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Mercredi 23 Mai 2012         

Tunisie : un gouvernement sous haute surveillance

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Publié le Mercredi 14 Décembre 2011 à 11:42
Hamadi Jebali, nouveau chef du gouvernement. Le chef de l’Etat élu a chargé ce mercredi officiellement Hamadi Jebali de former un gouvernement de coalition qui veillera sur la destinée du pays pendant cette deuxième période transitoire. Selon un communiqué de la présidence, le  gouvernement prend ses fonctions dès sa formation, après avoir bénéficié de la confiance des élus de la Constituante. L’équipe gouvernementale est quasiment prête et nous savons d’ores et déjà plusieurs noms qui la composeront. Les prochaines heures serviront juste à  mettre les dernières retouches, via des ultimes concertations entre les membres de la coalition tripartite, pour qu’enfin le successeur de Béji Caïd Essebsi puisse dévoiler les noms et les portefeuilles du gouvernement postélectoral. Trêve donc à la logorrhée ; que le travail sérieux commence, et que chacun planche sur ses dossiers. Ce ne sera pas une sinécure, mais une tâche ardue et de longue haleine, et gare aux faux pas qui seront chèrement payés.

Les priorités sont connues de tous, les politiques ne cessent de nous rebattre les oreilles avec la nécessité de lutter contre le chômage, de relancer une économie à l’arrêt, d’impulser les investissements, de lutter contre le dénuement notamment dans l’arrière-pays, de mettre en place les mécanismes de la justice transitionnelle, de rétablir la sécurité -a fortiori que de nombreuses régions ne parviennent pas encore à exorciser les démons du clanisme-, de prendre en charge les dossiers des familles des martyrs et des blessés de la révolution. Le nouveau gouvernement est attendu sur toutes ces questions, et bien d’autres. Il devrait présenter un programme avec des actions précises, limitées dans le temps, et budgétisées, même si le budget de l’Etat n’est pas encore voté, et on est déjà à la mi-décembre. Un obstacle et non des moindres qui, s’il n’est pas miraculeusement résolu d’ici le 31 décembre, compliquera encore la tâche des nouveaux dépositaires du pouvoir.

Certes l’annonce du gouvernement devrait avoir un effet réconfortant sur le moral et psychisme des Tunisiens, dans la mesure où elle  mettra un terme à cette période de vacance politique et de flottements. Que cette clarté intervienne à un moment où l’on célèbre le premier anniversaire  de la révolution tunisienne, dont la première étincelle s'est déclenchée le 17 décembre,  enverra sans doute des signes positifs à l’intérieur et à l’extérieur. Reste à optimiser ces signes et à les faire fructifier pour prévenir tout retour de manivelle.

Outre son caractère collégial, la gouvernance de la Tunisie en cette étape constitutive  ne relèvera pas du seul ressort du centre de décision officiel. Elle obéira à la logique du pouvoir et du contre-pouvoir. Le gouvernement tâchera tout au long de son mandat à prouver que ses mesures sont efficaces et judicieuses, et l’opposition s’emploiera à déceler les failles sur lesquelles, elle construira sa stratégie d’attaque. Ce n’est pas tout, chacun des Tunisiens et Tunisiennes a toute latitude de mettre son grain de sel. Tout ce qu’il y a de plus classique dans une vie démocratique où le débat libre et contradictoire induit propositions et contre-propositions. La scène publique promet d’être en agitation continue, et c’est au creux des vagues que les responsables choisis doivent pouvoir avancer.

Même s’il a les coudées franches pour agir, le nouveau gouvernement sera sous haute surveillance. Son défi majeur c’est de reconquérir la confiance populaire, il doit pour ce faire envoyer des signes forts prouvant son volontarisme et sa détermination de venir à bout des difficultés et d’améliorer le  quotidien des Tunisiens, notamment des plus démunis. Comme l’a fait le Premier ministre sortant, Beji Caïd Essebsi à son arrivée, le nouveau chef du gouvernement doit demander aux Tunisiens un préjugé favorable ; ce sera un préalable pour que les choses puissent avancer sans accrocs paralysants.

Qu’on le veuille ou non, cette période induit un minimum de rassemblement entre toutes les forces vives du pays. Gouvernement, opposition, partenaires sociaux et population doivent regarder vers la même direction, pour mettre la Tunisie sur une trajectoire de succès. C’est là une condition sine qua non pour que la machine des réformes puisse se mettre en branle. Cela ne signifie pas que toues les parties doivent se fondre dans l’uniformité, bien au contraire, la diversité des idées et des projets est nécessaire, car personne ne détient la science infuse ; la vérité ne se trouve ni dans un camp, ni dans l’autre.

Le pari pour les nouveaux dirigeants est d’être réellement à l’écoute de leurs adversaires et de la population,  de rectifier leur démarche à l’aune des propositions utiles, et de ne pas succomber à l’arrogance et à la mégalomanie qui sont apparemment des méfaits intrinsèques du pouvoir dont seuls les esprits intelligents et bienveillants arrivent à s’affranchir.  Le pari pour l’opposition est de ne pas baisser la garde, d’être vigilante envers l’action gouvernementale, et de dénoncer les erreurs et les mauvais choix, sans tomber dans le piège de "s’opposer pour le simple fait de s’opposer", qui risque de faire perdre au pays du temps et de l’énergie, très précieux par ces moments périlleux. Quant au peuple, le maillon central de la chaîne de refondation de la Tunisie nouvelle, il doit être conscient de la gravité de l’étape et comprendre qu’elle est plutôt celle des sacrifices et non des revendications. Surveiller le gouvernement oui ; essayer d’en entraver l’action par une propension démesurée aux actions sociales revendicatives, est inexorablement à  bannir. En un mot, nous sommes tous tenus de trouver le juste-équilibre, et cela relève de la gageure.

H.J.


 

Commentaires 

 
+3 #3 Bonne chance
Ecrit par BLONDIN     15-12-2011 13:05
J'ai pas voté pour eux mais je ne souhaite pas a mon pays le KO.
La priorité c'est de mettre la Tunisie sur les bons rails.Le potentiel est là.
J'espère qu'ils vont bien bosser et que les septiques attendront un peu avant de critiquer( chose qu'ils n'ont jamais fait de leur vie)
 
 
-1 #2 RE: Tunisie : un gouvernement sous haute surveillance
Ecrit par hammadi     15-12-2011 11:47
gouvernement fantôche, made in Qatar
 
 
0 #1 Au boulot et bonne chance !
Ecrit par Montygolikely     15-12-2011 10:37
Allez, courage ! au boulot, on vous soutient !
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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