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Jeudi 15 Novembre 2018         

Tunisie : Le tête-à-tête BCE/ Chahed, prélude d'une sortie de crise !

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Publié le Jeudi 25 Octobre 2018 à 16:36
Tête-à-tête ce jeudi à Carthage entre Béji Caïd Essebsi et Youssef Chahed. Les deux chefs de l’exécutif se sont rencontrés ce jeudi 25 octobre à Carthage et ont fait le point sur les questions de l’heure, soit les régions sinistrées suite aux dernières inondations, les dispositions de la loi de finances 2019 et l’état d’avancement des négociations sociales. Depuis le déclenchement de la crise politique et à mesure que le désaccord s’approfondissait, leur tête-à-tête se sont faits rares ; des rencontres épisodiques et irrégulières, se sont substituées à leur rendez-vous hebdomadaire, alors strictement respecté.

L’entrevue de ce jeudi intervient pour montrer que les institutions de l’Etat fonctionnent bel et bien, que les ponts ne sont pas coupés entre le président de la république et le chef du gouvernement. Pourtant, le froid qui caractérise d’ores et déjà leurs relations n’est un secret pour personne, au point que de nombreuses voix parlent carrément de rupture.

Par ailleurs, leur entretien d’aujourd’hui a lieu le premier jour de la visite du président de la commission européenne, Jean-Claude Junker, qui après avoir eu une rencontre ce jeudi avec le président de la république, couronnée par la signature de quatre accords d’un montant global de 270 millions d’euros, s’entretiendra demain matin, avec Youssef Chahed à Dar Edhiaffa à Carthage.

Devant un si haut responsable européen, et à l’heure où la Tunisie a grandement besoin du soutien de l’Union européenne, son partenaire, principal et stratégique, il n’est pas bon d’afficher l’image d’un pays en crise institutionnelle.

Dans l’absolu, et sur la durée, dans un contexte aussi critique et émaillé de défis, le président et le chef du gouvernement doivent rasséréner leurs relations et cultiver leurs convergences, plutôt que leurs divergences, en plaçant l’intérêt de la patrie au dessus des intérêts partisans et personnels étriqués. D’autant que la crise politique est en train de se tasser, avec l’apaisement social marqué par le dernier accord entre l’UGTT et le gouvernement dans le secteur public, qui serait, selon toute vraisemblance, suivi par un accord analogue dans la fonction publique.

Aussi,  le remaniement que l’on dit imminent, censé précéder la discussion et le vote du budget de l’Etat et du PLF 2019, permettra de mettre un terme à l'interminable controverse autour du gouvernement, et d'y voir enfin plus clair.

A fortiori que l’équipe remaniée est partie pour obtenir, sans difficultés, le vote de confiance de l’Assemblée, en ayant a priori les voix favorables de 120 députés (Ennahdha, coalition nationale et Machrou Tounes), nettement supérieures à la majorité absolue requise de 50 + 1 (109 députés), comme on l’a développé dans notre précédent article : « Tunisie : Un large remaniement ministériel attendu, la cohabitation va se confirmer ! ».
 
Après son passage au parlement, Youssef Chahed sortirait renforcé, et aurait la latitude d’avancer sur les réformes, et de faire passer les lois nécessaires à l’Assemblée, en s’appuyant sur la majorité parlementaire qui lui est acquise, pourvu qu'il parvienne à garder des relations quiètes avec les deux organisations nationales syndicale et patronale.

Ses désaccords avec le président de la république persisteront, mais ils seront moins visibles du moins dans une première phase. Elles auront peut-être à s’aiguiser au fur et à mesure que les échéances électorales s’approchent, et que les uns et les autres choisissent leur camps, notamment dans la famille dite centriste, même si d'emblée, les positionnements sont clairs.

Dans sa famille politique, Youssef Chahed est soutenu par la coalition nationale et Machou Tounes. Mohsen Marzouk que l’on dit être parmi les architectes du consensus entre Nidaa et Ennahdha au lendemain des élections de 2014, est en train de renouer avec la même position et n’est plus hostile à faire partie d’un gouvernement, où figurent ses rivaux politiques, soit les Nahdhaouis.

Dans le camp du président, les ralliements sont-ils aussi là. Après la fusion Nidaa/ UPL, ayant permis au premier de retrouver la deuxième place au parlement, c’est Afek Tounes qui témoigne indirectement son soutien au président. Il n’y a qu’a voir la déclaration de la veille de son président Yassine Brahim, au sortir de sa rencontre avec BCE, qui ne s’est pas privé de s’en prendre au chef du gouvernement et sa politique.

Selon sa perception, Youssef Chahed aurait "acheté son maintien au pouvoir", en signant un accord avec l’UGTT, dans le secteur public. Qu’aurait-il fait s’il était à sa place face à une influente organisation syndicale, qui s’apprêtait à paralyser le pays, à un mois d'intervalle, par deux grèves extrêmement coûteuses pour les caisses de l'Etat, et l'économie nationale.
Gnet

 

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