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Mercredi 23 Mai 2012         

Tunisie, un grand parti centriste en vue de l’alternance au pouvoir

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Publié le Dimanche 12 Février 2012 à 14:30
Meeting samedi au Palais des Congrès du grand parti centriste encore en gestation.Les contours du paysage politique tunisien n’en finissent pas d’être redessinés. Le meeting organisé hier au Palais des congrès par le parti démocratique progressiste (PDP), Afek Tounes, le parti républicain...ainsi que des personnalités nationales visent à mobiliser les forces autour de cette nouvelle alliance, annoncée le 11 janvier dernier, et qui prendra corps dans quelques semaines, lors d’un congrès unificateur et fondateur prévu les 17, 18, 19 mars prochain.

La nouvelle alliance qui se veut une force politique démocratique centriste intervient pour resserrer les rangs de l’opposition, et mettre fin à l’effritement de la famille politique "laïque" et "progressiste", dans l’espoir qu’elle puisse se ressaisir lors de la prochaine échéance électorale, et de constituer une véritable alternance au pouvoir.  Chose qui ne sera pas possible en l’état actuel, avec un paysage politique bancal, caractérisé par une troïka au pouvoir conduite par Ennahdha, qui a raflé le plus grand nombre de voix lors des élections du 23 octobre, et une opposition minoritaire au sein de l’assemblée constituante, qui a choisi d’emblée de rester en dehors du gouvernement. D’autant plus que la coalition tripartite entre Ennahdha du chef du gouvernement Hamadi Jebali, al-Moôtamar, du Président de la République, Moncef Marzouki, et Ettakatol de Mustapha Ben Jaâfar, président de l’Assemblée nationale constituante, ne semble pas être de circonstance, et est vouée à devenir une alliance stratégique. Un cheminement qui reste tributaire de la capacité du triumvirat au pouvoir, de surmonter ses éventuels différends, de gouverner en symbiose, et d’apporter, surtout, les réponses aux urgentes attentes populaires.

La prestation de l’équipe gouvernementale actuelle en matière de gestion des affaires du pays, lors de cette étape transitoire et constitutive difficile, pourra, en effet,  lui attirer des sympathies et des opinions favorables si elle est réussie ; elle risque, en revanche, de lui coûter en termes d’adhésion populaire, si elle ne parvient pas à relever les défis, à pourvoir aux besoins les plus pressants notamment au sein des couches populaires démunies, et à apaiser les inquiétudes. Quoi qu’il en soit, on ne peut préjuger de rien dans l’immédiat. Le rendez-vous sera donné au bout des 100 premiers jours pour une évaluation de l’action gouvernementale, et dans six mois, pour une seconde évaluation, comme l’a déclaré le Président Marzouki, juste après son investiture, où il a demandé une trêve de six mois pour permettre à la machine économique de redémarrer, en s’engageant à rendre des comptes au peuple au bout de cette période.

La classe dirigeante tunisienne avance donc en terrain miné, voire agité, et c’est de cela que l’opposition compte tirer profit pour relever la tête, et aborder, revigorée,  la prochaine échéance électorale. Aussi bien le grand parti centriste en gestation autour du PDP du tandem Nejib Chebbi/Maya Jribi, qui cherche à mobiliser et à élargir sa base, que le parti Alawatani Attounsi (parti national tunisien), une alliance de 13 partis, d’inspiration destourienne dans leur majorité, ou d’autres coalitions attendues, comme celle qui pourrait se cristalliser autour de l’ancien Premier ministre, Béji Caïd Essebsi…toutes ces formations chercheront à reconquérir le public, en s’appuyant sur les résultats de l’action gouvernementale, et sur le bilan de la coalition tripartite aussitôt son mandat provisoire se serait achevé.

Reste à savoir toutefois : que proposent ces nouvelles coalitions aux Tunisiens pour qu’elles puissent jouer un véritable contrepouvoir, et constituer une alternative crédible à l’équipe actuelle ? Est-il suffisant pour elles, de se dire centristes, modérées, progressistes, de se proclamer de l’héritage réformateur de la Tunisie, pour trouver grâce aux yeux des Tunisiens ?

L’avènement de ces coalitions permet, certes, d’organiser et de clarifier le paysage politique tunisien, et de mettre fin au cafouillis né après le 14 janvier 2011, où le nombre des partis à dépassé la centaine ce qui a semé la confusion dans les esprits. Mais, cette clarification ne pourra pas se faire, sans une clarté et une précision des programmes politique, socio-économique, culture, sociétal…des uns et des autres. L’adhésion aux valeurs de démocratie, de liberté, des droits de l’homme, etc. fait l’unanimité tant au sein de la classe politique au pouvoir que dans l’opposition. Ce n’est pas cela qui fera la différence et déterminera le choix des électeurs lors des prochains scrutins. Ce qui importe le plus, ce sont les projets à même de sortir la Tunisie de l’impasse, et de garantir une vie décente à tous les Tunisiens. Et là, des efforts sont encore à déployer de tous les côtés.
H.J.


 

Commentaires 

 
+1 #7 RE: Tunisie, un grand parti centriste en vue de l’alternance au pouvoir
Ecrit par Tounsi     15-02-2012 15:57
"...de la famille politique "laïque" .."

Le PDP n'a jamais été un parti laïque et n'a jamais prôné la laïcité dans ses programme...c'est d’ailleurs le principale point de divergence qui les a empêché de former une coalition avec le pôle démocratique, on peut cité comme exemple la position du PDP contre l'égalité dans l'héritage (entre autres)...

Que va proposer cette nouvelle coalition pour les tunisiens comme programmes politiques économiques et sociales ? rappelons tout de même que ces partis qui forment cette coalition sont les seules qui ont présenté des programmes réalistes et avec des solutions d'urgence pour une reprise économique rapide dans les élections du 24 octobre mais... les tunisiens ont préféré voté pour Ennahdha et ses promesses imaginaires de 590 milles postes d'emplois en 4 ans et une croissance de 8% a partir de 2012 jusqu’à 2016, au CPR et son discours populiste qui n'avait aucun programme économique , El Aridha de la "santé et transport gratuit pour tous et un salaire pour tous les 800 milles chômeurs"... donc dire que se sont les programmes socioéconomique détermineront le choix des électeurs lors des prochains scrutins est vraiment a discuté.



"L’adhésion aux valeurs de démocratie, de liberté, des droits de l’homme, etc. fait l’unanimité tant au sein de la classe politique"



sans blague ? ce n'est pas vraiment l’impression que donne le projet de constitution que va proposer Ennahdha ni les récentes déclarations des dirigeants de ce parti :-)
 
 
+1 #6 soyez objectif
Ecrit par The Observer     13-02-2012 12:24
L'alliance gouvernementale va encore remporter les prochaines élections et profiter encore une fois des erreurs et des bêtises commises par l'opposition.
Il devient de plus en plus claire que cette opposition n'a qu'un seul objectif et rien d'autre: arriver au gouvernement.
ce qui est grave ds cette histoire c'est que cela est permis par tous les moyens même si cela demande de paralyser le gouvernement actuel élu par les Tunisiens.
 
 
+3 #5 Ennahdha
Ecrit par parisien     13-02-2012 11:13
Faut pas se voiler la face , Ennahdha avec ces 1 million et demi de votants a placé la barre trés haut et ça me parait trés peu probable que les resultats des éléctions changereont ,encore moins avec cette opposition moue et divisée . Je pense que Ennahdha sera encore au pouvoir pour de bonnes années .. malgré les pratiques honteuses de nos Media qui n'ont pas compris que la censure et la désinformation auront un effet inverse ..Ettounssi trouve du plaisir à écouter les mensonges quand il connait la vérité ..
 
 
+1 #4 @qqun
Ecrit par Le Baron     13-02-2012 10:11
l'article traite la coalition des parties de l’opposition et n’évoque pas Ennahdha mais d’après ton commentaire plein de frustration et de mépris j'essaye d’imaginer ce que tu ressens et je te dis une seule chose si tu veux la démocratie il faut travailler pour faire valoir tes idées au lieu de te lamenter comme un enfant qui a perdu sa maman
 
 
+3 #3 réversible!
Ecrit par ottjl-Tunisie     13-02-2012 09:45
jusque là la performance de ces "partis" consacre davantage leur assoiffement au pouvoir sans présenter la moindre solution plausible!! alors ils travaillent pour Ennahdha! continuez!
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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