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Tunisie : Origines de la crise économique, et les remèdes pour s’en sortir

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Publié le Mercredi 11 Septembre 2013 à 18:15
L'économie tunisienne traverse une mauvaise passe. L’interminable crise politique a fait ombrage à l’économie. Le constat fait l’unanimité, la situation économique a lourdement pâti de cet embrouillamini politique.  Experts et Economistes n’arrêtent pas de tirer la sonnette d’alarme quant à la gravité de la situation économique et financière de la Tunisie. Même si certains sont plus alarmistes que les autres, la situation est qualifiée de  préoccupante par tous, et la persistance de l’impasse politique la rendrait encore plus inextricable, dans la mesure où elle risque d’en toucher les piliers et les fondamentaux.

La complexité des difficultés économiques actuelles est liée à deux principaux facteurs. Le premier a trait au lourd legs hérité de l’ancien régime qui a institutionnalisé la corruption et le népotisme. Un véritable travail de sape a été mené, ayant empêché l’essor de l’économie, dans des niveaux proportionnels aux potentialités du pays. Climat des affaires malsain ; régime fiscal mal pensé, responsable en grande partie de l’évasion fiscale qui se pose, à l’heure qu’il est, avec acuité ; banques publiques éreintées par le poids des créances douteuses ; entreprises publiques déficitaires, du fait du manque de transparence et de la mauvaise gouvernance ; statistiques maquillées et erronées…autant d’éléments qui ont profondément affecté les atouts intrinsèques de l’économie tunisienne. Une situation pareille méritait d’emblée une refonte totale, et des réformes structurelles. Car, toute œuvre d’assainissement et de reconstruction ne peut être menée que sur un soubassement solide. Il n’en était rien hélas. Au lendemain de la révolution, l’économie, déjà fragile mais encore debout, a essuyé des coups successifs et douloureux. Et c’est le deuxième facteur qui fait que bientôt trois ans après la révolution, la conjoncture économique est ce qu’elle est, avec cette crainte lancinante que le conjoncturel ne se transforme en structurel.  

Le déluge démesuré de mouvements sociaux -avec des grèves et des sit-in à tout va n’ayant quasiment épargné aucune sphère d’activité- ont mis à mal des secteurs de production névralgiques, à l’image du secteur stratégique des phosphates ayant essuyé des pertes colossales, au point de frôler l’agonie. La tension sociale a poussé, de surcroît, des entreprises à mettre la clef sous le paillasson, des investisseurs à fuir et a provoqué une hausse du taux du chômage, tandis que l’un des facteurs déclencheurs du soulèvement populaire, le 17 décembre 2010 était à l’origine une revendication pour le travail, la dignité et la justice sociale.

Les revendications sociales d’ampleur ont touché par ailleurs le secteur public. Les majorations salariales et les nouveaux recrutements dans la fonction publique, ont engendré une augmentation vertigineuse de la masse salariale, et éreinté le budget de l’Etat. La hausse du budget alloué à la caisse de compensation, dans une conjoncture caractérisée par l’ascension du baril du pétrole, a aussi entraîné l’augmentation des dépenses publiques, et approfondi les déficits.

La crise économique en Europe, notre principal partenaire économique, n’a pas arrangé les choses, avec un ralentissement de la demande ayant touché nos exportations. Le tourisme, l’un des piliers de l’économie et principal pourvoyeur des devises, n’était pas en reste, même si certains marchés ont connu une certaine reprise au cours de l’année 2013, d’autres sont encore sur une courbe descendante, dont le marché français, naguère notre premier marché avec un million de touristes par an. Sa tendance baissière s’est confirmée en 2013, la mauvaise image de la Tunisie véhiculée par les médias français aidant.

A ces difficultés, viennent se greffer les déboires du processus transitoire, générateurs de manque de visibilité, de flou ambiant, voire de morosité générale. Conséquences directes : Les investissements ont connu un ralentissement inquiétant, et la machine à créer les richesses se trouve en rade. La reprise des investissements  locaux et étrangers ne peut avoir lieu qu’en cas d’un règlement rapide et efficace de la crise politique, chose qui tient encore de la gageure.

L’économie tunisienne traverse une mauvaise passe, et n’est plus en mesure de supporter davantage de chocs, a fortiori que les agences de notation nous maintiennent dans leur collimateur. Elles n’hésiteront pas à dégrader davantage notre note souveraine, avec la crainte qu’elles nous relèguent au redoutable grade "C", la note des pays hautement à risque, à qui il n’est pas recommandé aux bailleurs de fonds de donner de l’argent. Ce tableau est indéniablement peu reluisant, l’espoir est néanmoins encore permis pour que notre économie se redresse. Les économistes, dans leurs jugements à sévérité variable, répètent en chœur que la relance économique est tributaire d’une sortie de crise politique. Elle dépend aussi d’un regain de sécurité, et d’un apaisement du climat social. Autant de volets indissociables.  

Le gouvernement qui sera aux commandes,  une fois le consensus obtenu, doit avoir une vision globale pour que ce dispositif marche en symbiose, jusqu’à la fin de cette transition cahoteuse et la tenue des élections. Quant au  véritable chantier économique, il ne pourra être ouvert que sous un mandat politique durable, de quatre ou cinq ans, selon la formule inscrite dans la constitution. L’économie tunisienne requiert de profondes réformes structurelles, et non du simple rafistolage, comme c’était le cas tout au long de la période transitoire postrévolutionnaire.
H.J.


 

Commentaires 

 
0 #2 Espoir ou faillite
Ecrit par Espoir     13-09-2013 21:16
A rajouter un autre élément très important pour la relance de notre économie.....c'est la confiance que doit porter l'homme d'affaires tunisien dans son entreprise d'investissement .....hélas indispensable!
 
 
+4 #1 RE: Tunisie : Origines de la crise économique, et les remèdes pour s’en sortir
Ecrit par Royaliste     11-09-2013 19:00
on peut ajouter d'autres éléments:

notre chef de gouvernement et son prédécesseur n'ont jamais travaillé de leur vies et ne savent meme pas compter.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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