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Mercredi 23 Août 2017         

Tunisie/ Réforme de l’administration : Pourvu que ce ne soit pas une garderie pour adultes !

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Publié le Mercredi 08 Février 2017 à 17:34
La modernisation de l’administration passe par une révolution dans les esprits. Une fonction publique pléthorique, comme c’est le cas de la nôtre avec 650 mille fonctionnaires, alourdit le budget de l’Etat et met à mal les finances publiques. La masse salariale de la fonction publique en pourcentage du PIB est parmi les plus élevées au monde, a réitéré hier le FMI, rappelant l’une de ses principales injonctions aux autorités tunisiennes de la comprimer.

Le gouvernement lui met des propositions sur la table pour solutionner cette situation problématique, sur les court et moyen termes. Abid Briki, ministre de la fonction publique et de la gouvernance, fait le tour des plateaux pour expliquer les formules de retraite anticipée et de départ négocié proposées aux cols blancs afin de quitter d’une manière volontaire leur poste.

Ces  mesures exceptionnelles, dictées par la conjoncture, visent à dégraisser l’effectif des fonctionnaires, pour que, le moment venu, on entame la réforme des caisses sociales sur des bases saines, argumente-t-il. Le recours temporaire à la retraite anticipée n’est donc qu’un moyen pour parvenir au prolongement durable de l’âge de la retraite ; travailler et cotiser plus longtemps seraient inévitables pour rétablir l’équilibre des caisses sociales empêtrées dans des déficits abyssaux.

Le sauvetage du pays reste ainsi tributaire d’un processus de réforme de longue haleine, devant toucher en priorité la fonction publique. Ses résultats restent, néanmoins,  hypothétiques, en présence d’aspects essentiels qui ne sont pas pris en ligne de compte.

Le passage du témoin
L’administration est gangrénée par nombre de problèmes qui en entravent le fonctionnement et l’empêchent d’être un soutien et un catalyseur pour l’économie nationale. Le sureffectif, s’il est le principal handicap, n’est pas le seul, à côté d’anomalies en matière de dispatching, d’affectation et de désignation de l’Homme qu’il faut, à la place qu’il faut. Aussi au sein de l’administration, la transmission de la connaissance, et de l’expérience est carrément en panne. Des barrières sont dressées  entre ancienne et nouvelle générations, et les échanges nécessaires à la bonne marche de travail, au présent et au futur, sont quasi-rompus, ce qui pose des questions sur le passage du témoin, et la relève.

L’administration souffre d’un faible taux d’encadrement, et le travail en son sein procède beaucoup plus de l’improvisation que de méthodes rationnelles et scientifiques. Sans compter le climat malsain qui y prévaut marqué par les micmacs, les magouilles, les sabotages…et ce  non-dit érigé quasiment en règle : plus vous êtes compétent, et animé d’un sens de valeurs et d’éthique, plus vous suscitez la peur, la méfiance et êtes mis à l’écart. A contrario, plus vous épiez vos collègues, vous surveillez leurs faits et gestes, et colportez le vrai et le faux de leur conduite, plus vous trouvez grâce aux yeux de vos supérieurs, et serez, par ricochet, en tête de liste des candidats à la promotion et à la gratification professionnelle.  

Au sein de l’administration, rares sont les gens qui réfléchissent, écrivent, proposent de nouvelles idées. La majorité est enfermée dans une espèce de ghetto, cantonnée qu’elle est dans des tâches monotones répétées machinalement, sans en  savoir le pourquoi et le comment. Avec des cerveaux fatigués non pas par la réflexion et le raisonnement, mais par l’immobilisme et la sclérose.

L’on se demande des fois si l’administration n’est pas réduite à une garderie pour adultes où l’essentiel est de pointer à des horaires fixes à l’entrée et à la sortie, peu importe le travail fourni et le rendement donné.

A tous ces problèmes, vient se greffer le fléau de la corruption qui prend de l’ampleur notamment dans les services qui dispensent des prestations aux citoyens et autres acteurs économiques, constituant un frein majeur à la croissance et au développement.   

Le rêve d’une administration moderne, réactive, et débarrassée de toute forme de pesanteurs, ne se fait pas par des décisions que l’on prend derrière les portes closes, mais par un changement des mentalités. Les réformes qui demeurent incontournables pour permettre à la machine administrative de fonctionner, à l’Etat d’alléger ses charges, et au pays d’améliorer son image et sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds seraient insuffisantes, si l’on continue à s’en tenir à cet état d’esprit archaïque et au concept de Rizk el-bilik : La modernisation de l’administration passe par une révolution dans les esprits.
H.J.

 

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