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Mercredi 20 Septembre 2017         

Tunisie/ Chine : Les points sous-jacents à l’échange Yuan/ Dinar

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Publié le Mercredi 14 Décembre 2016 à 17:14
Désormais le dinar pourrait s'échanger contre le Yuan. Face à la dégringolade du dinar devant les devises traditionnelles qui régissent le commerce international, la Tunisie se tourne vers le Yuan pour minimiser autant que faire se peut les risques de change en cette période de panade, et minimiser sa dépendance des zones euro et dollar. C'est dans ce contexte qu'il faut placer l'accord conclu pour l'échange du dinar et du Yuan.

Un mémorandum d’entente et de coopération a été signé lundi 12 décembre à Pékin entre le gouverneur de la banque centrale de Tunisie, Chedly Ayari, et son homologue chinois, en vue d’une plus grande ouverture entre les secteurs bancaire et financier des deux pays, indique la BCT dans un communiqué paru sur son site.

Les deux parties ont convenu de conclure une convention  entre leurs banques centrales respectives, pour échanger le Yuan chinois et le dinar en vue de payer une partie des transactions commerciales et financières par la monnaie nationale, ce qui permet de réduire les risques de change pour les deux parties, et incite les investisseurs chinois d'importer du marché tunisien.   

Tunis et Pékin ont également examiné la possibilité d’émettre un emprunt obligataire tunisien sur le marché financier chinois, en vue de mobiliser des fonds contribuant au  financement des projets de développement économiques en Tunisie, comme ils ont envisagé une plus grande coopération entre les marchés boursiers des deux pays.

La BCT avait annoncé dernièrement avoir étudié l’opportunité de l'introduction de la monnaie chinoise (Yuan chinois) dans les réserves en devises.

Ce rapprochement entre deux pays, si  éloignés géographiquement, revêt d’importantes dimensions pour l’un, comme pour l’autre. 

La Tunisie est confrontée à l’une des plus graves crises économiques et financières de son histoire. L’aggravation du déficit, le recul des investissements, et la baisse des exportations ont été accompagnés par une chute vertigineuse du dinar face à l’euro et au dollar, ce qui est en majeure partie à l’origine du déséquilibre abyssal de la finance publique. La dépréciation de la monnaie a beaucoup nui à la Tunisie dont 80 % des transactions commerciales se font avec l’Union européenne, son partenaire traditionnel.

Le pays, à l’économie plutôt libérale et dont l’adhésion à la mondialisation est vouée à s’accentuer avec les accords de libre échange envisagés notamment avec l’Europe, via l’accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA), est dans l’obligation de diversifier ses partenaires économiques et de conquérir de nouveaux marchés pour l’écoulement de ses produits, afin de s’affranchir d’une dépendance occidentale préjudiciable.

La Tunisie a beaucoup à gagner à s’allier avec la Chine, l’atelier du monde comme on la baptise, et dont la progression économique fulgurante fait trembler les puissances occidentales, a fortiori que le principe gagnant/ gagnant est assuré. 

L’empire du milieu  cherche à étendre sa zone d’influence en Afrique et dans le monde arabe, une zone qui est l’objet d’une compétition internationale irréductible, et dont est en grande partie tributaire, la configuration mondiale des rapports de force. 

La Chine est déjà bien implantée en Afrique en termes d’investissement, au point de susciter les jalousies des pays occidentaux. Avant la Tunisie, elle a conclu un accord avec l’Egypte pour l’échange entre le Yuan et la livre égyptienne, comme elle a auparavant scellé un accord analogue avec la Turquie.

Pékin choisit le rapprochement avec des économies en crise,  mais qui présentent de vastes opportunités et d’énormes marges de progression. Ce processus intervient au moment où le torchon  brûle entre la Chine et l’Amérique de Donald Trump. Le président élu est en train de narguer l’empire du milieu sur sa politique de Chine unique (refus de l’indépendance de Taïwan), menaçant de la rompre si Pékin ne se résout pas à faire des concessions sur le Commerce.

Toutes les tensions et les guerres patentes ou latentes qui enflamment le monde ont pour toile de fond le commerce ; c’est à cette aune que se mesure la puissance des pays, et leur degré de souveraineté et d’indépendance. Au protectionnisme annoncé de Trump, la Chine oppose plus d’ouverture et de libéralisme. Reste à craindre que les tensions sino-américaines ne dégénèrent, et que l’affrontement entre la Chine et l’Occident prévu de longue date ne soit imminent.
H.J.

 

Commentaires 

 
-1 #1 RE: Tunisie/ Chine : Les points sous-jacents à l’échange Yuan/ Dinar
Ecrit par Montygolikely     15-12-2016 11:41
On doit commencer à apprendre le "petit livre rouge" par coeur, on ne sait jamais...
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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