Avec des bâtisses qui s’étendent à perte de vue, des styles architecturaux baroques et excentriques, le lac Nord de Tunis, baptisé la ville du troisième millénaire, est voué à transformer le visage de la capitale…
A voir la métamorphose naissante de ces contrées, jadis à l’abandon, on perçoit l’ombre des projets émiratis dont l’annonce aurait suffi à engager les promoteurs locaux dans une émulation acharnée. Le bâtiment du futur, avec un luxe à profusion, et des tarifs exorbitants est bien là. La zone s’étend dans ses coins et recoins, avec une vue imprenable sur le lac, débarrassé de ses souillures et détritus.
Le projet du Lac Nord de Tunis est scindé en trois zones urbaines :
1 -La zone Nord d’une superficie de 200 hectares est en cours d’exploitation. Elle comprend le lotissement al-khalij et un parc de loisirs. Les travaux de construction sont à un stade de 79%, destinés aux logements, loisirs, administration et services.
2-La zone Nord-est qui s’étend sur une superficie de 800 hectares. Elle comprend les lotissements des jardins du lac, la cité des Pins, les résidences du Parc, la zone industrielle de Kheredine d’une superficie totale de 256 hectares en cours de construction et d’exploitation. La zone abritera également le projet de Tunis Sport City sur une superficie de 250 hectares.
La région du Nord-ouest et du Sud-ouest couvre 300 hectares et est à l’étude. Elle constitue un prolongement naturel de la capitale.
Autant de projets qui ont d’ores et déjà amorcé la renaissance urbaine annoncée. Mais n’habitera pas au Lac Nord qui voudra. Avec un prix du m2 oscillant entre 1700 et 2700 dt, les résidents se recrutent parmi les couches aisées. Le prix d’un appartement peut frôler les 900 milles dinars, avec piscine et ascenseur au salon. Sinon, les prix les plus courants sont de 300, 400, 500 mille dinars et plus, selon la superficie, le standing, la vue etc. Le haut standing se paie, même si la finition laisse souvent à désirer, se lamente une cliente qui a déboursé 369 mille dinars pour un appartement d’à peine 200m². "Une fois le client s’engage formellement et verse une avance au promoteur, le langage de celui-ci change et les promesses d’effectuer les travaux de finition restent sans lendemain". Et d’ajouter, "avec de tels prix, on est en droit d’exiger un confort et une finition irréprochables, il n’en est rien. Ce que l’on appelle haut standing chez nous est digne d’un HLM en France...même si les réalités sont différentes". Hormis cette propension à bâcler la fin, une tradition bien de chez nous, les logements du lac Nord brandissent du haut de leurs nombreux étages une opulence ostentatoire. Seul hic pour ceux qui y éliront immédiatement domicile, le bruit des grues et des pelleteuses mélangé à un environnement poussiéreux ; un vaste chantier qui a encore de beaux jours devant lui.
Des immeubles et résidences en construction, on en rencontre à quelques mères à la ronde. Une tendance qui est appelée à s’accentuer davantage ; la région regorge de réserves foncières que la Société tuniso-saoudienne de Promotion du Lac de Tunis (SPLT) compte promouvoir, à travers une nouvelle stratégie. Il s’agit de réconcilier les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest avec la capitale Tunis, et de les inscrire dans sa dynamique urbaine. La société compte également repositionner son produit sur le marché, en vue de conférer un caractère exceptionnel à la région. La SPLT chargera un ou des bureaux d’études de renommée d’élaborer un plan de promotion d’avenir, sous forme d’un plan d’aménagement de détail de la région Nord-ouest et Sud-ouest, et un modèle de développement du plan d’eau du Lac et son exploitation.
Après un laisser-aller qui n’a que trop durer, le lac Nord renaît bel et bien de ses cendres. Son utilisation en tant que réceptacle d’eaux usées et d’eaux pluviales tout au long de plus d’un siècle a provoqué une dégradation de l’environnement, ce qui a influé négativement sur les régions avoisinantes, notamment au centre ville, avec stagnation des eaux, prolifération des déchets,
décomposition des déchets organiques, prolifération des algues , extinction de la faune et odeurs nauséabondes ambiantes
Au début des années 80, les autorités tunisiennes ont décidé de lancer un gigantesque projet en vue de l’assainissement et de la restauration du Lac Nord. Objectif : créer des réserves foncières en vue d’une future extension urbaine.
Les travaux d’assainissement étant achevés, la situation environnementale et les conditions du milieu lagunaire se sont sensiblement améliorées, avec une meilleure qualité des eaux et du système hydrique, ainsi que de la biodiversité. La faune et la flore se sont nettement diversifiées avec 39 espèces pour la première et 38 espèces pour la deuxième, et une abondance des poissons marins nobles comme le pageot, le loup…
La Tunisie a signé en 2002 un accord de concession sur 30 ans au profit de la société du Lac. Cette dernière a élaboré un plan directeur fixant les activités à entreprendre, et a lancé une étude d’envergure en vue de déterminer les principaux projets futurs, en harmonie avec le développement des Berges du Lac.
Pour accompagner ce boom urbain, une nouvelle route reliant la zone du Lac au centre ville est cours de réalisation. Il s’agit d’une route parallèle à un tronçon de la GP 9 (route de la Marsa), et à un autre de la GP 8 (route de Bizerte). De 4 Km de long, et de 50 mètres de large, cette route principale à deux sens, de trois voies chacun, comprendra une artère centrale de 15 mètres pour l’aménagement d’un site propre au transport en commun. Les travaux ont démarré en juin dernier et leur achèvement est annoncé pour décembre 2010.
Le lac Nord est en passe de devenir une agglomération urbaine gigantesque. Il signe toutefois une hausse sans précédent du prix de l’immobilier. A l’heure où professionnels et demandeurs de logement évoquent l’inadéquation entre l’offre et la demande, on est en droit de s’interroger sur le profil des résidents de ce nouveau quartier chic de Tunis…Seraient-ce des Tunisiens ou des étrangers ? Quoi qu’il en soit, il ne faut pas perdre de vue un risque, celui que la bulle immobilière et spéculative n’éclate…cela s’est déjà produit subitement ailleurs, la Tunisie réussira-t-elle à éviter la chute d’un mètre² qui tutoie, actuellement, des sommets inhabituels ?
H.J.
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Commentaires
Ecrit par Faouzi 11-03-2010 14:20
Des chaussées défoncées sans éclairage, des façades d'immeubles délabrées menaçant ruine, des constructions anarchiques une vrai insulte à l'esthétique, l'anarchie totale de la circulation chaotique et je m'arrête la. Bien sûr d'aucun me dirai, mais tu exagère, tu généralise, il y a quand même des quartiers propres, c'est vrai, mais moi je veux attirer l'attention sur ce qui ne marche pas, c'est un appel aux donneurs d'ordre, il y va de notre image aux yeux du monde et surtout de nos visiteurs mais aussi de notre cadre de vie.
Il faut qu'on apprenne à se conduire en citoyen responsable. Pour que notre pays soit la suisse de l'Afrique et du monde arabe, il est urgent d'agir, il faut faire appliquer les lois, même par la répression pécuniaires et autres, Il ne suffit pas de quelques compagnes de propreté limitées dans le temps , mais bien d'un suivi quotidien qu'il faut et à tous les niveaux, à cela ne peut durer plus longtemps.
Ecrit par Faouzi 09-03-2010 22:03
Ecrit par el manchou 09-03-2010 00:24
Ecrit par Taoufik_Thala 04-03-2010 13:03
Ecrit par Mehdi 04-03-2010 12:10
passez y le soir en semaine, on dirait les studio de tournage de hollywood même pas une pièce occupé !!
les prix sont démesurés pour l'achat et pour la location (en moyenne un S+2 à 1500d), il ne faut pas prendre les riches pour des imbéciles hahahahaha