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Mercredi 23 Mai 2012         

Tunisie, le nouveau gouvernement face à ses épineux dossiers

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Publié le Lundi 26 Décembre 2011 à 17:45
Hamadi Jebali prend ses fonctions, en présence de son prédécesseur, photo AFP.Les membres du nouveau gouvernement ont pris ce lundi leurs quartiers dans leurs départements respectifs, après une cérémonie de passation collective entre les ministres entrants et les ministres sortants, en présence du nouveau chef du gouvernement, Hamadi Jebali, et du premier ministre démissionnaire, Béji Caïd Essebsi.

La Tunisie entame ce 26 décembre 2011 une nouvelle étape, avec une classe politique totalement régénérée. Ceux qui sont aujourd’hui aux commandes, s’ils sont connus pour leur militantisme et leur combat pour les libertés et la démocratie, en sont à leur première expérience dans les hautes fonctions de l’Etat. Ils sont tenus par une obligation des résultats, et doivent apporter des réponses rapides aux attendes populaires incommensurables.

Cette dernière semaine de l’année fera figure de SIVP (stage d’initiation à la vie politique, côté pouvoir) pour les nouveaux ministres et secrétaires d’Etat. Ces derniers doivent se familiariser illico presto avec les dossiers et les problèmes posés dans tel secteur ou tel autre, ainsi qu’avec leurs collaborateurs, pour pouvoir démarrer le travail proprement dit. Chaque ministre ou secrétaire d’Etat fraîchement investi, arrive certainement avec une stratégie et un plan d’action. Des conceptions théoriques s’il en est, appelées à se heurter aux réalités effectives et aux moyens disponibles, pour voir si elles sont réalisables ou non. Il n’est pas exclu que l’ampleur des problèmes posés soient au dessus de l’imagination des uns et des autres, notamment dans certains départements économiques tenus d’entamer des actions immédiates pour remettre en marche une économie à l’arrêt.

2012 sera une année rude. Non seulement au regard de l’accumulation des difficultés en Tunisie, mais aussi à cause de la conjoncture internationale en crise, marquée par une forte récession. L’Europe, notre principal partenaire économique : près de 80 % de nos échanges économiques se font avec le vieux continent, et qui plus est, notre premier marché émetteur de touristes, s’enlise de plus en plus dans la débâcle de la dette souveraine. Dans ces conditions, on voit mal l’Europe honorer ses engagements d’assistance aux pays du printemps arabe dont la Tunisie, d’autant plus que son avenir économique demeure suspendu aux diktats des agences de notation, qui menacent de priver la France, l’Allemagne, etc. de leur triple A. La Tunisie est aussi concernée par le risque de la baisse de sa note souveraine, chose qui aura un impact fort négatif sur notre économie, et nos grands équilibres budgétaires, dans la mesure où ça renchérira considérablement les taux d’intérêts de nos emprunts sur le marché financier, et creusera davantage nos déficits.

Pour éviter cette spirale aux conséquences redoutables, le nouveau gouvernement doit donner des signes forts et engager des actions concrètes pour permettre un regain de sécurité, faire régner la paix sociale, et remettre les Tunisiens au travail. La nouvelle équipe gouvernementale n’a pas de panacées pour sortir le pays de l’impasse à court terme, elle doit faire preuve de volontarisme, et surtout d’une disposition à associer les différentes forces vives du pays, à la solution des problèmes posés.

Le défi majeur posé au gouvernement Jebali est celui de parvenir à canaliser les forces, notamment de l’opposition, des partenaires sociaux, de la société civile... et de les impliquer effectivement dans le processus de prise de décision pour éviter au pays une déperdition de temps et d’énergie. La situation exceptionnelle que traverse la Tunisie impose, en effet, la mise à contribution de l’ensemble des compétences nationales pour enlever les écueils qui sèment le chemin de la relance économique et du développement.

Le débat qui se fait pressant aujourd’hui, est sur la mission du nouveau gouvernement, dont le mandat est lié théoriquement à une période d’une année, pouvant être prorogée de six mois. Doit-il se cantonner à parer au plus pressé, et répondre aux urgences socio-économiques ? Ou bien mener des réformes profondes et structurelles ? Le nouveau gouvernement de coalition, étant éminemment politique, tentera, selon toute vraisemblance,  d'apporter ses marques, et d'afficher sa volonté de signer la rupture effective avec le passé.

Hamadi Jebali s’est engagé ce matin au moment de sa prise de fonctions à instaurer les pratiques de transparence et de bonne gouvernance. Cet engagement doit correspondre à des mesures concrètes garantissant la gestion transparente et rigoureuse des deniers de l’Etat, et la lutte effective contre les pratiques de corruption, et de clientélisme qui ont tant gangréné notre administration, et miné le climat des affaires. Ca ne va pas être fait par un claquement de doigts, mais par une démarche progressive qui vise à repenser les règles de gestion administrative, et à mettre en place des mécanismes de contrôle efficient.  Le gouvernement actuel doit savoir trouver le juste équilibre entre les réformes durables et profondes et les mesures urgentes. Il doit mettre les premiers jalons d’un processus de refonte socio-économique appelé à s’étaler sur des années, et dont les fruits seront cueillis à long terme.

Reste que 2012 est aussi une année électorale en Tunisie, puisque des élections présidentielles et législatives doivent être organisées, si tout va bien, dans douze mois ou peut-être un peu plus. Quoique dise ce gouvernement, il va travailler avec cette perspective électorale devant les yeux, et ne ménagera aucun effort pour monter qu’il est digne de la confiance des Tunisiens.

L’opposition se met également en ordre de bataille pour les futures échéances électorales, un front uni centriste est en cours de constitution, comprenant le parti démocratique progressiste (PDP), Ettajdid et Afek Tounes, pour ne citer que ceux-ci, pour aborder le prochain rendez-vous avec urnes en rangs serrés, et éviter la dispersion des voix. L’opposition œuvrera à montrer qu’elle représente une alternative crédible à l’actuelle coalition au pouvoir. Elle tâchera à pointer les faux pas du gouvernement pour gagner des points ;  tout cela est légitime et s’inscrit dans le droit fil de tout fonctionnement démocratique digne de ce nom.

En revanche, aussi bien le pouvoir que l’opposition doivent faire en sorte de  maintenir  l’intérêt de la Tunisie, sa paix sociale et sa stabilité au dessus des luttes politiciennes et électoralistes. L’on s’attend à une année 2012 pleine de rebondissements, cela dépendra de l’évolution de l’économique et du social, dont sont tributaires les rapports de force politiques.
H.J.


 

Commentaires 

 
-5 #3 RE: Tunisie, le nouveau gouvernement face à ses épineux dossiers
Ecrit par hammadi     28-12-2011 10:21
ce gouvernement est téléguidé par le Qatar
 
 
+1 #2 Bonne Chance
Ecrit par Montygolikely     27-12-2011 15:07
Allez, au travail, bonne chance et que Dieu soit avec vous ....
 
 
+1 #1 السرقة و البراكاجات
Ecrit par mohsen     27-12-2011 07:30
كم من شخص تعرض للبراكاج بواسطة أسلحة بيضاء و افتكت أمتعته خاصة الهواتف المحمولة في عدة أماكن من البلاد و بالأخص في مدينة سبيطلة و رغم القيام بالإجراءات لدى المحكمة و المؤسسة الأمنية إلا أنه لم يتضح لدينا أي نتيجة فأتصالات تونس و تونيزيانا لم تحدد للآن مستعملي الهواتف رغم إمدادهما بالسلسلة المميزة لها حتى يتمكن أعوان الأمن من استرجاعها
وعليه فإنني أوجه نداءا إلى الحكومة وفقهم الله بأمر المؤسستين سالفتي الذكر بإمداد الأمن المعلومة الازمة في الغرض لنتمكن من استرجاع أمتعتنا
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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