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Vendredi 14 Décembre 2018         

Tunisie : Les Soutiens étrangers affluent dans un contexte de crise

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Publié le Jeudi 12 Juillet 2018 à 13:39
Youssef Chahed et Johannes Hahn ce jeudi 12 juillet à Tunis. Alors que les partenaires étrangers, et les bailleurs de fonds continuent à défiler, avec une succession de visites de délégations du FMI, de la banque mondiale, et aujourd’hui même du commissaire européen à la Politique européenne de voisinage et aux Négociations d'élargissement qui conduit les représentants de huit institutions financières, tous affichant leur soutien aux réformes économiques engagées dans le pays,  la Tunisie continue à être plongée dans une crise multiforme, et des tiraillements aggravés par le dernière opération terroriste d’Aïn Soltane.

La coalition au pouvoir est disloquée, et le consensus entre les deux forces de la majorité parlementaire, Ennahdha et Nidaa, conclu depuis le début du quinquennat est rompu de facto, du fait de désaccords majeurs ayant opposé cette dernière période les deux forces parlementaires, notamment celui portant sur le changement du gouvernement et le départ de Chahed ; ce 64ème point ayant motivé la suspension du document de Carthage le 28 Mai dernier.

Depuis les choses demeurent en l’état, Youssef Chahed et son cabinet continuent à travailler en tentant tant bien que mal à faire comme si de rien n’était, tout en essuyant, selon les jours, des tirs amis et ennemis et toutes sortes de critiques. Le président de la république, lui, se mure dans le silence. Nonobstant les sollicitations, il semble ne pas avoir envie "de se mêler" de nouveau de cette histoire.

Par ailleurs, la motion que certains députés ont fait circuler à l’Assemblée pour collecter les signatures nécessaires à la tenue d’une séance de renouvellement de confiance au gouvernement reste jusque-là sans suite.

Une situation chaotique, et personne ne semble attester à ce jour de la manière dont elle sera dénouée. Outre la propension des uns, et des autres de la faire durer au point d’une lassitude générale, des événements sont survenus, ont mis la crise entre parenthèse, et donner une certaine légitimité au gouvernement de décider et d’agir.

Entre le naufrage au large de Kerkennah du 02 juin et son lourd bilan, et la lâche opération terroriste d’Aïn Soltane du 08 juillet, d’autres événements nationaux se sont imposés, à l’instar du mois de Ramadan, de l’Aïd, des examens nationaux, de la sécurisation de la saison estivale… qui ont fait que le débat sur la crise politique s’essouffle, sans que certains ne désespèrent de le raviver et de le faire revenir au-devant de la scène.

Les divergences qui s’exacerbent à Nidaa Tounes, et la résurgence du conflit au sein de son comité politique, avec deux camps qui s’étripent, découlent d’un désaccord autour du maintien ou non de Youssef Chahed. Hafedh Caïd Essebsi qui persiste et signe à réclamer son départ,  est désavoué par des membres des instances dirigeantes du parti qui soutiennent le locataire de la Kasbah, invoquant le besoin de stabilité politique dans le pays. Cette discorde est de nature à accentuer la crise, vu l’interdépendance entre les institutions de l’Etat, et le parti fondé par Béji Caïd Essebsi.

Sur le front social, les choses semblent se calmer quelque peu. Youssef Chahed renoue avec Noureddine Taboubi après une longue rupture, et une série de rencontres les a réunies cette dernière période dont celle d’hier, où ils ont procédé à la signature de l’accord-cadre des négociations sociales dans la fonction publique et le secteur public.

Dans le domaine économique, les premiers frémissements de reprise semblent se confirmer, avec un taux de croissance de 3 % attendu au 2ème trimestre, selon le gouverneur de la banque centrale. Une goutte dans l’océan face aux énormes problèmes qui persistent : hausse de l’inflation, dépréciation du dinar, amenuisement des recettes en devises, déséquilibre des finances publiques…

Le pays donne l’impression d’être géré par petits bouts, et au jour le jour ; les solutions parcellaires et isolées s’y substituent à une stratégie globale, et à une vue d’ensemble, c’est ce qui fait qu’on avance dans un terrain miné, et suspendu à plusieurs impondérables. Or, les grandes réformes, qui recueillent beaucoup plus des soutiens étrangers qu’intérieurs, ne sauraient prendre de l’effet, si le climat n’est pas assaini, et la crise politique ne connait pas d'épilogue.
Gnet

 

Commentaires 

 
+1 #1 RE: Tunisie : Les Soutiens étrangers affluent dans un contexte de crise
Ecrit par Agatacriztiz     12-07-2018 15:40
Il faut que la pagaille soit savamment entretenue, comme ça les bailleurs de fonds et autres "âmes charitables" se bousculeront devant le portillon Tunisie...
 
Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'en est, en aucun cas, responsable du contenu.

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