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Lundi 20 Mai 2013         

Tunisie, "la torture existe toujours dans les prisons et les postes de police"

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Publié le Lundi 25 Juin 2012 à 15:54
Vue de la conférence de presse de ce lundi 25 juin. L'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) fête pour la première fois en Tunisie, la journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture. A cette occasion, une conférence de presse a été organisée lundi matin à Tunis en présence de Radhia Nasraoui et plusieurs autres avocats tunisiens.
 
Au cours du point de presse, le secrétaire général de l'Organisation contre la torture en Tunisie (OCTT), Mondher Cherni, a fermement condamné la décision du gouvernement d'extrader dimanche dernier, l'ancien premier ministre libyen, Baghdadi Mahmoudi : "L'affaire Mahmoudi est dangeureuse et le gouvernement et la présidence devront assumer leurs reposabilités. Nous sommes le seul pays à avoir extradé les anciens ministres libyens. Les autres, comme le Qatar, ont tenu compte de la situation de la Libye et ont décidé de ne faire aucune extradition car les conditions ne favorisent pas la tenue d'un procès équitable. D'ailleurs, il était prévu que l'extradition ne soit faite qu'après avoir reçu le rapport que devait préparer la commission qui s'est déplacée en Lybie il y a quelques semaines. S'il lui arrive quelque chose, le gouvernement devrait assumer sa responsabilité".
 
Mondher Cherni a aussi avoué que la torture existe toujours en Tunisie et qu'une instance spéciale sera constituée afin de visiter les prisons, les hôpitaux psychiatriques et les centres de redressement social afin de mettre fin à ces pratiques. Il a ensuite souligné que plusieurs cas ont été enregistrés depuis le 14 janvier 2011 à la prison de Bizerte, ainsi qu'au Kef où des agents ont lancé des bombes lacrymogènes dans une maison causant de sérieuses blessures à un jeune dont le père, qui était présent, a confirmé les faits en montrant des photos de son fils sévèrement touché.
 
Imen Triki, présidente de l'association Liberté & Equité, a déclaré que la torture existe toujours dans les postes de police et dans les prisons en Tunisie : "Les pratiques de l’ancien régime n’ont pas disparu. La torture a même eu lieu dans les hôpitaux sous le regard des médecins. A Saidi Bouzid, le jeune Saber Aloui a été attaqué chez lui et jusqu’à ce jour, on tente de le dissuader de porter plainte". Triki a ensuite parlé des incidents du 9 avril où selon elle, la dispersion des foules a été tellement forte que même les personnes qui ne participaient pas à la manifestation ont été touchées. Elle a aussi évoqué le retour des manœuvres qui rappelaient l’ancien régime telles que la position appelée "Poulet rôti" utilisée pour faire parler un accusé. A la fin de son intervention, l’avocate a parlé de "la torture psychologique subie par un mouvement pointé du doigt lors des incidents au Palais d'al-Abdelia de la Marsa pour s'aperçevoir finalement que toutes les personnes interpelées jusque là n’appartiennent pas à ce mouvement. A signaler que durant les derniers évènements, les forces de l’ordre ont fait usage des balles qui causent au moins un handicap de 10 ou 15 % ont été utilisés !"
 
Venue spécialement pour la journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, Gabriele Reiter, membre de l'OMCT, a insisté sur le rôle important que jouent l'ANC et le gouvernement pour restaurer la confiance des Tunisiens en la justice en poursuivant les tortionnaires.
 
Quant à Helene Legeay, membre de l’action pour l’abolition de la torture, elle a fait savoir que plusieurs victimes de la torture durant l’ancien régime ont été entendues et des procès sont en cours pour que les tortionnaires soient punis comme le cas du dossier Baraket Essahel. Elle a également critiqué certains magistrats qui ne font pas assez d’efforts pour que leurs collègues et les médecins impliqués dans des affaires de torture soient punis. Elle les a aussi critiqués pour ne pas avoir demandé au ministère de Intérieur d’accéder aux archives. Ce qui facilitera l’arrestation des coupables. Enfin, elle a déclaré que la police juridique n’a pas jusque-là procédé à l’arrestation des policiers tortionnaires.
 
Dans un rapport fait par l’association, plusieurs recommandations ont été faites aux autorités tunisiennes pour prévenir les actes de torture et autres traitements jugés inhumains. Ces recommandations concernent le comportement des policiers, des militaires et des agents de l’administration pénitentiaire. Ces derniers devraient être informés qu’il est strictement interdit de recourir à la torture et aux mauvais traitements quelles que soient les circonstances. Les policiers et militaires, ne devraient plus selon eux, porter des cagoules lors des opérations de terrain pour que ceux qui font usage de la torture soient identifiés. L’association suggère également d’interdire aux policiers le recours excessif à la force à l’encontre des manifestants. Pour ce qui est des gardes à vue, il a été conseillé d’appliquer la loi en informant la famille de chaque personne arrêtée. Cette dernière devrait être soumise à un examen médical durant la garde à vue. Concernant les personnes en détention, l’association a demandé que ces gens soient respectés et transférés vers d’autres établissements s’ils sont victimes de torture. Enfin, une demande de renoncer à l’extradition d’individus vers un pays tiers s’il existe des risques qu’ils soient soumis à la torture ou à des mauvais traitements.
 
La journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture se déroulera les 25 et 26 juin à la maison de la culture d’Ibn Khaldoun où il y aura des expositions et un concert de musique.
 
Anis Ben Othman

 

Commentaires 

 
0 #3 Nabil Ben Amor
Ecrit par gerard legrange     29-06-2012 16:18
Je confirme que la torture existe toujours en Tunisie, Nabil Ben Amor arrêté Lundi 25 juin 2012 vers 7h, après une altercation avec des policiers qui ont saccagé son hôtel pour cause de possession d'une partie de la plage sans permis, si ceci c'est pas de l'abus des policiers, à l'heure actuel Nabil Ben Amor c'est fait rasé le crane et aussi c'est fait tabassé, des rumeurs disent que cela viendrait d'un complot de mr Hammemi de bizerte, la Tunisie ne sera plus pareille, il y aura plus de défit avec une Tunisie non construite, pour un jour avoir plus de droit de l'homme.

c'est ainsi que je termine sur ces mots, qui est tu toi homme pour me juger, me frapper ou faire des complots, si nous peuple Arabe ne sommes pas solidaire comment avancer, qui êtes vous pour me dire comment penser quoi faire ou pas faire, ici l'homme tunisien est encore sous évolué et non solidaire.
 
 
0 #2 Trop drôle!
Ecrit par SDF     26-06-2012 20:48
Je cite "Les autres, comme le Qatar, ont tenu compte de la situation de la Libye ..."
Doit-on rappeler que le Qatar n'a pas pris en considération la situation stable en Tunisie, où il fait mine de vouloir investir, sans pour autant nous renvoyer el materi et la prostipute qui lui sert de femme!
Allons, allons, un peu de sérieux et un peu de crédibilité!
 
 
+2 #1 C'est normal que ca existe encore
Ecrit par Zico     26-06-2012 13:10
Franchement, comment pouvez vous vous attendre à ce que la torture cesse en Tunisie si les mêmes tortionnaires de Ben Ali sont encore la? Avec la montée des extrémistes religieux, la torture ne fera qu'augmenter.
C'est simple, le gouvernement Nahdhawi, a pris la décision de continuer avec les effectifs de Ben Ali.
Détrompez pas, la Tunisie est encore ce pays où un policier peut arbitairement arrêter un citoyen et le tabasser dans un poste de police.
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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