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Mercredi 28 Juin 2017         

Tunisie/ Auditions publiques : Déterrer les violations du passé, une douleur nécessaire !

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Publié le Lundi 21 Novembre 2016 à 16:50
La première séance d'auditions publiques, jeudi 17 novembre 2016. Les jeudi et vendredi, 17 et 18 novembre 2016, des anciens prisonniers d’opinion, rescapés de la dictature et les proches des martyrs tués sous la torture, ont livré leurs témoignages sur les violations graves et les sévices qu’ils ont subis tout au long de la période 1955 – 2013, notamment sous les régimes de Bourguiba et Ben Ali. C’était lors d’auditions publiques organisées par l’Instance Vérité et Dignité (IVD), pour la révélation de la vérité, l’une des étapes fondamentales du processus de justice transitionnelle. 

Aussi poignants les uns que les autres, ces témoignages racontaient l’ampleur des violations qui se pratiquaient sur des détenus politiques issus de différentes idéologies et familles politiques, celles qui dépassaient leur personne pour atteindre leurs proches, objet de restrictions policières, d’atteinte à la dignité, privés de source de subsistance, psychologiquement et socialement détruits...

Dans ces récits troublants, les limites humaines ont été franchies d’un côté, comme de l’autre : de celui de la victime, de la manière dont elle a puisé sa force pour supporter de telles exactions déshumanisantes,  se tenir debout après pour reprendre une vie normale ou presque, et du côté du bourreau et sa capacité de faire montre d’une pareille cruauté pour infliger une telle punition à des êtres humains et les faire souffrir de la manière la plus terrifiante qui soit.

Les violations des droits de l’homme et les atteintes à l’intégrité physique des prisonniers politiques sont liées à un passé récent et sont connues de tous, le secret des exactions n’a pas été révélé pendant ces deux longues soirées d’auditions publiques retransmises en direct la semaine écoulée ; le fait d’écouter et de regarder ces mères éplorées, ces frères meurtris et les survivants des exactions raconter leur expérience, replongeait les Tunisiens dans la terreur des années de plomb, et conférait un visage concret à la tragédie, suscitant forte émotion et empathie au sein de l’opinion publique.

Déterrer ces souffrances permettait aux victimes et à leurs familles d’entamer leur thérapie et de se reconstruire, et aux Tunisiens de savoir ce qui s’est passé, en attendant de connaitre la suite, de manière à ce qu’ils puissent représenter désormais une partie des  garde-fous à mettre en place afin de barrer la route à de telles dérives dans le futur.   

Ceci n’a pas néanmoins empêché la polémique ; certaines voix se sont élevées pour critiquer le processus dans son ensemble, dire son inutilité et sa dangerosité à raviver les divisions et les rancœurs, jeter le discrédit sur l’IVD, pointer sa partialité, mettre en cause le choix des victimes, etc. Un pareil sujet devra pourtant faire l’objet d’une unanimité et constituer un motif d’union nationale dans la mesure où il a trait à l’atteinte à la dignité humaine dans ce qu’elle a plus de plus sacrée que l’on devra œuvrer individuellement et collectivement à préserver. A fortiori qu'il a touché toutes les familles politiques sans exception.  

Il est dans l’intérêt de la Tunisie, que le processus de justice transitionnelle soit mené à son terme, afin que le pays soit réconcilié avec son passé, que les blessures soient cicatrisées, que les rancœurs soient conjurées pour que l’avenir soit abordé autrement, et que plus jamais de telles violations ne se reproduisent.

Les objectifs assignés au processus de justice transitionnelle sont cruciaux en matière de construction démocratique,  s’agissant notamment de la préservation de mémoire, de la réforme des instituions et de réconciliation nationale. Les choses ne sont pas certes si simples, et ce processus que d’aucuns jugent tardif intervient dans un contexte difficile, où le pays est aux prises avec des défis de différentes natures. Cela reste, toutefois, un mal nécessaire sans lequel la transition démocratique demeurera inachevée.

La Tunisie a besoin de réformes profondes et radicales pour amorcer son redressement et sortir de l’ornière, lesquelles devront toucher les aspects institutionnels et socio-économiques, mais aussi sécuritaire et judiciaire, tout cela doit être accompagné d’un apaisement des âmes et des esprits ne pouvant avoir lieu qu’une fois la justice est rétablie et que la victime est réhabilitée, loin de tout esprit vindicatif.
H.J.

 

Commentaires 

 
+1 #1 RE: Tunisie/ Auditions publiques : Déterrer les violations du passé, une douleur nécessaire !
Ecrit par Montygolikely     22-11-2016 08:20
Attention de ne pas tomber dans la spirale de la dénonciation et du règlement de comptes...
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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