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Mercredi 26 Juillet 2017         

Tunisie : Le discours du 10 Mai n’a pas changé la donne politique

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Publié le Jeudi 11 Mai 2017 à 16:54
Béji Caïd Essebsi n'a pas réussi à rassembler, même s'il s'y est efforcé. Le discours du président de la république, mercredi 10 Mai au palais des congrès, n’a pas donné lieu à un quelconque changement de la donne politique, nonobstant son caractère solennel, et la volonté affichée de rassemblement, en y conviant le ban et l’arrière-ban de la vie nationale.

La parole présidentielle a été construite autour de deux points focaux : le premier est la décision d’un déploiement de l’armée sur les sites du phosphate, de gaz et du pétrole, dans le but de protéger les richesses naturelles du pays contre davantage de dilapidation à travers l’arrêt de production et les routes coupées. La seconde est l’attachement du chef de l’Etat au projet de loi sur la réconciliation économique et financière, qu’il considère comme étant salvateur pour l’administration et l’économie nationale. Des annonces interprétées diversement sur la scène politique, qui aussitôt le discours terminé, a de nouveau montré ses divisions. Il n’y aura pas donc un avant et un après discours, pour ce qui des différentes positions exprimées, le statu quo reste de mise. BCE, même s'il s'y est efforcé, n’a pas gagné hier de nouveaux soutiens, à part ceux qui lui sont déjà acquis, comme il n’a pas réussi à apprivoiser ses détracteurs, farouchement opposés aux mesures dévoilées.

L’opposition nationale voit en l’annonce de l’intervention militaire sur les sites de production un durcissement du pouvoir en place, une atteinte aux libertés, un aveu d’échec de la coalition gouvernementale, et un éparpillement des efforts de l’armée, bouclier contre les menaces, et garant de l’invulnérabilité et de l’inviolabilité du territoire national, à fortiori que nos vaillants soldats n’ont pas connu de trêve depuis la révolution, menant plusieurs missions de front, dont la principale est la lutte contre le terrorisme.

Par ailleurs, l’opposition persiste et signe à rejeter la loi sur la réconciliation, pour son caractère attentatoire au processus de justice transitionnelle, et qui, plus est, cherche à absoudre, à ses yeux, les auteurs de délits et crimes de malversation sous l’ancien régime.

Ne pas renvoyer dos à dos l’armée et le peuple

Ce n’est pas la première fois que l’armée est en faction sur les sites de production pendant la période postrévolutionnaire. Le souvenir de 2011 est encore présent dans les mémoires. A l’époque, le pays était en proie à tous les dangers, et l’armée était massivement déployée devant les lieux de souveraineté, les institutions nationales, les ministères, et tous les édifices vitaux, en présence d’appels récurrents pour le retour des soldats aux casernes. Depuis, l’armée est devenue peu à peu moins visible dans le paysage général, bien qu’elle reste fortement présente dans les régions frontalières, les zones militaires, tout autant que sur les  sites de production qui leur sont limitrophes.

La décision de BCE n’apporte pas, pour ainsi dire, de changement substantiel, et semble beaucoup plus avoir un effet dissuasif, tout en cherchant à résonner la contestation populaire, dont la radicalisation a, certes, beaucoup nui aux ressources nationales et à l’économie du pays. Le recours à l’armée, approuvé lors de la dernière réunion du conseil de sécurité nationale, vise-t-il aussi à restaurer l’autorité de l’Etat, ayant subi un sacré coup depuis le 14 janvier. Le tout est d’éviter à travers cette décision que l’armée et le peuple soient renvoyés dos à dos, que le droit de manifester et de contester soient d’une manière ou d’une autre remis en cause, de prévenir les bévues, et d’éviter que les soulèvements populaires, notamment dans les régions, se radicalisent davantage, ce qui sera très périlleux pour le pays.

Quant à la loi sur la réconciliation économique et financière, une initiative présidentielle proposée mardi 14 juillet 2015, lors d’un conseil des ministres à Carthage, le débat à son sujet tourne en rond depuis et n’avance pas d’un iota. Le bras de fer annoncé entre la présidence et ses détracteurs, risque de mal tourner. Le plus judicieux pour le pays, est qu’un compromis soit trouvé au parlement, et que le texte soit amendé de manière à ce qu’il soit en osmose, avec la loi organique portant organisation de la justice transitionnelle, de l’année 2013.

H.J.

 

Commentaires 

 
0 #1 Belle photo
Ecrit par Léon     17-05-2017 07:48
Une belle photo. Si je ne savais pas de quoi il s'agissait, j'aurais dit que c'était une vente aux enchères publiques de tapis de Kairouan. Un monde fou pour une demi douzaine de tapis!
Léon.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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