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Lundi 17 Décembre 2018         

Tunisie/ Justice transitionnelle : Les dessous du coup de force nidaiste !

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Publié le Jeudi 29 Mars 2018 à 17:08
Sihem Bensedrine, sérénité et ténacité. Le président de l’Assemblée, Mohamed Ennaceur, a dépêché une correspondance au président de la république, et au chef du gouvernement, les informant du vote intervenu lundi en plénière rejetant la prorogation du mandat de l’IVD pour une année supplémentaire. Un courrier analogue devrait âtre acheminé à l’instance elle-même l’astreignant à la fin de son mandat. Chose à laquelle, sa présidente Sihem Bensedrine a, par anticipation, opposé une fin de non-recevoir, annonçant, hier mercredi 28 Mars, la poursuite des travaux de l’instance en s’en tenant à la loi.

Le vote douteux et minoritaire de lundi dernier continue à alimenter la controverse et à diviser la scène parlementaire, politique et médiatique. Enveloppé d’un flou sans précédent, depuis que la Tunisie a commencé à faire ses premiers pas dans l’ère démocratique, celui du multipartisme et du pluralisme parlementaire, ce vote présente des contradictions même au niveau de son résultat effectif.

Immédiatement à l’issue du scrutin, il était écrit sur l’écran de l’hémicycle que la décision a été rejetée à 63 voix, avec deux abstentions. A la lecture des résultats, Mohamed Ennaceur annonçait 65 voix contre la décision et sur la page officielle de l’Assemblée, il était dit que la décision a été rejetée à 68 voix. Ce cafouillis s’ajoute à un faisceau d’autres ambiguités qui attestent de la nullité caractérisée du vote. Sa faiblesse tient-elle aussi à la difficulté qu’éprouvent ses auteurs et leurs partisans à le défendre, en se perdant dans des justifications alambiquées, et laborieuses, sans queue, ni tête.

Pour comprendre la bataille politique entre partisans et détracteurs de la justice transitionnelle, il faut revenir un peu en arrière, aux circonstances dans lesquelles ce processus est né, et s’est imposé à tous.

La loi organique relative à l’instauration de la justice transitionnelle a été adoptée en décembre 2013 par l’Assemblée nationale constituante (ANC), alors dominée par la troïka. Son adoption n’a pas été facile et n’a pu intervenir qu’après que la loi portant immunisation de la révolution, qui visait à exclure les anciens récédeistes de la vie politique, a été abandonnée, suite aux pressions exercées par la majorité actuelle, alors dans l’opposition. Celle-ci était incarnée essentiellement par Nidaa Tounes, le mouvement fondé par le charismatique et actuel locataire de Carthage, Béji Caïd Essebsi.

Une fois aux commandes, la nouvelle majorité même si elle s’est engagée, forcée, au respect du processus de justice transitionnelle, étant inscrit dans la constitution dite de la 2ème république, n’en semblait pas persuadée, d’où la proposition au début du quinquennat de l’initiative présidentielle portant sur la loi sur la réconciliation économique et financière, alors perçue comme un processus parallèle à la justice transitionnelle, et une entrave à son aboutissement.

Dans une ambiance tendue et face à de larges rassemblements et protestations de rue, le texte a fini par être adopté, en septembre 2017, deux ans après avoir été proposé dans sa version initiale, et après avoir fait l’objet d’un toilettage, au point que son auteur, le Président, en ait renoncé à la paternité. L’affrontement actuel autour de la justice transitionnelle est donc le prolongement de toutes ces tensions, et son but est d’apprivoiser, voire de détourner la justice transitionnelle dans ses tenants et aboutissants.

Sihem Bensdrine et l’IVD qui ont avancé sur un chemin semé d’embûches, étaient attendues au tournant, et leurs détracteurs ne pouvaient mieux rêver que de cette décision du conseil de l’instance, pour mener ce coup de force, dans une volonté obstinée de tirer un trait sur l’ensemble du processus, tout en sauvant les meubles, par une loi plus soft, et un processus malléable.

Une bataille politique qui trouve son prolongement dans l’espace médiatique, dans des débats tantôt impartiaux et honnêtes, tantôt emportés et chargés de parti-pris ; un climat qui n’est pas sans rappeler ce qui se faisait naguère, avec des thuriféraires qui entrent en scène pour défendre, feignant une subtilité dont personne n’est pas dupe, la position officielle et achever (médiatiquement cela s’entend) la partie à abattre, Bensedrine et l’IVD.

Réprimée, tabassée, et emprisonnée sous l’ancien régime, Sihem Bensedrine, une femme honorable, connue pour son militantisme et sa résistance au despotisme, se retrouve de nouveau calomniée, et diffamée, loin de toute critique argumentée et rationnelle. Une indécence qui ne prouve qu’une chose : la nostalgie au passé et la haine idéologique, une maladie tunisienne apparemment incurable.

Gnet

 

Commentaires 

 
-2 #1 L'IVD est une honte et dangereuse pour la Tunisie.
Ecrit par Touness elhora     31-03-2018 01:34
Les gens elli nathlou personne ne les a forcé. Cette femme cherche qu'a sont intérêt financière. Elle passe d'une Renault 4 à une Passat noire métallisée et vous dîtes une femme honorable franchement vous me faite rigoler. Elle a attaquée Bourguiba avec des indignation et des calomnies, elle trop vite c'est grâce à qui c'est une femme libre.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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