une économie déjà en rade, et ses conséquences sur l’image de la Tunisie à l’extérieur et sur le tourisme sont incalculables.

Les analyses et les commentaires ayant suivi cet assassinat se suivent et se ressemblent. Ils s’appuient, dans leur majorité, sur des faits objectifs et concrets. Celui qui a commandité et exécuté ce crime, a bien calculé son coup, et a voulu asséner une attaque mortelle à la transition politique et à la Tunisie, qui, nonobstant les difficultés et les trébuchements, s’en sort tant bien que mal. Dès les premières heures succédant l’assassinat, on a vu que le scénario égyptien, que l’on croyait peu probable dans notre pays,  était en train de se cristalliser, cela s’est confirmé au fur et à mesure des réactions exprimées par plusieurs figures de l'opposition.

La classe politique était dès hier scindée en deux camps. Les partis de la troïka plaident pour la préservation  du processus de transition et des institutions transitoires constitutives, dont l’Assemblée nationale constituante et les institutions qui en sont issues, et appellent, pour les paraphraser, à couper l’herbe sous les pieds de ceux qui ont voulu plonger la Tunisie dans l’inconnu et l’entraîner dans le spectre du chaos et de la violence.

Les partis d’opposition, incarnés notamment par l’Union pour la Tunisie et le front populaire, sont unanimes à appeler à l’arrêt du processus transitoire, à la dissolution de l’assemblée nationale constituante et des institutions qui en sont issues et au départ du gouvernement. Ils appellent à la formation d’un gouvernement de salut national chargé de parachever la période transitoire et d’organiser des élections dans six mois. Le front populaire prône la désobéissance civile jusqu’à la chute du gouvernement et de l’ANC, rejoints entre autres par les démissionnaires d’al-Joumhouri qui appellent dans un communiqué annonçant leur démission, à la rébellion, à occuper les places publiques et les rues jusqu’à la réalisation de ces revendications. Les démissionnaires d’al-Joumhouri prônent "l’unité des forces démocratiques sur une plateforme de rupture totale avec Ennahdha et ses composantes".

Le scénario égyptien prend clairement corps, et les risques que les choses ne dégénèrent sont réels. Le destin de la Tunisie bascule, et des décisions décisives doivent être prises illico presto, si on veut éviter à notre pays le spectre de la discorde et de la violence, dont les graines sont déjà semées.

L’assassinat du martyr Mohamed Brahmi est le signe de l’échec de toute la classe politique. Comme l’a été le meurtre du défunt Chokri Belaïd. Un échec d’avoir prolongé inlassablement cette période transitoire et d’avoir provoqué des crises incessantes, et nourri des discours violents ayant fait monter la tension dans le pays.  

Le moment n’est pas aux règlements de compte et à l'échange d'accusations, mais à l’unité et au rassemblement pour trouver une sortie de crise et des compromis à même de permettre de gérer cette situation devenue intenable. Aussi bien la coalition au pouvoir que l’opposition doivent faire preuve de sagesse et de patriotisme pour sauver le pays et lui épargner un dérapage qui s’annonce lourd de conséquences. Des décisions décisives doivent être prises dans les toutes prochaines heures, car le temps joue en notre défaveur.

La division et les joutes oratoires, qui s’illustrent depuis hier par médias interposés, entre l’opposition et les partis de la coalition ne font qu’envenimer un climat profondément délétère et  compliquer la recherche de solutions. L’heure est grave et les politiques des différents bords doivent prendre leur responsabilité historique, contribuer à apaiser la tension, et à rassurer un tant soit peu le peuple, loin des calculs électoralistes étriqués, et du souci unique de se maintenir au pouvoir ou d’y accéder. La troïka et l'opposition sont condamnées à s'entendre en vue d'une sortie de crise.

Il est clair que ce lâche assassinat est intervenu, comme cela a été dit et redit, pour frapper le processus transitoire, anéantir l’espoir des Tunisiens, les monter les uns contre les autres, et entraîner le pays dans le spectre de la guerre civile, pour que les choses  prennent la même tournure dangereuse que celle qui prévaut ailleurs, à l’instar de ce qui se passe en Egypte. Un plan diabolique auquel il faut savoir résister pour pouvoir déjouer.

H.J.


 

Commentaires 

 
+1 #4 RE: Tunisie/ Meurtre de Brahmi : Troïka et Opposition condamnées à s’entendre
Ecrit par Taou     29-07-2013 10:54
Troïka et opposition condamnées à s'entendre !?!,
C'est quoi le Troïka actuellement... désintégrée. C'est quoi Ennahdha actuellement?... , une marmite en ébullition où une composante salafo-jihado-fasciste veut mettre le pays à feu et à sang. Et vous suggérez que l'Opposition discute avec eux !?!. Le grand regret, c'est qu'elle n'ait pas su s'unifier dés le lendemain du meurtre de Chokri Belaïd !!
 
 
-1 #3 Ils sont ou
Ecrit par ML     28-07-2013 10:09
Ils sont ces "ténors" de la politique ces chebbi marzouki caied sebssi ben jaafar et les autres ; il y mort d'homme la 3eme du genre une liquidation froidement éliminé de la vie ; ces hommes politiques laissent le peuple livré à lui même en total désarroi pour une confrontation, avec la police ; ces hommes politiques et pour un minimum de respect auraient du se réunir pour présenter des condoléances nationales à la famille du défunt et pour une condamnation ferme pour ces crimes et assassinats , hélas on n a pas vu leurs têtes aux différentes télés , c est cela le changement démocratique dont on a besoin qui est gage de responsabilité de maturité mais on se rend compte que chacun essaye d'utiliser ces crimes pour son propre intérêt ; vivement la fin de l’écriture de cette constitution et de vraies élections pour un président une assemblée et un gouvernement; le pays comme à virer au rouge moralement socialement et économiquement et ce n'est pas l'utopie d'ennahdha qui va nous sortir d'affaires et le peuple ne va pas laisser ennahdha envenimer ces élections en plaçant ses pions un peu partout dans le pays ce n'est pas démocratique et ce sera la guerre civile en vue
 
 
+1 #2 RE: Tunisie/ Meurtre de Brahmi : Troïka et Opposition condamnées à s’entendre
Ecrit par Hédi     26-07-2013 18:07
"Celui qui a commandité et exécuté ce crime, a bien calculé son coup, et a voulu asséner une attaque mortelle à la transition politique et à la Tunisie, qui, nonobstant les difficultés et les trébuchements, s’en sort tant bien que mal."

Vous êtes vraiment à vomir. Je me demande comment vous pouvez vous regarder dans un miroir. Comment pouvez-vous arriver à un tel degré de soumission?
 
 
-1 #1 RE: Tunisie/ Meurtre de Brahmi : Troïka et Opposition condamnées à s’entendre
Ecrit par Royaliste     26-07-2013 14:11
de Chaanbi a Tunis il n'y a qu'un pas.

il y a une semaine nahdha a appelé publiquement a massacrer ses opposants : rappelez vous ce que disait Atig.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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