sur   
Suivez-nous
Accueil l Temps Fort l National l Monde l Sport l Net & Informatique
Mercredi 19 Juin 2013         

Tunisie : La troïka est tout sauf un rassemblement hétéroclite (Marzouki)

Imprimer Envoyer
Publié le Mercredi 18 Juillet 2012 à 15:39
Moncef Marzouki au Palais Bourbon.Moncef Marzouki, président de la République, a rendu hommage à la solidarité et la générosité de la France envers la Tunisie. "Seule une fraction officielle de la France a soutenu la dictature. La part essentielle de la France, celle  des élus locaux, des médias, des intellectuels, celle qui m’a donné asile, cette France ne nous a jamais fait défaut, et nous a accompagnés aussi loin que possible jusqu’à la chute du tyran".

Marzouki a affirmé dans un hémicycle clairsemé du palais Bourbon, devant une présence massive des députés de la Gauche et très faible de ceux de l’UMP, "la fierté du peuple tunisien de construire  les fondements d’un régime démocratique, un processus difficile mais  inéluctable". "La Tunisie saura être un modèle de réussite démocratique", a-t-il asséné dans un discours retransmis en direct par la chaîne parlementaire LCP.

"Notre révolution a suscité des questions, des inquiétudes et des doutes", a reconnu Moncef Marzouki. "Parmi ces questions que l'on pose souvent : Est-ce la Tunisie est tombée dans l’escarcelle de l’islamisme ? Non la Tunisie est tombée dans l’escarcelle de la démocratie", a dit le locataire de Carthage, applaudi à plusieurs reprises par les députés. A l’instar "des partis chrétiens démocrates qui existent en Europe, il y aura des partis islamo-démocrates dans le monde arabo-musulman dont Ennahdha est le prototype tunisien. Ennahdha a adhéré à la démocratie, certains  disent que c’est par tactique, moi je dirai que c’est par conviction, l’avenir nous le dira", a-t-il souligné en substance.

Marzouki qui ne cache pas que la liberté de création est menacée, estime que "la  protection des libertés publiques et privées est un  combat constant." Le chef de l’Etat reconnaît l’existence de dérapages salafistes, mais estime que le débat qui a cours actuellement en Tunisie sur où commence la liberté des uns, et où finit la liberté des autres, "est un signe de bonne santé".

"La Tunisie est un pays abolitionniste de facto et j’espère qu’elle le deviendra de juré", a-t-il dit, indiquant avoir commué la peine de 220 condamnés à mort. Marzouki est revenu sur l’extradition d’al-Baghdadi al-Mahmoudi , notant en substance que la crise ayant éclaté suite à cette affaire est une démonstration de son apposition à l’atteinte du droit d’asile, et sa détermination à le défendre.

Evoquant la troïka au pouvoir, "cette alliance entre démocrates laïcs et islamistes, il l’a expliquée par une longue histoire commune d’un pari sur l’avenir, même si ces deux courants se sont longtemps affrontés, n’ayant pas réussi à trouver un langage commun par le passé.

"Les expériences vécues ensemble ont rapproché les uns et les autres dans leur combat contre la dictature en 2003 et en 2006. Une longue maturation a fait cette troïka qui est tout sauf un rassemblement hétéroclite pour des raisons politiciennes. La troïka est une composition d’unité nationale, nous avons travaillé ensemble au centre pour mettre en place un gouvernement où les deux fractions, moderniste et conservatrice de la société, puissent se reconnaitre".

"L’expérience de la troïka en Tunisie donnera l’exemple à tout le monde arabe, et notre responsabilité est d’autant plus grande. Nous devons réussir cette expérience, notre façon de procéder, la recherche du consensus, et le rejet des affrontements stériles aidera à la pacification de l’ensemble du monde arabe", a-t-il soutenu.

Le chef de l’Etat a évoqué la volonté de la Tunisie de promouvoir et de renforcer ses rapports avec son environnement géographique proche. "La Tunisie relève de trois sphères d’appartenance simultanées : maghrébine, africaine et euro-méditerranéenne. Nous voulons promouvoir nos rapports avec l’Europe notamment avec la France, qui est la porte d’entrée dans cette Europe".  Il a parlé également de la volonté de construction du Maghreb uni, qui sera discutée lors du sommet de Tunis en octobre prochain. Avec le nouvel espace maghrébin intégré, la part des échanges de la France et de l’Europe risque de baisser, mais cette baisse en pourcentage est relative, ces échanges connaîtront une forte expansion en volume".

Marzouki a parlé "des motifs sérieux et urgents pour des partenariats solides avec le Maghreb et le voisin africain". Il a déploré que le sahara africain soit devenu un refuge "de bandes nombreuses de malfaiteurs de trafic d’armes et de stupéfiants, et subsidiairement dans le terrorisme. Une question qui exige une coopération et des initiatives communes des pays de la région".

Marzouki a voulu rassurer la France et l’Europe que la Tunisie n’entend pas remettre en cause ses relations avec ses partenaires traditionnels, l’avenir de la Tunisie est dans cette zone euro-méditerranéenne, a-t-il dit.

Cet ancien exilé en France qui dit s’être inspiré et véhiculé avec les hommes de sa génération les idéaux de la révolution française, s’est dit confiant de la détermination de la France de ne ménager aucun effort, "pour que nous Arabes et Français avançons dans la même direction". A fortiori que "la  Tunisie a rejoint le club démocratique, les relations entre nos deux pays s’en trouveront facilitées".

Moncef Marzouki a été au départ chaleureusement accueilli par Claude Bartolone, président de l’assemblée nationale française, natif de Tunisie, qui lui a rendu hommage en tant "qu’infatigable militant des droits de l’homme".  "La France connait et reconnait votre attachement constant pour la liberté en Tunisie et dans le monde arabe. Vous avez combattu sans relâche le despotisme d’hier, votre inspiration était que la société ne doit pas prendre les choses de l’ordre pour l’ordre des choses". Pour Bartolone, "il y a des paroles qui comptent dans l’histoire, des paroles qui font l’histoire, à l’instar du mot dégage grâce auquel sont devenues possibles, à deux siècles d’intervalle, les révolutions française et tunisienne".

"La représentation nationale vous adresse trois messages", a dit Bartolone à Marzouki. "Le premier est l’expression de notre confiance. Depuis le 17 décembre la Tunisie fait face à son destin ; sa réussite est un enjeu crucial", a-t-il dit se disant confiant dans  la  maturité et la lucidité des Tunisiens pour faire de leur pays une terre où poussent les droits, les perspectives sociales et le vivre ensemble".

"Le deuxième message est qu’Islam et démocratie peuvent se conjuguer et doivent se conjuguer. La Tunisie est engagée dans cette voie originale, et la France restera vigilante sur le respect des principes démocratiques, des droits de la femme...

Le troisième message est la clarté de la vision des relations qui lient nos deux pays". Bartolone a exprimé "tout le prix que nous attachons à l’amitié franco-tunisienne,  nous avons à cœur  de la  renforcer dans le cadre d’un partenariat équilibré entre deux Etats frères et souverains".

H.J.
 


 

Ajouter un Commentaire

Code de sécurité
Rafraîchir

 
  • Temps fort
  • Sur le vif
  • National
  • Monde
  • Sport
  • Net & Info

Gratuit

Famille

Entreprises

Hébergement

Couverture ADSL
Vérifiez votre numéro de téléphone :
 Lire aussi



GlobalNet - 53, Rue des Minéraux, La Charguia I 2035 Tunis, Tunisie ( Plan d'accès )
Hotline commerciale : 70 132 133 - Hotline technique : 70 132 131 - Hotline réabonnement : 70 132 100
E-mail : globalnet@gnet.tn  - Fax : (216) 70 014 040
© Copyright GlobalNet 2006 : Fournisseur d'accès Internet en Tunisie - ADSL Tunisie . All rights reserved