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Samedi 21 Avril 2018         

Tunisie : Youssef Chahed va-t-il pouvoir continuer jusqu’en 2019 ?

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Publié le Jeudi 21 Décembre 2017 à 17:25
Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, ne manque pas une occasion pour défendre son bilan, et souligner l’amélioration des indicateurs économiques, soit la hausse de la croissance, la reprise du tourisme, du phosphate, de l’investissement, etc., une légère embellie qui reste, néanmoins ternie, par la détérioration des équilibres macro-économiques du fait de l’explosion du taux de la dette extérieure frôlant les 70 % du PIB, l’approfondissement du déficit, et la baisse des réserves en devises, etc. Des indicateurs que le locataire de la Kasbah s’est assigné pour objectif de faire passer au vert à l’horizon 2019. En aura-t-il l’occasion ? Le laissera-t-on faire ?

Des questions qui se posent d’autant plus, face aux critiques qui visent de plus en plus le jeune Premier ministre, et son gouvernement, d’avoir échoué sur toute la ligne, et aux appels réclamant son départ  et son remplacement par un gouvernement apolitique, qui serait mieux à même de prendre la situation à bras le corps.

Mardi dernier, Ahmed Nejib Chebbi, qui fait son retour à la vie politique par le mouvement démocrate, atteste de l’échec du gouvernement et suggère de lui substituer un gouvernement non-partisan en vue de sauver le pays.

Le gouvernement actuel a essuyé "un échec cinglant" dans les domaines politique et économique, et s’est attiré des critiques de toutes les composantes et organisations nationales, excepté de l’UGTT, a souligné avant-hier, mardi 19 décembre, Néjib Chebbi, prônant "l’alternance pacifique au pouvoir", à travers la préparation aux élections présidentielles et législatives de 2019, en vue de rompre avec l’actuel dispositif politique, celui de "l’échec" et de "la corruption".

Ce jeudi 21 décembre, c’est au tour de l’ancien dirigeant de Nidaa Tounes, et président du comité constitutif de Tounes Awalen (la Tunisie d’abord), Ridha Belhaj, de s’attaquer à Youssef Chahed, et de réclamer son départ.

Le gouvernement a perdu "la légitimité de l’action" (شرعية الأداء), tout autant que la majorité qui le soutient, et n’est plus en mesure de continuer, a-t-il souligné sur Jawhara, déplorant "les résultats économiques catastrophiques" du gouvernement, et l’incapacité de Youssef Chahed de gérer la crise politique, notamment celle du parti Afek Tounes. "Youssef Chahed n’avait pas le droit de s’immiscer dans les affaires internes d’Afek et de maintenir des ministres dont le parti a décidé de quitter le gouvernement," a-t-il dit.

Belhaj appelle à la formation d’un gouvernement de compétences qui aura à gérer les affaires jusqu’aux prochaines élections, et dont les membres n’auront pas le droit de s’y porter candidat, signalant que l'échéance de 2019 sème le trouble et empêche Youssef Chahed et ses ministres de travailler.

Au-delà de la crise multiforme qui sévit dans le pays, dont les raisons sont multiples, le fond de ces appels à remplacer le gouvernement est clair, c’est la perspective de 2019, et la course à la présidentielle, où Youssef Chahed, qui ne s’est pas encore prononcé sur ses intentions de solliciter ou non les suffrages de Tunisiens, risque d’être un adversaire redoutable. Sa popularité dans les sondages, où il détient la meilleure côte de confiance, gêne manifestement, et lui attire des hostilités en milieu politique.

Avec l’avènement de l’année 2018 et l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions de la très contestée loi de finances, il n’est pas exclu que les critiques contre le gouvernement s’accentuent et que les appels à son départ se multiplient.

Le spectre de l’instabilité plane de nouveau sur le pays, qui a déjà connu sept chefs du gouvernement, au cours de ces sept dernières années, une inconstance qui en est pour beaucoup dans l’accumulation des difficultés, et la persistance de la crise. En effet, les gouvernements de l’après 14 janvier ont été engagés dans une espèce de contrat à durée déterminée (CDD). Aucun d’entre eux n’a eu le temps de mener jusqu’au bout ses politiques, et programmes, se limitant à une gestion improvisée et dans l’urgence, et laissant à chaque fois la place au suivant qui reprend tout à zéro, et c’est à chaque fois un retour du pays à la case départ.

Cette succession de gouvernements et cette instabilité politique ont beaucoup nui à l’image du pays, et ont été toujours invoquées par les agences de notation, pour en justifier l’abaissement de la note souveraine. Un énième changement de l'équipe gouvernementale va encore aggraver la situation, avoir des retombées extrêmement graves sur l’économie, et couper l’élan des premiers signes de la reprise.

Gnet

 

Commentaires 

 
0 #1 Laissez le travailler...
Ecrit par Montygolikely     22-12-2017 18:27
Nidaa, Ennahda et l'UPL n'ont qu'une hantise, celle que Chahed se présente aux prochaines élections présidentielles et veulent remplacer l'actuel premier ministre par un être insipide "bon chic bon genre" du type Chebbi.
S'ils n'ont pas encore sondés les Tunisiens sur ce qu'ils pensent d'un Ghannouchi, Hafedh Caïd Essebsi ou d'un Riahi (le Bon, la Brute et le Truand, ils devraient le faire assez vite pour évaluer l'impopularité grandissante de ces derniers dans l'opinion publique.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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