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Jeudi 15 Novembre 2018         

Tunisie/ ALECA : Les problèmes en suspens envoyés à Bruxelles, du 10 au 14 décembre

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Publié le Mardi 06 Novembre 2018 à 16:18
Hommes d’affaires, experts économiques tunisiens et étrangers se sont réunis ce mardi 6 novembre au siège de l’UTICA à Tunis. Au programme, l’accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA), actuellement en négociation entre la Tunisie et l’Union européenne.

L’ALECA est un accord de libre-échange économique et commercial entre la Tunisie et l’Union Européenne. Ce texte touche de nombreux secteurs, mais les plus importants restent l’agriculture et les services.

Avec cet accord, la Tunisie voudrait soutenir le développement de ses entreprises à l’étranger. Il s’agira notamment de simplifier les procédures administratives pour les entreprises exportatrices, promouvoir les sociétés de services tunisiennes en facilitant leur mobilité et enfin mettre à niveau les secteurs dits à haut potentiel, tout en développant les secteurs plus sensibles comme l’agriculture.

Ghazi Ben Ahmed, Directeur de l’Initiative Méditerranéenne pour le Développement et auteur d’un guide sur l’ALECA explique. "L’ALECA est une très bonne opportunité pour la Tunisie. Il faut rappeler que c’est un partenariat, ce qui implique que cet accord apportera avec lui des aides économiques et financières qui vont aider la Tunisie à se mettre à niveau. Ce n’est pas possible d’ouvrir le marché agricole sans mise à niveau".
Ghazi Ben Ahmed.
En négociation depuis 3 ans, l’ALECA est encore en pleine réflexion, surtout côté tunisien. En effet, si l’Union Européenne a déjà donné ses orientations et propositions, la Tunisie n’y a toujours pas vraiment répondu. Le texte actuel n’est qu’une ébauche de ce que doit être une opportunité pour le pays de dynamiser son économie et la rendre plus accessible. Le troisième round des discussions entre les deux parties devrait avoir lieu du 10 au 14 décembre prochain.

Trois ans, cela peut paraître une éternité, mais en réalité il est nécessaire que la Tunisie prenne le temps de la réfléxion. En effet, cet accord pourrait avoir de lourdes conséquences. Dans une étude publiée en octobre dernier par le Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux (FTDS), des craintes ont été soulevées au sujet de l’ouverture et la massification de l’investissement dans le cadre de l’ALECA. Et ces craintes se manifestent encore plus dans le secteur agricole. « Il est à craindre que de nombreux agriculteurs ne disparaissent face à la concurrence européenne », prévient le FTDS dans son étude. Cela toucherait notamment les céréales, le lait et la viande. 

De son côté l’UTAP craint également une concurrence extrême. Dans un communiqué rendu public récemment, la centrale agricole appelle le gouvernement à plus de vigilance quant à la signature, courant 2019, de cet accord.  En effet, comment faire face à une économie agricole aussi importante que celle de l’Europe quand on est un petit pays comme la Tunisie ? Le risque c’est que les agriculteurs tunisiens deviennent ouvriers sur leurs propres terres. C’est là qu’intervient la mise à niveau du secteur agricole, prévu dans les texte…ne reste plus qu’à la garantir.

Pour Ghazi Ben Ahmed, l’ALECA est la seule solution viable à court terme. « La Tunisie n’a pas d’autre solution que de se joindre à l’Union Européenne. Il y a l’Afrique mais ce n’est pas un marché abordable. L’ALECA est un instrument à la carte. Nous pouvons choisir ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas. Dévaluation du dinar, inflation, dette qui n’est pas prête de diminuer, il faut sortir de ce cercle vicieux qui s’installe. Regardez le Maroc, ils ont déja pris 15 ans d'avance sur la Tunisie», dit-il.
 
Autre sujet important, celui de la mobilité. Qui dit zone de libre-échange, dit circulation des personnes. Dans le cadre du deuxième round des négociations en mai dernier, la Tunisie a plaidé en faveur d’une mobilité libre et sans visa pour les professionnels. En effet, il s’agit là d’une condition sine qua non au développement des entreprises tunisiennes à l’étranger.
 
Si les Européens peuvent de leur côté aller et venir librement en Tunisie, ce n’est pas le cas des Tunisiens. Mustapha Mezghani, est expert en politique publique. Il nous explique les entraves auxquelles font face nos entreprises. 

« Premièrement, en termes de mobilité, il y a des problèmes avec la délivrance des visas. Deuxième chose, il ne faut pas oublier que la Tunisie a été pendant un moment estampillée paradis fiscal par l’Europe. Ainsi, les entreprises tunisiennes qui veulent ouvrir des filiales en France, par exemple, rencontrent des problèmes rien que pour ouvrir un compte bancaire parce qu’il y a des soupçons de blanchiment. L’ALECA doit prévoir une meilleure approche pour la mobilité ». 

Dans ses propositions, l’Union Européenne fait déjà référence à la mobilité en proposant des durées de séjour en fonction de la mission…mais quid de la facilitation des procédures de visa.

L’ALECA pourrait donc servir d’opportunité pour abolir tous ces obstacles. Encore faut-il que la Tunisie négocie de manière équitable sans se laisser dominer par l’Europe.

La Tunisie est un tout petit marché qui ne peut pas vivre en autarcie. Elle a besoin d’un marché global. L’ALECA pourrait donc constituer un levier de développement économique exceptionnel s’il est négocié avec intelligence et fermeté. Le troisième round des négociations, qui se tiendra du 10 au 14 décembre à Bruxelles, permettra à la Tunisie de faire ses propositions et de mettre en avant ses points forts.

Wissal Ayadi
 
 

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