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Lundi 22 Janvier 2018         

Tunisie : L’alliance tripartite et le désir de l’UPL de réintégrer le gouvernement

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Publié le Vendredi 15 Décembre 2017 à 17:24
Slim Riahi, Hafedh Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi font cause commune. S’il y a un mot qui qualifie si bien le paysage politique en Tunisie, c’est bien l’inconstance. Ce qui est vrai aujourd’hui, peut ne plus l’être demain. Les décisions rendues, annoncées et quasi-officialisées peuvent à tout moment tomber à l’eau. Les alliances se nouent et se dénouent au gré des événements, des humeurs et des intérêts des uns et des autres, rassemblant dans le même camp, de tel bord comme de l’autre, des partis au pouvoir, et d’autres qui en sont à l’extérieur. C’est de quoi être décontenancé et perdre tout discernement.

L’alliance du moment, toute nouvelle et toute spectaculaire, est celle des mouvements Ennahdha, Nidaa Tounes, et l’UPL, dont les trois dirigeants posent côte-à-côte devant les caméras. Les ennemis d’hier, deviennent les amis d'aujourd’hui, un fait qui n’est pas étrange en politique, mais dans lequel notre classe politique excelle ; elle en fait trop même.

Les trois partis qui en étaient hier, jeudi 14 décembre, à leur troisième réunion de concertation, ont discuté de la date des municipales, dont ils proposent la tenue en 2018, avant l’avènement du mois de Ramadan. Ils annoncent aussi leur intention d’appeler leurs blocs parlementaires respectifs à coordonner leur action, pour voter rapidement le code des collectivités locales dans les délais les plus proches.

Confusion autour du 25 Mars

Ces dernières 48 heures, la confusion était totale sur la tenue du scrutin local le 25 Mars 2018, date fixée par l’instance électorale, après avoir été obligée de reporter le scrutin, initialement prévu le 17 décembre, soit après-demain, dimanche. Les membres de l’instance ont accouru, mercredi dernier, vers Youssef Chahed pour lui faire part de la demande des deux partis de la majorité parlementaire et de l’UPL, de reporter les municipales. Le chef du gouvernement les a exhortés à poursuivre les concertations, concédant à l’ISIE toute la latitude d’arrêter une échéance et l’assurant des dispositions du gouvernement à réussir le scrutin local, celui qui sera le point de départ pour la mise en œuvre de la politique de décentralisation et le transfert des prérogatives du pouvoir central aux autorités locales, chose qui est de nature à révolutionner le mode de développement dans les régions, comme l’avait affirmé le locataire de la Kasbah pas plus tard que cette semaine.   

Cet appel au report émanant de partis qui défendaient mordicus il y a peu la tenue du scrutin à la date du 17 décembre, a paru quelque peu étrange. Sans démentir l’information, et de peur que leur mouvement ne soit décrédibilisé, les dirigeants d’Ennahdha sont allés déclarer aux médias le souci de leur parti que les élections soient tenues le plus tôt possible, à la date du 25 mars. Tout en rappelant que leur mouvement n’est pas le seul à décider et qu’il reste ouvert à toutes les suggestions. C’est le style du oui…mais, et des positions en demi-teinte dans lesquels Ennahdha est passé maître, toujours au nom du sacro-saint principe du consensus. 

Pendant sa sortie d’hier, Rached Ghannouchi a clarifié les choses, évoquant le 25 Mars, Avril ou la première semaine de Mai, comme date possible pour appeler les Tunisiens aux urnes, pourvu que ce soit avant l’avènement du mois de Ramadan, un point autour duquel les trois partis sont tombés d’accord. Attendons-nous donc de choisir nos élus locaux pendant les mois de Rjeb ou de Chaâbane…

Autre point à l’ordre du jour de la réunion d’hier, est cette contrariété exprimée par l’alliance tripartite envers le vote discordant des partis de la coalition, et des signataires de l’accord de Carthage, notamment Afek Tounes et Machrou Tounes, de la loi de finances 2018, où seule une minorité de leurs députés l’a entérinée. Cette attitude a été qualifiée par Rached Ghannouchi de "trahison" envers le gouvernement, pointant "un avilissement" de la politique.

La porte-parole de l’UPL, Samira Chaouachi, va plus loin, en relayant l’appel de son parti aux formations politiques qui ne soutiennent pas réellement le gouvernement, de le quitter. Ôtes-toi que je m’y mette. L’UPL a l'air de regretter son départ du gouvernement d’union nationale, et semble avoir à cœur d’y retourner, chose qui lui évitera, manifestement, les ennuis, et les démêlés avec la justice. L’actuelle coalition gouvernementale est de nouveau sujette à des turbulences.
Gnet

 

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