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Mercredi 23 Mai 2012         

Tunisie/ Médias : Malaimés, ils soufflent le chaud et le froid !

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Publié le Jeudi 29 Décembre 2011 à 17:29
Les médias tunisiens ne sont pas prêts à lâcher d'un iota leur liberté reconquise. La Tunisie continue son petit bonhomme de chemin dans l’apprentissage de la démocratie. Un processus laborieux qui n’avance pas sans couacs. La polémique du moment tourne autour des rapports entre médias et politiques, et du rôle de la presse dans cette période de transition démocratique. Les remontrances adressées par le président d’Ennahdha aux médias ont suscité des grincements de dents au sein de la profession, qui crie à la tentation d’ingérence du pouvoir politique, pour orienter les médias.

Cheikh Rached Ghannouchi n’y est pas allé de main morte dans sa critique des médias écrits et audio-visuels. A ses yeux, "les médias ne respectent pas le peuple, n’assument pas leur responsabilité nationale, et ne font que propager pessimisme et mensonges dans le pays". "Ce sont des médias destructeurs qui ne cherchent qu’à dénigrer et à médire Ennahdha", dit-il en substance. Un jugement dur,  les médias y ont décelé un danger pour leur indépendance fraîchement reconquise.

Dans la foulée, le chef du gouvernement, Hamadi Jebali, a eu à s’exprimer récemment, à plusieurs reprises, sur la prestation des médias. Là aussi, les propos du chef du gouvernement laissent apparaître des réserves sur le contenu médiatique, et un souhait de voir les médias se hisser à un niveau meilleur pour être en phase avec les aspirations populaires et les objectifs de la révolution. Le chef du gouvernement se défend néanmoins de toute propension des nouvelles autorités de s’immiscer dans les médias y compris publics, se prononce sans équivoque pour leur liberté et leur indépendance, souhaitant les voir constituer un véritable quatrième pouvoir.

Il va sans dire que les rapports entre les milieux politique et médiatique ne sont jamais simples, même dans les démocraties les plus anciennes. Les politiques ont un penchant naturel à dompter les médias, à les rallier à leur cause, et à en faire un miroir embellissant et non déformant. Même dans les pays où la presse semble libre et puissante, les connivences politico-médiatiques  ne sont pas exclues, c’est ce qui réduit les règles déontologiques, supposant objectivité et impartialité, à de simples slogans théoriques, au grand dam d’une opinion publique qui a, souvent, tendance à tout gober.

En Tunisie, la situation est toute autre. Le passage du despotisme à la démocratie change subitement la donne, tout le monde est désinhibé, aussi bien le peuple, que les politiques et les médias. Longtemps cantonnés dans cette perception d’outil de propagande, bâillonnés et censurés, les médias dégustent à peine les délices de la liberté. Ils y vont à cœur joie, se redécouvrent une légitimité et un pouvoir sans précédent. Plus question d’avoir peur des politiques, de se soumettre à leur desiderata, et de renoncer d’un iota à cette liberté retrouvée.

Tout aussi que les autres secteurs, les médias sont aujourd’hui en train de se reconstruire, de rompre avec leur passé malheureux et d’acquérir de nouveaux réflexes. Ce n’est pas une chose simple ; dans un secteur qui manque d’encadrement, qui souffre d’un vide juridique flagrant, et qui, plus est, n’a pas un cadre de référence clair, censé être régi par une autorité indépendante garante de liberté et d’indépendance, et attirant l’attention sur les éventuels dérapages. De là à dire, que les médias n’ont pas évolué depuis le 14 janvier, serait, néanmoins injuste à leur égard. Le changement est palpable tant dans les médias publics que privés, même si un long chemin reste à parcourir pour qu’ils adoptent les règles de professionnalisme, et répondent effectivement aux attentes du large public.    

Les politiques ont le devoir d’aider les médias à opérer leur mue, et à être un véritable pouvoir dans les faits, et non dans les discours. La méfiance envers les médias ne doit pas habiter les nouveaux dirigeants du pays, ils doivent les considérer comme une composante essentielle pour la réussite de cette métamorphose démocratique. Un journaliste qui critique l’action du gouvernement, qui attire l’attention sur les dysfonctionnements, qui parle de ce qui ne va pas, ne pêche pas en eau trouble, il ne fait qu’accomplir son métier. L’essentiel dans cela est qu’il soit honnête, qu’il essaie de se départir de ses convictions politiques, et ses préférences partisanes, pour présenter une matière la moins subjective et la moins partiale possible. Le journaliste ne doit se référer qu’à sa conscience, et le politique doit se garder d’user de sa position de force, pour traiter le journaliste avec dédain et lui dénier son rôle.

Indubitablement, la prochaine période verra encore des frictions entre médias et politiques, car les deux ont encore la psychologie fragile, au sortir de décennies de despotisme, où les premiers ont été muselés et inféodés, et les seconds exclus et diabolisés. Les susceptibilités sont des deux côtés, mais les politiques ne peuvent guère se soustraire aux critiques des médias, et les médias continueront à souffler le chaut et le froid au gré de l’humeur générale…
H.J.


 

Commentaires 

 
-2 #11 @lebaron
Ecrit par riadh     03-01-2012 14:53
si les 0,00001% comme vous dites (en réalité plus de 60%) ne s'était pas mobilisé face a vous, on aurait une organisation des pouvoir dignes d'uns dictature. Vous n aviez aucun argument contre sauf les traiter de koffar et crier allah ou akbar, alors qu on se bougeait pour des textes de lois qui n ont rien a voir avec la religion mais avec la démocratie: c est bete, c est vraiment stupide, c est dangereux, et c est digne de gamins de 16 ans qui rentrent de stade.
maintenant quand les sympathisants de nahdha pourront debattre des lois et ne pas insulter celui qui empeche les derrives, alors on sera rassuré, pour l instant, sans les 0.0001%, nahdha veut la dictature a ce qu on voit. et vous? vous si nahdha disait on va suprimer toute les lois et gouverner depuis l executif pedant 5 ans vous diriez allah ou akbar !! vous etes les pire enemmis de la démocratie et je devine avec certitude que aucun de vous n a manifesté contre ben ali dans sa vie.
 
 
+2 #10 Publique mais bien sûr
Ecrit par khammous     30-12-2011 23:12
La chaîne qui a eu droit à la foudre de Rached Ghannouchi devant la °°jeunesse Nahdhaoui °°( à ne pas confondre avec °°chabab tajammou3ii°°) cette chaîne s'appelle chaîne Nationale °° 3OUMOUMIA°°et non gouvernementale °°HOUKOUMIA°°.
Si le gouvernement veut faire parvenir des informations au peuple il n'a qu'à charger ses attachés de presse ou ses porte parole officiels.
Désolé Mr GHANNOUCHI nous ne payons pas les impôts pour une chaîne appelée à faire les éloges de partis politiques fussent -ils majoritaires.
Cet argument que la ligne éditoriale d'une chaîne publique doit être au service du gouvernement est contraire à la démocratie et aux objectifs de la révolution .C'est également une idée absurde car la majorité étant de nature changeante que feraient les journalistes de cette chaîne si il y a changement de majorité DES GIROUETTES PEUT ETRE??
Eh bien ils sont en train de vous dire NON LE ROLE DE GIROUETTE ON N'EN VEUT PLUS depuis le 14. Je comprends mieux que BCS se plaigne de la même situation C'est un vieux Bourguibien habitué à des réflexes particuliers mais vous Mr GHANNOUCHI vous nous avez toujours dit que vous êtes pour la Révolution et contre les dictatures.C'était avant le 23 octobre c'est vrai
 
 
-2 #9 Et Gnet alors ?
Ecrit par Ben Whirlpool     30-12-2011 21:32
Parmi les medias tunisiens, l'un devrait être donné en exemple, c'est Gnet !
Il donne la parole à tout le monde, respecte la pluralité des opinions, conserve une ligne axée sur le débat et la réflexion... son seul tort est de continuer à publier les commentaires idiots de... votre serviteur Ben Whirlpooooool !
 
 
0 #8 @Khalifa_TN
Ecrit par Zico     30-12-2011 19:15
de ton pseudo on voit bien que tu crois dans la khilafa et dans les chouyoukh. Bravo pour ta clairvoyance.
Malheureusement pour toi et Ennahdha vous devrez composer avec la critique et les moqueries.
 
 
+1 #7 RE: Tunisie/ Médias : Malaimés, ils soufflent le chaud et le froid !
Ecrit par hammadi     30-12-2011 10:40
al jazeera est 100% pro-nahdha
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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