sur   
Suivez-nous
Accueil l Temps Fort l National l Monde l Sport l Net & Informatique
Mercredi 22 Novembre 2017         

Tunisie : Le texte sur la réconciliation fait vaciller la démocratie naissante

Imprimer
Publié le Jeudi 14 Septembre 2017 à 16:46
La loi sur la réconciliation est passée moyennant plusieurs transgressions. Le jour même où le cabinet largement remanié de Youssef Chahed a tenu son premier conseil des ministres, mercredi 14 septembre, comme étant un gouvernement de combat, amené à poursuivre entre autres la guerre contre la corruption, l’Assemblée des représentants du peuple a adopté en session extraordinaire, au milieu de multiples voix discordantes dans l’enceinte parlementaire et au-delà, la loi sur la réconciliation administrative, stipulant une amnistie pour les fonctionnaires publics, objet de poursuites pour avoir commis des infractions du 1er juillet 1955 au 14 janvier 2011.

A l’origine, ce texte est l’œuvre d’une initiative présidentielle présentée, il y a plus de deux ans, le mardi 14 janvier 2015, par BCE en conseil des ministres, tenu sous sa présidence à Carthage, sous l’intitulé de "projet de loi organique portant sur des mesures particulières régissant la réconciliation dans le domaine économique et financier". Le chef de l’Etat avait alors déploré  que des commis de l’Etat soient trainés dans les prisons, alors qu’ils n’ont rien fait, sauf d’avoir vécu dans un système corrompu où personne ne pouvait relever la tête. Mais, ses propos étaient loin d’être convaincants pour une large partie du paysage politique, de la société civile et de l’opinion publique, qui voyaient dans cette loi "une manière de court-circuiter le processus de justice transitionnelle, une consécration de l’impunité contre les auteurs de malversations financières, et un blanchiment des corrompus et de la corruption".

Tout au long de ces deux ans, la loi revenait à intervalle régulier dans le débat public, tout en continuant à diviser et à nourrir la polémique. Entretemps, le texte a été examiné, et révisé, moult fois, en commission jusqu’à aboutir à une version édulcorée et restreinte, portant l’intitulé de la "loi sur la réconciliation administrative", celle adoptée hier, à 117 voix pour, 9 voix contre, et une abstention.

Le vote du texte a été accueilli par un large rejet, d’abord du fait des violations ayant marqué son passage. Selon l’opposition, la discussion et le vote du texte ont été programmés en violation du règlement intérieur de l’Assemblée, prévoyant des dispositions bien claires pour le changement de l’ordre du jour de la séance plénière, pour la simple et pure raison, que les partis de la majorité l’ont voulu et ont tenu à le faire passer vaille que vaille.

Autre transgression caractérisée, qui suscite autant de grincements de dents, l’Assemblée s’est passée de l’avis du Conseil supérieur de la magistrature, devant être consulté sur tous les textes en relation avec le service de la justice, sous prétexte que les délais raisonnables n’ont pas été respectés, chose que le CSM même voit d’un mauvais œil et compte le faire savoir clairement à l’issue d’une réunion qu’il projette tenir la semaine prochaine.

Au vu de toutes ces violations, ainsi que des tensions, des échanges violents et des invectives au sein de l'hémicycle, ayant marqué la plénière, indignes des élus du peuple, c’est l’édifice démocratique, encore vulnérable et naissant, qui a vacillé hier, étant entendu qu’une démocratie ne peut fonctionner sainement et convenablement, sans le respect des institutions et des lois.

Sur le fond, cette loi fait l’objet d’une large désapprobation, considérée comme étant  une régression par rapport aux principes de la révolution, une consécration du retour de la dictature, ainsi que de l’impunité envers les symboles de l’ancien régime, responsables de dépassements, de malversation et de dilapidation de l’argent public. C’est là le sens de la campagne Manish Msameh Je ne pardonne pas, dont la mobilisation continue ce jeudi dans plusieurs régions du pays pour dénoncer le vote de cette loi "de blanchiment de la corruption et des corrompus". Une campagne qui trouve de larges échos à l’Assemblée où une pétition en vue d’un recours contre la constitutionnalité du texte, fraichement adopté, est déjà lancée et a recueilli des dizaines de signatures.

Sept ans après la révolution, on aurait souhaité voir une vraie réconciliation se réaliser, celle qui émane d’une volonté populaire, après que justice soit rendue, et que les fautes soient réparées, de manière à évacuer à jamais les rancunes et les rancœurs, à rétablir la confiance et à encourager les Tunisiens à construire ensemble. Ce qui s’est passé hier n’a rien à voir avec tout ça, étant le résultat du fait du prince et d’arrangements politiques. 
Gnet

 

Commentaires 

 
0 #1 A bout
Ecrit par A4     14-09-2017 18:23
A BOUT
Ecrit par A4 - Tunis, le 14 Septembre 2017

Hier j'ai vu une mascarade
Où une poulette était à bout
Elle courait, faisait la parade
Tantôt assise, souvent debout
Lançant insultes et pétarades
Aux coqs, dindes et vieux hiboux

La grosse poulette était nerveuse
Criait en boucle le même chant
Et sa chorale toute joyeuse
La soutenait en bégayant
Suivait sa cheftaine aboyeuse
Dans une ambiance bon enfant

Ce n'était pas une basse-cour
Ou une soirée de grande cuite
Ce n'est pas non plus un concours
De folie et mauvaise conduite
C'est l'assemblée des grands discours
Où la racaille se croit élite

C'est l'assemblée des députés
Issus des grandes élections
Que vous payer pour discuter
Et vous trouver des solutions
Méritent-ils, ces effrontés
Autre chose que dissolution ?
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

 
  • Temps fort
  • Sur le vif
  • National
  • Monde
  • Sport
  • Net & Info
 Lire aussi



GlobalNet - 53, Rue des Minéraux, La Charguia I 2035 Tunis, Tunisie ( Plan d'accès )
Hotline commerciale : 70 132 133 - Hotline technique : 70 132 131 - Hotline réabonnement : 70 132 100
E-mail : globalnet@gnet.tn  - Fax : (216) 70 014 040
© Copyright GlobalNet 2006 : Fournisseur d'accès Internet en Tunisie - ADSL Tunisie . All rights reserved