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Lundi 20 Août 2018         

Tunisie/ Conseillers de l’exécutif : Est-ce pour désamorcer la tension ou pour l’attiser ?

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Publié le Mardi 07 Août 2018 à 13:55
Habib Essid a appelé à la pérennité du gouvernement le 29 août 2019.Carthage et la Kasbah ont annoncé, hier lundi 06 août,  la nomination de deux conseillers. Le président de la république, Béji Caïd Essebsi, a nommé l’ancien chef du gouvernement, Habib Essid, en tant que conseiller personnel chargé des affaires politiques. Le chef du gouvernement a lui étoffé son équipe de conseillers, par un homme qui a occupé plusieurs hautes fonctions, sous l’ancien régime, en la personne, de Kamel Hadj Sassi. Ces annonces faites le même jour, interviennent en période de froid persistant entre les deux têtes de l’exécutif, entrées manifestement dans une période de cohabitation…

Au-delà des usages qui font du conseil politique, une pratique routinière et générale à tous les régimes, le président et le chef du gouvernement, principaux protagonistes de la crise politico-institutionnelle, ont bien besoin à ce stade d’être conseillés, et de s’ouvrir sur de nouvelles idées, opinions et analyses en vue de sortir de l’impasse actuelle, avec le moins de dégâts possibles pour eux-mêmes et le pays. C’est ce qui enlève toute neutralité aux dernières nominations, dont la signification tient essentiellement à leur timing et au profil des personnalités choisies.

Vu par Habib Essid, lui-même, son accession à l’honorable poste de conseiller politique du président, serait ressentie comme une réhabilitation, deux ans après son éviction de la primature, jugée, à l’époque, humiliante et précipitée.

Dans l’autre sens, le fait que Béji Caïd Essebsi le sollicite de nouveau, et le fait entrer au sérail, traduit regret et aveu de fausse appréciation. L’initiative présidentielle, lancée il y a deux ans, de la formation d’un gouvernement d’union nationale, et de l’élaboration d’un pacte politico-économico-social, dit document de Carthage, l’a été sur un constat d’échec du gouvernement d’Habib Essid. La prestation de ce dernier était jugée insuffisante, et ses résultats en matière de résolution des innombrables difficultés du pays, peu probants. Un jugement qui n’est plus de mise aujourd’hui, du moment où de nouvelles responsabilités lui sont confiées.

Il est clair que le chef de l’Etat cherche, à travers cette nomination, à agacer Youssef Chahed. Outre le fait de lui montrer que son prédécesseur lui est resté loyal et obéissant en toute circonstance, là où lui s’est rebellé contre sa supposée autorité –acquise non par la constitution mais par la légitimité électorale-, il a l’air de lui signifier, qu’avec Habib Essid à ses côtés, il saura tout sur les rouages, les vulnérabilités et les dossiers de la Kasbah, et saura de ce fait retourner la situation en sa faveur, s’il le souhaite.

La nomination de Kamel Hadj Sassi en tant que conseiller sans mission déterminée, à la présidence du gouvernement, à une période de remise en selle des anciens et de leur sortie de la disgrâce les ayant frappés les premières années de la révolution, est-ce une riposte au palais, ou est-ce juste un hasard du calendrier ? Un point qui reste à élucider. 

Reste un élément non-négligeable à prendre en ligne de compte. L’état d’esprit du nouveau conseiller politique de BCE et son opinion sur son successeur et son gouvernement.

Il y a presque deux ans, le 29 août 2016, Habib Essid avait souhaité, lors de son discours de passation des pouvoirs, la pérennité du gouvernement Chahed. "Notre pays ne supporte plus des gouvernements successifs, ce gouvernement doit rester jusqu’aux prochaines élections", avait-t-il prôné, ajoutant sur un ton ironique : "j’espère qu’après l’initiative (présidentielle), on n’aura pas "de Fatwa Sidi Cheikh", pour changer le gouvernement".

Deux ans après, ce n’est point de Fatwa dont il s’agit, mais d’une rétraction sur l’initiative présidentielle. Le document de Carthage passe à la trappe, le gouvernement d’union nationale perd une majeure partie de son cordon politique, et le conflit se substitue au consensus dans la gestion des affaires du pays. Tout ça dans une conjoncture rude.

La sagesse dit que les nouveaux conseillers s’ingénient à désamorcer la tension, au lieu de l’attiser. A moins qu’ils soient chargés d’une mission inavouée dans le prolongement de cette guerre de clans, répondant plus aux intérêts des personnes, qu'à ceux du pays.  

Gnet

 

Commentaires 

 
0 #1 RE: Tunisie/ Conseillers de l’exécutif : Est-ce pour désamorcer la tension ou pour l’attiser ?
Ecrit par Agatacriztiz     08-08-2018 11:57
Bientôt, même le chaouch du ministère aura son conseiller, ce cirque devient honteux pour notre pays !
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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