Radhi Meddeb, polytechnicien de formation, est à la tête d’un cabinet d’étude depuis 1987. Fort de ses trois décennies d’expérience au sein de plusieurs institutions financières de renommée, il lance au lendemain du 14 janvier 2011 l’association « Action et développement solidaire ». Durant les mois qui ont succédé à cette naissance, Radhi Meddeb a entrepris un chantier ambitieux, celui d’élaborer un programme économique et social « qui sera équitable, solidaire et inclusif », au profit de la Tunisie.
«La solidarité sera régionale, sociale et intergénérationnelle. Elle aura pour fondements l’égalité des chances, l’innovation sociale, le développement durable et une meilleure gestion des affaires publiques, sous le contrôle de toutes les parties prenantes », dit-il, en présentation de son ouvrage, lors d’une conférence donnée jeudi, en présence de plusieurs membres de son association et de certaines personnalités politiques, notamment du parti Afek Tounes.
Le programme de Radhi Meddeb se veut politique. Il ressemblerait, en tout cas sur la forme, aux programmes présentés par les différents partis politiques lors de leur campagne électorale. Il touche à la santé, à l’éducation, l’entreprenariat, le sport, la culture et l’emploi. Son auteur, déplore toutefois que les partis ne soient pas allés encore plus loin dans leurs propositions. Vers plus de pragmatisme et de solutions concrètes.
Ce programme intitulé «Ensemble, construisons la Tunisie de demain, modernité, solidarité et performance», préconise que la constitution garantisse la liberté d’entreprise, la liberté de communication et d’expression. L’Etat doit désenclaver les régions intérieures et que l’administration soit réformée vers plus de modernité, de proximité et de transparence. Le e-gouvernement introduit et généralisé chaque fois que possible, pour que le public soit informé des actions de l’administration. Radhi Meddeb appelle à ce que la décentralisation soit effective, et elle prendrait son départ d’un nouveau découpage administratif qui réponde plus, aux besoins et au potentiel de chaque région. «Il n’est pas nécessaire que les travaux d’entretien et de rénovation d’un hôpital régional soient tributaires du ministère de tutelle basé à Tunis. Il faut qu’ils soient faits par les autorités régionales. C’est plus rapide et plus efficace», explique l’auteur du programme. Les « Imadats » seront quant à elles supprimées. «Leur seule pertinence était de contrôler et de surveiller la population. Les communes, seront fusionnées avec les délégations et deviendront ainsi de véritables collectivités locales».
Pour l’emploi, une des raisons majeures du déclenchement de la révolution, Radhi Meddeb propose des solutions d’urgence, pour soulager les plus nécessiteux. «Un complément de revenu pour toutes les familles dont le revenu est inférieur à 80% du SMIG. Par ailleurs, il faut repenser le programme Amal pour les diplômés au chômage. Il n’est pas logique que l’on rémunère quelqu’un sans travail fourni. Cela ne fera qu’encourager le laisser-aller. En revanche, il faut rendre obligatoire le travail d’intérêt général de ces jeunes. Et probablement faire hausser le montant de l’allocation. Ces bénéficiaires peuvent par exemple devenir tuteurs à titre gracieux, dans les écoles étatiques, au profit des enfants issus de familles défavorisées », éclaire le président de l’association. Au même titre, les entreprises auront l’obligation d’ouvrir leurs portes aux stagiaires. Et l’Etat d’aider les diplômés, au chômage à se reconvertir.
Ce programme permettra selon lui, d’améliorer le quotidien de 1 250 000 personnes et de donner de l’emploi sans délai à quelque 140.000 personnes. Dans un deuxième temps, sur un délai de 5 ans, 40 000 postes d’emploi seront crées chaque année et 450 000 personnes auront une activité.
«La sortie de crise passera également par la mise en œuvre d’un programme de coopération volontariste avec la Libye où les besoins de main d’œuvre sont importants et devraient permettre d’identifier des opportunités d’emploi pour environ 200.000 personnes ».
La micro-finance sera également propulsée avec la création de 10 organismes spécialisés en l’octroi de microcrédits. Implantés dans les quatre coins du pays, chacun bénéficierait de 10 millions de dinars de fonds pour soutenir les populations les moins nanties dans leur désir de se lancer à leur propre compte. Actuellement, 1 million de personnes bénéficient de ce service, soit seulement 20% des potentiels bénéficiaires.
Au sujet de la santé et de la sécurité sociale, Radhi Meddeb recommande dans son livre d’abolir l’activité privée complémentaire et la reconnaissance du corps des médecins hospitalo-universitaires et de sa double vocation : exercice de la médecine et l’enseignement supérieur et le faire profiter d’une rémunération à deux composantes.
Pour le sport, il est prévu une exonération des droits de douanes et de la suspension de la TVA pour les équipements sportifs et le reversement intégral des produits du pari sportif aux clubs sans prélèvement au profit de l’administration.
Le programme de Radhi Meddeb se penche aussi sur la question environnementale. Il explique qu’il est impératif d’ouvrir de grands chantiers de lutte contre la désertification.
En préambule, Radhi Meddeb rappelle que les slogans ne sont pas des programmes et que « rien ne distingue, les programmes politiques les uns des autres», sans cacher son militantisme pour une Tunisie libre, progressiste et ouverte, et sa reconnaissance envers les années Bourguiba. Son ouvrage de 222 pages, décortique, chiffres et réalité socio-économique à l’appui, les différents secteurs d’activités et offre des solutions de rechange pour développer le pays. Il est disponible en version arabe et française auprès de l’association.
Chiraz Kefi
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Commentaires
Ecrit par qqun 28-11-2011 15:49
Nous sommes des ingras , ignorants et ignares. christ de tabarnak !!!...
en fait , Que ce que ca veut dire BALATROS ???
Ecrit par BALATROS 28-11-2011 14:25
Ecrit par BABA LAHNINE 26-11-2011 15:12
Ecrit par roma 26-11-2011 09:49
Ecrit par coco 26-11-2011 07:19