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Dimanche 30 Avril 2017         

Tunisie/ 20 Mars : L’indépendance à l’épreuve des aléas de l’histoire !

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Publié le Vendredi 17 Mars 2017 à 17:59
Bourguiba, celui qu'on appelait le père de l'indépendance. La Tunisie s’apprête à célébrer dans trois jours, le lundi 20 Mars, le 61ème anniversaire de son indépendance. Une date clef dans l’histoire nationale contemporaine, qui marque l’affranchissement du pays du joug de la colonisation française, fruit d’une lutte acharnée, des précurseurs du mouvement national, menés par Habib Bourguiba et autres ténors du Néo-Destour.

Il y a plus six décennies, commençaient la construction de l’Etat moderne, et dans la foulée l’instauration du régime républicain, d’abord par l’élection d’une Assemblée constituante ayant donné lieu, trois ans après, à l’adoption d’une constitution, celle du 1er juin 1959, et ensuite par la chute du beylicat et la proclamation de la république, le 25 juillet 1957.  Un processus ayant jeté les germes de la bataille pour le développement et de la modernisation de la société, ponctuées par la promotion de l’éducation de masse et de la scolarisation obligatoire ; la déconstruction du modèle patriarcal, et l’émancipation de la femme à travers la promulgation du code du statut personnel CSP, et le démarrage au milieu des années 60 de la politique de planning familial et de maîtrise des naissances, ayant permis de maintenir l’accroissement démographique dans des proportions nettement  inférieures à celles enregistrées dans les pays de la région arabo-musulmane.

Cet élan réformateur progressiste initié par Bourguiba, a permis de transformer peu à peu la société, en exceptant, néanmoins, les volets économico-politiques. Réfractaire à toute ouverture politique, et habité par une haine quasi-viscérale de la démocratie et du pluralisme,  et un dédain pour ses opposants, qu’ils soient issus du milieu politique, syndical ou civil, le premier président de la Tunisie n’a, à aucun moment de son règne, tenté d’engager le pays sur la voie de la démocratisation.

Sur le plan économique, la Tunisie a été un champ d’expérimentation de plusieurs modèles : le  libéralisme de Hédi Nouira, le système des coopératives de Ben Salah... tous voués à l'échec. Le socialisme prôné par le PSD (parti socialiste destourien) est resté au stade du slogan intangible, sans réelle prise sur la réalité. Les disparités régionales trouvent leur origine dans les politiques d’indépendance, où les régions côtières ont été favorisées au détriment des régions intérieures notamment du Nord-Ouest et du Sud, qui restent jusque-là plongées dans une arriération endémique.

La présidence à vie telle que voulue par celui qui cultivait le culte de la personnalité n’a pas eu lieu. Le bourguibisme a fini par donner lieu au novembrisme dans des circonstances connues de tous, et aux 23 ans de règne de l’ancien régime, dont les réussites économiques de façade, ne doivent en aucun cas, dissimuler les dérives, la corruption, la répression, la torture et autres pratiques despotiques. Même si d’aucuns ont tendance à voir les choses autrement, eu égard à la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui le pays.

La subordination financière de l’étranger menace l'indépendance
Il y a six ans, la Tunisie a entamé un processus de transition démocratique, vivant depuis un climat de liberté et de pluralité jamais connu auparavant. Moyennant un processus difficile et cahoteux, elle a réussi à adopter une nouvelle constitution le 26 janvier 2014, par la deuxième ANC de son histoire, laquelle est censée la faire entrer dans l’ère de la deuxième république.

Le bilan des six dernières années est mitigé et la relative réussite politique est en train d’être vidée de sa substance, face à une conjoncture économique périlleuse, et à une incapacité nationale de sortir le pays de l’ornière, du fait de l’échec des sept gouvernements qui se sont succédé de préconiser les solutions qu’il faut aux problèmes posés, du manque d’engagement des organisations et différents corps de métiers pour privilégier l’intérêt national, par rapport aux intérêts corporatistes, et de la démission du peuple qui a cessé tout bonnement de travailler, et s’est rebellé contre les règles et la loi. Ces facteurs réunis ont fait que la Tunisie dépend aujourd’hui pour sa survie économique et financière, des institutions de Bretton Woods, du FMI et de la Banque mondiale et autres bailleurs de fonds, et que l’Etat, dont les caisses sont dégarnies au plus haut point, attend le déblocage des crédits promis, notamment par le fonds monétaire international, pour respirer, et remettre, autant que faire se peut, ses comptes à l’équilibre.

L’affaiblissement économique et la subordination financière de l’étranger constituent aujourd’hui les principales menaces à l’indépendance et à la souveraineté nationale. La décolonisation n’est pas un acquis irréversible, notamment en ces temps d’instabilité régionale et d’incertitude mondiale.

Un pays ne peut prétendre être maître de son destin, et libre de ses choix et décisions, que s’il s’appuie sur des leviers concordant vers sa solidité et résilience économique, à travers une maîtrise du savoir, des sciences, des technologies, une agriculture moderne génératrice d’autosuffisance alimentaire, bref une économie créatrice de richesses au service du progrès et du bien-être du peuple, sans quoi, il n’aura aucune place dans le concert des nations.

Les colons chassés il y a 61 ans par la porte, pourront revenir, même sous d’autres noms et formes, par la fenêtre. Un pays sous-développé est une proie facile pour le néocolonialisme, et la Tunisie fête son indépendance en étant, hélas, encore frappé par le sous-développement. A quand l’émergence ?
H.J.

 

Commentaires 

 
-1 #1 Pêle-mêle
Ecrit par samaris     18-03-2017 11:36
Des solutions il y en a. Il faut juste avoir le courage et l'honnêteté au moins d'en discuter sans se rentrer dedant.
- Embauchement massif (disons de 400.000 chômeurs)pour nettoyer le pays.
Et en passant, fusionner (Cela se passe dans la tête)les ministères du Tourisme et de l'Aménagement du Territoire en un seul super-ministère qu'on appellera le Ministère de la Grande Vaisselle.
- Donner une image plus digne de notre tourisme.
- Institutionnaliser l'Islam tunisien comme unique forme de religion pour les croyants musulmans. Le salafisme, la barbe, le voile et autres niqabs ne nous représentent pas.
En finir avec les écoles coraniques, kouttabs et autres jardins d'enfants à haut relent salafiste et les remplacer par des écoles, des universités et des programmes bien structurés et orientés vers une véritable éducation pour la Citoyenneté (comme a fait Zapatero).
La religion se professe chez soi et s'étudie désormais dans les cours d'Histoire.
- Remodeler le CSP pour le déparasiter de tout son carcan islamo-phallocrate..
- Parions sur les femmes. Les faire acceder d'une manière beaucoup plus significarive aux postes-clés des Gouvernements à venir.
- Faire payer plus d'impôts aux riches. La complaisance, c'est fini.
- Gel des doubles payes des fonctionnaires de l'État pour une période de cinq ans. (Ils vivent quand même mieux que les chômeurs et les habitants des régions défavorisées). Le pouvoir d'achat se stabilise quand on crée des emplois.
- Miser sur l'Agriculture et le commerce Écolo.
- Demander Pardon au peuple pour la loi 52.
- Soyons toujours fiers d'être Tunisiens.
Ce n'est pas un vain mot.
C'est le vingt Mars.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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