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Lundi 23 Octobre 2017         

Tunisie : L’échec du gouvernement n’est dans l’intérêt de personne

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Publié le Mardi 18 Avril 2017 à 17:49
Le tandem de l'exécutif (Photo d'archives)Le gouvernement aura poussé un ouf de soulagement à l’annonce de la décision du FMI de verser la deuxième tranche du crédit convenu avec la Tunisie, après un blocage qui n’a fait que trop durer. L’institution financière de Washington évoque néanmoins dans son communiqué rendu public hier une conjoncture économique difficile marquée par le creusement du déficit, et une masse salariale des plus élevées dans le monde en pourcentage du PIB (63 %) et appelle à "une riposte urgente et énergique afin de maintenir la stabilité macroéconomique et de doper la création d’emplois".

La décision du fonds monétaire international n’est, pour ainsi dire, qu’une bouffée d’oxygène pour une économie manifestement plongée dans un coma profond, à en croire les diagnostics faits par les experts, qui ne cessent d’alerter sur la gravité de la situation. Dans le camp officiel, le discours se veut rassurant, enthousiasmant et porteur d'espoir, faisant valoir des signes de relance qui restent à consolider et à raffermir.

La hausse des recettes fiscales, la reprise du phosphate, ainsi que du secteur touristique sont de nature à insuffler un nouvel élan à l’économie nationale, et à la mettre sur la voie du redressement. L’amorce des grandes réformes de structure, longuement reportées, en vue de moderniser la fonction publique et en dégraisser les effectifs ; de réduire le déficit des caisses sociales, les remettre autant que faire se peut à l’équilibre et sortir les pensions de retraite de la zone de danger, et soustraire les entreprises publiques de leur difficulté endémique, est, par ailleurs, susceptible de secouer le marasme ambiant. 

Le renforcement de l’arsenal législatif de lutte contre la corruption et le transfert de centaines de dossiers à la justice, donnent-ils aussi une lueur d’espoir quant à la possibilité de combattre ce phénomène qui a atteint un seuil alarmant, de l’aveu même de Youssef Chahed ayant pointé dimanche "la mafia de la corruption au sein de l’administration et des rouages de l’Etat".

Les frémissements de la reprise face à deux hypothèses
Les frémissements de la reprise sont là, mais cela ne touche en rien ou très peu, nos compatriotes de l’intérieur dont la colère gronde dans plusieurs régions du pays. A Tataouine, à Kairouan, au Kef et ailleurs, les populations se soulèvent pour la énième fois, pour dire stop à la marginalisation, au chômage et à la pauvreté, et réclamer emploi et développement. Des revendications exprimées, de juste de droit, face à une situation qui s’éternise pendant des décennies.

L’actuelle configuration socio-économique est ce qu’elle est, les évolutions attendues dans le pays obéiront à l’une de ces deux hypothèses. La première est de voir le verre à moitié vide, de souffler encore sur les braises, d’attiser les tensions et de faire en sorte que ce mouvement social prenne de l’ampleur et gagne d’autres contrées du pays, face à un gouvernement qui n’a pas les moyens de répondre à toutes ces revendications, certes légitimes, sur le temps court. Chose qui rendra la situation ingérable, favorisera la montée des risques sécuritaires, et des menaces terroristes et aggravera encore plus une situation économique à l’équilibre précaire. 

La deuxième voie est de renforcer l’unité nationale, de promouvoir le consensus politique, de canaliser et d’encadrer le mouvement social, d’apaiser les tensions et de renforcer la paix civile, de manière à fructifier les premiers résultats de la reprise, et de favoriser un réel enclenchement du processus des réformes, dont l’urgence fait l’unanimité.

Autrement, l’on ne dispose pas, à ce stade, avec des moyens financiers aussi maigres, des indicateurs économiques aussi inquiétants, et une telle dépendance de l’extérieur, d’autres solutions pour pouvoir remonter la pente, que de favoriser la stabilité politique, de soutenir la coalition gouvernementale en place  et de consolider le consensus politique, et socio-économique. L’échec du gouvernement actuel et l’instabilité politique ne seront dans l’intérêt de personne, même pas de celui de ceux qui cherchent à en récolter des gains politiques et électoralistes.

Reste au gouvernement d’avoir la capacité d’interagir avec toutes les critiques et suggestions, d’entendre et d’écouter la vox populi et de renoncer à toute rigidité en matière de choix socio-économiques, afin qu’il soit le plus fédérateur et le moins clivant possible.
H.J.

 

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