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Mardi 23 Mai 2017         

Tunisie : Le déficit moral et le manque d’ouverture à la base de nos maux

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Publié le Mardi 28 Mai 2013 à 17:43
La Tunisie appartient à tous ses enfants. La transition démocratique en Tunisie suscite des craintes et des suspicions. Personne ne peut attester de quoi demain sera fait. Mais autant notre avenir paraît incertain, autant l’on garde prise sur une réalité dont l’évolution est tributaire de la volonté des Tunisiens et de leur capacité à surmonter les défis, et à construire un modèle de gouvernance et de société, régi par les principes de démocratie, de liberté et de citoyenneté.

La Tunisie est aujourd’hui à la croisée des chemins. Soit elle arrive à mener sa transition démocratique à bon port, et à asseoir les institutions et les mécanismes du fonctionnement démocratique moderne et transparent. Soit elle sombre davantage dans les clivages politico-idéologiques et dérape vers la violence et l’anarchie ; un scénario dont personne n’ose imaginer les conséquences. Notre acheminement vers l’une ou l’autre des directions dépend de notre capacité à remédier aux tares qui rongent notre société postrévolutionnaire. Dont cette vision manichéenne, égocentrique et étriquée, s’agissant de diagnostiquer les problèmes et de préconiser les solutions à même d’y remédier. A cela s’ajoute un déficit moral, à tous les niveaux, qui entrave quelque peu la marche de la Tunisie vers le progrès souhaité.

La Tunisie est en perte de repères
A ce stade de sa transition, la Tunisie est encore déboussolée, et est en perte de repères. Le  bouillonnement postrévolutionnaire, émaillé depuis son déclenchement par de nombreux soubresauts, n’a pas encore enfanté un projet clair. Il a, à l’inverse, produit des affrontements, des divisions, et des rancœurs qui risquent de nous mener, si l’on ne se ressaisit pas, à la rupture. Et c’est là où réside le rôle de l’élite politique et de l’intelligentsia pour éviter que le pire n’advienne,  en favorisant le rapprochement et l’apaisement de la société, plutôt que les conflits et les clivages.

S’il est vrai que la révolution tunisienne a été spontanée, et conduite grâce au génie de la jeunesse, sans aucun leadership, il n’en demeure pas moins que notre pays a un besoin pressant, à l’étape actuelle, de son élite, de sa sagesse et de son pouvoir bienfaiteur de conscientisation et de moralisation de la société. Cela requiert que cette élite soit mâture, patriote, et respectueuse, elle-même, des règles de l’éthique devant la guider dans toutes ses missions. Or, cela ne semble pas, hélas, le cas de notre élite. Lorsque des juges et des avocats, les représentants de deux nobles corps de métier incarnant la justice, échangent des invectives et des accusations, entretiennent une guerre de communiqués, et sont incapables de gérer leurs différends dans les instances dédiées à cette fin, alors qu’ils ont pour rôle de défendre les opprimés, et de faire valoir la justice dans son acception la plus large, quel espoir garde-t-on à mettre fin aux rapports conflictuels qui gagnent les sphères populaires de la société. Idem, lorsqu’un Cheikh de la mosquée Zitouna accuse un ministère de vol et de détournement de fonds devant les caméras, alors que des soupçons de ce type doivent être soumis à la justice, quelles valeurs promeut-on dans la société ?

La Tunisie a besoin de se réconcilier avec les valeurs morales pour qu’elle puisse franchir ce cap difficile, et aspirer à des lendemains meilleurs. L’Etat ne peut retrouver son autorité et son prestige que si sa conduite procède d’une démarche éthique. Les différents corps de métiers : juges, avocats, journalistes, médecins, experts comptables, promoteurs et autres doivent se réconcilier avec les valeurs morales, activer leurs codes déontologiques respectifs, dont la violation vaudrait à son auteur un passage par le conseil de discipline et des sanctions. Les institutions étatiques et privées doivent pouvoir fonctionner selon les principes de la morale. La morale ne se décrète pas, mais elle s’acquiert, à travers de nouveaux réflexes et de nouvelles règles, mais aussi des mécanismes de contrôle et de sanction. Il s’agit, en fait,  de manier le bâton et la carotte, jusqu’à ce que nos réalités changent vers le mieux. Une société astreinte aux règles morales, sera une société moins tendue et plus décontractée, car les rapports en son sein seront civilisés et bienséants.

L’autre facteur décisif à même de déterminer notre avenir, c’est notre capacité d’ouverture, d’écoute et de tolérance envers l’autre, garante de la préservation de notre paix civile et notre coexistence paisible. On ne le répétera jamais assez, notre diversité est un atout que l’on est amené à exploiter à bon escient. Le pire qui puisse nous arriver est que chaque camp continue à s’enfermer dans un ghetto de dogmes, de poncifs et d’idées arrêtées, et d’être rétif à l’autre. Si l’on part des postulats que personne n’est parfait, mais on tend vers la perfection ;  que personne ne peut prétendre à l’infaillibilité, car l’homme est par essence porté sur l’erreur , que personne ne détient la vérité, mais que celle-ci est l’objet d’une quête éternelle de l’homme sur terre, forcément on va parvenir à vaincre nos blocages et réticences psychologiques, aller vers l’autre, pour tenter de trouver ensemble des pistes de compromis.

Le défi majeur que la Tunisie a à relever est de pouvoir intégrer tous ses enfants dans un modèle sociétal commun, basé sur l’acceptation et la valorisation de l’être, et non sur sa marginalisation, sa diabolisation et son exclusion. Cela ne peut se concrétiser qu’a travers un volontarisme politique, et que si l’élite soit en symbiose avec le peuple, sensible à ses problèmes, ses souffrances, ses inquiétudes et à même de l’accompagner pour qu’il puisse les surmonter, afin qu’il accède au statut de citoyen proprement dit, celui qui a des droits et des devoirs. Bien évidemment, cette cité idéale à laquelle l’on aspire doit être régie par des lois dont on ne doit pas transiger sur l’application.

H.J
.


 

Commentaires 

 
-1 #2 Islam : bouc émissaire idéal!
Ecrit par Fan-Club     29-05-2013 10:29
Amusant Whirlpool!

24 h avant la fuite de Ben Ali, son monde “libre” s’en foutait de la Tunisie et aujourd'hui ce monde qui entre-autre arme les fanatiques en Syrie “a besoin de notre succès”.

Hi-la-rant!Faut-il rappeler à Whirlpool que :
1. nos affaires ne regardent que nous
2. ce sont en fait la France et l’europe qui se “shootent à l'Islam”
3.les nations européennes peinent à définir leur identité (en parlant de nombril) tout en se rendant compte de leur piteuse insignifiance dans le monde global. Comme on ne sait plus ce que c’est que d’être français, anglais, hollandais, allemand, italien, on s’évertue à croire, par compensation, que l’on sait ce que ce n’est pas !
4.le monde regarde avec beaucoup plus d’anxiété ce la crise économique en France et en EU
5.La France a une chance inouie (maintenant ou jamais) de se reconstruire, de se faire une remise en cause fondamentale car la zone euro, le Grand marché, l'Allemagne, l’asservitude aux USA et au sionisme ne la protégeront jamais.

Que ces débats sur l’identité nationale partout en Europe soient orchestrés par les gouvernements n’est plus un secret pour personne! Mais que les discours antimusulmans ne soient plus seulement tolérés mais normalisés montre à quel point Whirlpool et son monde sont “moralemet” atteints!
 
 
+4 #1 Vous avez une chance...
Ecrit par Ben Whirlpool     28-05-2013 19:27
... de construire votre pays: si vous échouez, non seulement elle ne se représentera pas de sitôt, mais en plus vous désespérerez les autres pays qui sont dans la même situation que vous.

Faites taire vos divisions, cessez de vous regarder le nombril et d'être obsédés par votre religion, et mettez-vous au travail ! Le monde a besoin de votre succès.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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