sur   
Suivez-nous
Accueil l Temps Fort l National l Monde l Sport l Net & Informatique
Mercredi 14 Novembre 2018         

Tunisie : Un large remaniement ministériel attendu, la cohabitation va se confirmer !

Imprimer
Publié le Mardi 23 Octobre 2018 à 16:38
Le conflit entre les deux têtes de l'exécutif se confirmera. Youssef Chahed aurait commencé les tractations en vue du prochain remaniement, lequel serait large, et marquerait un changement de la nature de la coalition gouvernementale. Nidaa n’y figurerait plus. Le mouvement passera à l'opposition. Il sera remplacé, selon toute vraisemblance, par la coalition nationale, et  Machrou Tounes...

Le paysage politique est en train de se recomposer pour la énième fois, sur fond d’une dispute autour de la famille dite centriste, celle qui s’accorde la mission de restaurer l’équilibre politique, actuellement bancal. Un nouveau rapport de force politique est ainsi en train de prendre corps dans le pays, qui est la traduction du mouvement enclenché à l’Assemblée des représentants du peuple. Le paysage parlementaire est encore loin de se stabiliser, et on a du mal à voir, à ce stade, qui est dans la majorité, et qui est dans l’opposition, hormis Ennahdha et le front populaire qui ont su garder une certaine constance en termes de nombre et de positionnement politique depuis les élections, épargnés qu’ils étaient par cette espèce de nomadisme entre les blocs, communément appelé tourisme partisan.

Les fluctuations parlementaires ont pour origine la désagrégation de Nidaa Tounes, et des nombreuses sécessions qu’il a connues. Le parti vainqueur des législatives de 2014, n’a pas su garder son unité et donc sa majorité parlementaire, et a fini par s’effriter en termes partisan et parlementaire.

La discorde autour du point 64, et le gel du document de Carthage qui s’en est suivi depuis fin Main dernier, ont provoqué une profonde fissure au sein d’un bloc déjà affaibli, entre ceux qui sont pour le départ de Youssef Chahed et son gouvernement, et d’autres qui sont pour son maintien, moyennant un remaniement ministériel. Le groupe de la coalition nationale que l’on dit, un soutien du locataire de la Kasbah a vu le jour, et est parvenu à ratisser large, jusqu’à occuper la deuxième place à la dernière rentrée parlementaire, reléguant Nidaa à la troisième place.

Annoncée le 16 octobre, la nouvelle configuration parlementaire présentée en tant que celle de la cinquième session parlementaire de la première législature, plaçait Ennahdha (68 députés), Coalition nationale (51 députés), et Nidaa Tounes (39 députés), en trio de tête. Une configuration qui se révèle être éphémère, le paysage parlementaire sera de nouveau chamboulé, dans la foulée du ralliement surprise de l’UPL de Slim Riahi à Nidaa de Hafedh Caïd Essebsi.

Le bureau de l’Assemblée a pris acte lors de sa réunion d’hier de la démission de 13 députés du groupe de la coalition nationale qui ont demandé de rallier le bloc de Nidaa Tounes, et un seul député qui entend faire le chemin inverse. Avec ces nouveaux va-et-vient, une nouvelle physionomie parlementaire sera annoncée lors de la prochaine plénière de l’Assemblée, prévue après-demain jeudi 25 octobre, et replacera, par une espèce de commutation, Nidaa  à la deuxième place avec 51 députés, et la coalition nationale à la troisième place avec 39 députés.

Le remaniement ministériel que l'on dit large et profond verrait le départ de plusieurs ministres, et l’entrée de nouveaux titulaires de différents portefeuilles ministériels, tant indépendants, que partisans. Les ministres partisans proviendraient d’Ennahdha, de la coalition nationale et fort probablement de Machrou Tounes. Les deux groupes ont en effet conclu un accord pour la coordination et l’unification de leurs positions. Machrou Tounes qui a dit renoncer définitivement à une alliance avec Nidaa, a affirmé tout récemment par la voix de son Secrétaire Général, Mohsen Marzouk, qu’il ne s’inscrivait pas dans une logique de clivage.

Le nouveau gouvernement obtiendrait sans coup férir la majorité absolue (109 députés,) au parlement. Arithmétiquement, ses soutiens ont la supériorité, avec les blocs d’Ennahdha, de la coalition nationale et de Machrou réunis. Ce sera donc une forme de vote de confiance à Youssef Chahed qui devra concentrer son action la prochaine période sur la poursuite des réformes socio-économiques et sur la préparation des prochaines présidentielle et législatives de décembre 2019.

Ce nouvel épisode qui s’annonce sera marqué par une trêve sociale, avec un apaisement qui est appelé à se confirmer par un accord dans la fonction publique, après que la centrale syndicale a eu gain de cause dans les secteurs privé et public. Il aura aussi pour caractéristique l’officialisation de la cohabitation entre les deux têtes de l’exécutif, avec un président de la république qui s’appuiera sur Nidaa Tounes, qui passera à l’opposition, et un Youssef Chahed qui devra tirer une certaine légitimité de la coalition nationale, de Machrou Tounes, et aussi d’Ennahdha.

Tout cela préfigurera de la campagne électorale qui se fera pour BCE et son parti, sur une bipolarisation avec Ennahdha, d'autant qu'ils n'ont cessé de réitérer la fin du consensus, et pour Youssef Chahed et ses soutiens sur la compétition autour des programmes et les questions de fond, en faisant valoir les valeurs de coexistence et d’une Tunisie plurielle. Mais tout cela reste sujet à plusieurs impondérables.
Gnet

 

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

 
  • Temps fort
  • Sur le vif
  • National
  • Monde
  • Sport
 Lire aussi



GlobalNet - 53, Rue des Minéraux, La Charguia I 2035 Tunis, Tunisie ( Plan d'accès )
Hotline commerciale : 70 132 133 - Hotline technique : 70 132 131 - Hotline réabonnement : 70 132 100
E-mail : globalnet@gnet.tn  - Fax : (216) 70 014 040
© Copyright GlobalNet 2006 : Fournisseur d'accès Internet en Tunisie - ADSL Tunisie . All rights reserved