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Vendredi 24 Mars 2017         

Tunisie/ IVD : Les femmes, les cyberdissidents et leur famille restituent un passé douloureux

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Publié le Lundi 13 Mars 2017 à 17:42
Khedija YahyaouiL’Instance Vérité et Dignité (IVD) a enchaîné son cycle d’auditions publiques, à travers l’organisation de deux séances successives, les vendredi et samedi 10 et 11 mars ; la première portait sur la répression contre les femmes, et la seconde sur les restrictions à la liberté d’Internet, et les exactions infligées aux cyberdissidents, dont le martyr Zouhair Yahyaoui, en est une icône incontestée.

Zouhair Yahyaoui est décédé il y a 12 ans, jour pour jour, le 13 mars 2005. Une date commémorée par la journée nationale de la liberté d’Internet, ce lundi, au lendemain de la journée mondiale portant sur le même thème, célébrée hier dimanche 12 mars.

Le défunt, défenseur invétéré de la parole libre, s’est acharné à tenir tête au régime, et à contrer sa mainmise sur Internet, et a réussi à dévoiler ses pratiques  despotiques et répressives. Yahyaoui savait le risque encouru en s’affrontant à un régime impitoyable envers toute voix discordante, mais cela était loin de le dissuader de mener son combat jusqu’au bout, même si cela a fini par lui coûter la vie.

Khedija Yahyaoui, une mère éplorée mais digne, est venue restituer les circonstances douloureuses et inhumaines de la disparition de son fils, qu’elle a vu s’étioler petit à petit, du fait de l’ampleur de la torture, des sévices et de la répression policière dont il était victime dans les centres de détention et en prison, notamment celle de Mornaguia.

Yahyaoui avait fondé le site TUNiZINE en 2001, sous le pseudonyme Ettounsi, où il mettait à nu, avec un style ironique et sarcastique, les pratiques répressives et les violations de l’ancien régime. Espace de liberté pour critiquer une situation politique sclérosée, et dominée par la pensée unique et la propagande, TUNiZINE a fini par être découvert par la cyber-police, et son fondateur et principal contributeur, arrêté et incarcéré. Depuis, une tragédie s’est abattue sur le cyberdissident et sa famille, sans que cela ne l’ait amené, à aucun moment, à ployer l’échine ou à accepter des compromissions avec le régime.

Sa mère a raconté comment son défunt fils était privé de converser avec sa famille, lors des visites, comment le couffin qu’elle lui préparait avec soins et affection, lui parvenait dépouillé et dans un état repoussant. Elle s’est rappelée, comme c’était hier de l’intrusion de la police chez elle, et de l’égarement et de la détresse qu’elle a subie, avec son défunt père, au moment de son arrestation, pour savoir le lieu de sa détention, et s’il était  mort ou vivant.

Auditions publiques de l'IVD les 10 et 11 Mars.

Khedija était devenue veuve au moment où Zouhair était en prison, son défunt mari a succombé à la peine et au chagrin, n’ayant pu supporter, encore plus longtemps d’assister à la mort programmée de son fils. Dégageant courage et invincibilité devant l’injustice, cette dame n’est pas sans rappeler l’héroïsme des mères palestiniennes où la douleur se mélange à la fierté, de voir leurs enfants tomber sur le champ de bataille, face à la machine de guerre sioniste. Celle qui a mis le défunt militant au monde, ne demande rien d’autre, que justice soit rendue, et que ceux qui ont fait subir autant de sévices à son enfant, répondent de leurs actes et soient punis.

Le défunt Zouhair Yahyaoui se distinguait par une conscience politique, et progressiste et avait un haut sens de la morale, ce qui a fait de TUNiZINE, une tribune de soutien aux opposants politiques et aux militants des droits de l’Homme, et a permis de briser le mur de restrictions sur les libertés, disait Sami Ben Gharbia, militant et un des fondateurs du site Nawaat. Ben Gharbia a vécu en exil, aux Pays-Bas, pendant 13 ans, pour fuir les restrictions et la censure, et n’a pu retourner au bercail, qu’après la révolution en 2011, comme il l’a relaté dans son témoignage, pendant la soirée du samedi. 

Lors de cette audition, des témoignages insoutenables ont été livrés sur les répressions et les violations subies par le groupe de Zarzis, où des jeunes ont été victimes de procès iniques, de parodie de justice, et de toutes les formes inhumaines et barbares de torture, et de maltraitance, pour avoir exprimé leur intention sur Internet de se rendre en Palestine. Abdelghafar Guiza et Hamza Mahroug, accusés dans l’affaire dite des jeunes de Zarzis, ont évoqué l’acharnement punitif dont ils ont été victimes, dans les centres de détention et les geôles du régime.

La souffrance des femmes racontée par les victimes

Le vendredi 10 mars 2017, deux jours après la célébration du 08 Mars, journée internationale de la femme, c’était au tour des femmes tunisiennes, militantes de la liberté, ou celles ayant été punies, pour le simple fait de leur choix vestimentaire,  de raconter les pratiques de répression et d’agression dont elles étaient victimes.  

La défunte Mbarka Tounakti racontait, dans une vidéo enregistrée avant son décès, son calvaire pendant la visite de ses enfants, prisonniers politiques. Cinq de ses enfants, élèves et étudiants ont été incarcérés, pour leurs activités prosélytes et leur appartenance au mouvement Ennahdha.

La tragédie a commencé en 1984, comme le racontait sa fille Houda, lors d’une manifestation à laquelle participaient ses frères. S’en sont suivis descente dans leur domicile et harcèlement policier. En 1990, la répression a redoublé d’intensité, avec cinq frères derrière les barreaux. La souffrance d’une mère, tiraillée entre différentes prison, était indicible.

La militante féministe, Ahlem Belhaj Ali, a, elle, évoqué les restrictions dont étaient victimes les activistes de l’association des femmes démocrates (AFD) dès son avènement, notamment depuis les années 90, lors du durcissement sécuritaire contre les opposants et militants.

Belhaj Ali a énuméré de nombreuses violations contre les membres de l’AFD, et leur famille, dont atteintes à l’intégrité physique, arrestations, interdiction de circuler, harcèlement et restrictions professionnelles, outre des campagnes de diffamation pour les salir et les intimider.

La militante féministe a prôné la poursuite du militantisme pour une citoyenneté réelle de la femme tunisienne.

La syndicaliste, militante et ex-membre du mouvement Perspectives, Raoudha Gharbi, a relaté les nombreuses arrestations dont elle était victime dans les années 70, et la torture qu’on lui faisait subir. La militante a dit avoir été victime de contrôle sécuritaire constant : "La prison était plus supportable que cet état de terreur et de peur permanente de l’intrusion policière".

Les femmes voilées avaient subi aussi toute forme de restriction et de harcèlement policier, en vertu de la fameuse circulaire 108.

Ines Jefnaoui a raconté le harcèlement et les restrictions qu’elle a subis à la faculté, pour avoir porté le voile, empêchée, qu’elle était, d’assister aux cours et de passer les examens, jusqu’à son renvoi, bien qu’elle ait été brillante.

La jeune dame, qui se défend de toute activité partisane, syndicale ou militante, a demandé à la Secrétaire Générale, l’ayant privé de poursuivre ses études, de demander des excuses, tout en exprimant son désir de retrouver les bancs de l’université.

"La circulaire 108 a détruit de grands espoirs", a renchéri la militante politique, Najet Ichaoui, évoquant, à son tour, les restrictions dont elle était victime dont le renvoi, l’émigration forcée, l’incarcération après le retour et la torture en prison, se vantant néanmoins, d’avoir battu en brèche la formule selon laquelle le voile serait symbole de régression.

La militante a plaidé pour une réécriture de l’histoire en vue de réhabiliter la femme militante et en reconnaitre la contribution à des épisodes charnières de l’histoire nationale.
Gnet

 

Commentaires 

 
0 #1 Cyber-dissidents?
Ecrit par Léon     16-03-2017 10:23
"Cyber-dissidents", dites-vous? Un bien gentil vocable pour désigner ceux qui ont été formé par Freedom House, Otpor, les filiales de la cia et l'argent de georges soros. Des ONG ici et là financées par les pays d'accueils respectifs pour mettre fin à la Tunisie et au monde arabe.
La Libye? C'est fini! Le Yémen et l'Irak aussi. La Syrie résiste avec l'aide de Dieu par les mains de Poutine.
Bourguiba, du fond de sa tombe, n'a pas laissé faire les printologues proctologues. Ses institutions et son sens de l'état, ont au moins sauvé la géographie du pays. L'état a existé même après que les traitres se sont employés à l'occire. Les défenseurs du Bouguibisme, que nous sommes, sauveront le reste du pays, n'en déplaise aux traitres, souvent haineux et régionalistes.
Donc, dites plutôt "Cyber-collabos". C'est plus approprié.

Léon, Min Joundi Tounis.

VERSET 112 de la SOURATE des ABEILLES.
 
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