Une enquête menée au mois de février 2012, au sein des universités de Sfax, la Manouba et Tunis, et interrogeant 180 étudiants dont 78.8% sont des femmes et 22.2% des hommes a révélé que 58.4% de l’échantillon nie que les femmes étaient victimes systématiques de la domination de l’homme sous les régimes précédents.
En revanche, 43.3% des interrogés suspectent d’éventuels actes agressifs envers les femmes dans le futur, contre 30.7% qui demeurent optimistes.
Au sujet du Code du Statut Personnel, 44.7% espèrent le maintien de celui-ci, et 78% des participants au sondage, se disent supporter le gouvernement et/ou les associations qui visent à asseoir et renforcer le CSP. Ces résultats ont été révélés ce matin, lors d’une conférence internationale qui a réuni, des femmes engagées au sein des partis islamistes en Tunisie, en Egypte et en Mauritanie.
Le débat a tourné autour du sujet « la politique, l’économie et le genre dans l’Islam ». Un débat centré sur le rôle et la place de la femme dans une société régie par des partis islamistes.
Plusieurs sujets, dont le travail de la femme, son rôle social et surtout son statut social tel que évoqué dans les textes saints.
«Au sujet de la polygamie, depuis le troisième siècle de l’hégire, il existe en Tunisie le contrat de mariage kairouanais, qui procure à la femme le droit de se séparer de son mari s’il désire se remarier. La polygamie se base sur l’équité entre les épouses, ce qui est fait rare. Et si la polygamie est source de conflit au sein de la famille, il faut que le chef de la famille renonce à cette idée. Je rappelle que la femme s’est libérée sous l’Islam, et nous en tant que mouvement islamistes nous sommes ouverts… », Explique Rafia Attia, professeure en Histoire de l’Islam à l’université de Kairouan, et membre du mouvement Ennahdha.
«Il n’est pas vrai qu’il existe une contradiction entre la Chariaa et les droits de la femme…On croit savoir que la femme hérite la moitié de ce qu’hérite l’homme. Ce que l’on ne sait pas, c’est que la femme hérite la moitié de ce qu’hérite l’homme dans seulement 4 cas de figure. Dans 20 cas, elle hérite plus que l’homme, dans 8 cas elle hérite autant que l’homme, et dans d’autres cas, elle hérite, et l’homme n’hérite pas », ajoute Noha Salama, membre du parti égyptien Justice et Paix.
Selon elle, la signification de la Chariaa doit être revue. « Dans les partis islamistes dans lesquels nous sommes, le but n’est pas de faire appliquer la Chariâa coûte que coûte, mais de faire régner l’esprit humain qui caractérise cette religion », précise la jeune femme.
Parmi les présents, certains membres de la société civile se sont interrogés au sujet de la religion et de son application dans les lois en rapport avec le genre. « Le mouvement Ennahdha n’est pas pour la polygamie, mais il se pourrait qu’il annule l’interdiction textuelle de sa pratique. Sa position reste floue et sujette à équivoque dans certains sujets », s’exprime une dame.
Noha Salama répond qu’après les années de répressions et de dictature, la femme comme l’homme ont besoin de se réaliser, de prendre leurs marques, et que son parti reconnaît que les débuts peuvent être difficiles dans la communication et l’échange avec toutes les autres parties prenantes de la société.
Rafia Attia, réplique que la Tunisie est en phase de construction, « et ce qui nous unit, est plus important de ce qui nous sépare. Nos priorités à tous en Tunisie sont le développement dans les régions…l’objectif premier de la constitution, c’est de ne jamais retourner au despotisme, assurer la justice sociale et la dignité, et de préserver les acquis de l’équité entre l’homme et la femme…il faut que nous répondions à ces attentes qui sont plus urgentes. Et pour revenir au sujet de la polygamie, si je refuse ce concept c’est une résultante de ma lecture propre de la chariaa. Ce point de vue n’est pas importé de l’extérieur, mais de l’intérieur même de la loi islamique. ». Elle ajoute que le souci actuel en Tunisie, n’est pas de trouver un moyen d’accéder à la polygamie, mais comment se marier « le jeune ne peut même pas en épouser une, et la même chose pour les filles », dit-elle.
Elle ajoute qu’elle a longuement étudié le CSP, « et je ne trouve pas qu’il est en contradiction avec l’Islam. Son texte premier a été rédigé en 1948 par le cheikh Mohamed Laziz Jaeïet et un groupe de théologiens tunisiens, éminents zeitouniens, mais son contenu a été gelée, jusqu’à la venue de Bourguiba qui a voulu associer l’indépendance de la Tunisie à la libéralisation de la femme, en continuité à l’esprit réformiste de Kheireddine…nous ne pouvons pas nier cela », reconaissant que le contenu du CSP peut être une base d’inspiration pour l’écriture de la constitution et des lois futures.
Chiraz Kefi
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Commentaires
Ecrit par al07 16-04-2012 00:30
Rien à ajouter.....
Ecrit par khammous 14-04-2012 23:25
Ecrit par Pseudo 13-04-2012 10:38