Tunisie - Imposante manifestation contre la violence |
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Publié le Samedi 28 Janvier 2012 à 17:16 |
Environ cinq mille personnes ont manifesté, samedi à Tunis, contre la violence et l’extrémisme. Parmi les présents, des leaders des partis d'opposition, dont Maya Jribi, secrétaire générale du Parti Démocratique progressiste, l'ancien ministre Said Aidi et Yadh Ben Achour, professeur universitaire et président de la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution. Au cours de cette manifestation, "le gouvernement a été appelé à assumer ses responsabilités en appliquant la loi contre ceux qui la violent".
Peu avant midi, des dizaines de personnes arrivaient de toutes parts pour se rassembler au niveau de l'avenue Mohamed V, brandissant des pancartes et des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : "Non à la violence", "Le peuple est musulman, il veut travailler", "Travail, liberté, dignité". L'hymne national était également chanté à plusieurs reprises tout comme des slogans anti-extrémisme appelant la jeunesse à s'unir contre le terrorisme. "Le gouvernement doit réagir aux actes de ces personnes qui menacent les libertés" a déclaré Yadh Ben Achour.
Un professeur universitaire s'est également exprimé auprès des journalistes : "Nous n'avons pas peur. Il n'est pas question qu'on fasse marche arrière. Il y a des signes inquiétants : Le gouvernement n'a pas réagi quand les pseudo-salafistes ont observé un sit-in à l'université mais celui des professeurs s'est mal terminé. Des journalistes ont également été agressés... De toutes les manières, Chourou était clair et le masque est tombé". Ce dernier a été d'ailleurs pointé du doigt par les manifestants : "Chourou est un lâche" scandaient-ils lors de leur marche. Pour rappel, le député d'Ennahdha a été au cœur d'une polémique au cours de la semaine suite à son intervention lors de la séance de lundi dans l'assemblée de la constituante.
Arrivés au niveau de l'avenue Habib Bourguiba, les manifestants ont rencontré un rassemblement pro-gouvernement dans lequel l’ancien premier ministre, Beji Caid Essebsi a été pris pour cible, tout comme Zied Krichene. Une pancarte contenant un article pro-Ben Ali rédigé par le journaliste récemment agressé lors du procès de Nessma TV a été brandie. Séparées par un bouclier humain, les deux parties se sont verbalement attaquées. Chacune d’elles traitait l'autre de "Rcdiste".
La marche, qui s'est finalement déroulée sans incidents, a ensuite continué sa route jusqu'à l'avenue de Paris. A noter que les forces de l'ordre étaient présentes en masse afin d'éviter les affrontements et les dérapages.
Anis Ben Othman
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Commentaires
Ecrit par mahjoub el hamel 07-02-2012 10:31
Trois années après la publication du document ci-joint, le bras armé du terrorisme salafiste passait à l’assassinat de l’intelligence, de l’art, de la culture.
Certes « l’histoire ne se répète pas », peut-être bégaie-t-elle, mais les processus liberticides engagés, par les fondamentalistes, ici ou là, se ressemblent, car issues de la même matrice idéologique, malgré les enfumages politiques et les boniments de leurs «états-majors ».
Enfin, il faut surtout éviter, de dire et de penser « ils sont une minorité ». Tous les mouvements liberticides ont commencé avec une « minorité », au niveau du nombre, dans un premier temps. Mais le terreau idéologique n’est pas minoritaire.
Texte du R.A.I.S. Mai 1990.
La culture, l’art et la science en sursis.
Des écrivains insultés (Kateb Yacine, Tahar Ouettar, Rachid Boudjedra)(1) , des cinéastes menacés ou empêchés de tourner (Laradji, Zemmouri, Mazif…), des comédiens empêchés de se produire ou menacés de mort ( Medjoubi (2) , Fellag,, Troupe du 1er Mai), des spectacles de théâtre annulés : « El Aïta », à M’sila, « Faqou » à la salle Ibn Khaldoun à Alger, le chanteur petit Matoub , le groupe Ideflawen, la chanteuse Houria Aïchi3 déclarés « fesq (4 )», et prétexte à la terreur des citoyens et aux affrontements devant le cinéma Atlas à Bab-El Oued, la chanson chaâbi hors-la loi, -qu’arriverait-il aujourd’hui à Hadj M’hamed El Anka ?- les chants religieux -medh- accompagnés d’instruments à musique « la yadjouz (5)» , les romanciers qui ne font que « du vide par le vide, -Abassi Madani (6) dixit-, les journalistes insultés et empêchés d’exercer librement leur métier (7).
Faire la chasse aux artistes algériens parce qu’ils sont artistes, aux intellectuels parce qu’ils sont intellectuels, aux scientifiques (8) , quelles que soient leurs opinions ; traquer des démocrates (9), des militantes d’associations (10), des femmes, des syndicalistes (11), des militants de parti (12). Telle est la volonté de ces ennemis de la civilisation, de la culture, de la science, et de la démocratie.
Mais cette volonté s’étend à d’autres éléments et aspects de notre société, de notre histoire, de notre vie : atteintes au patrimoine archéologique -dernières en date : le site de Tipasa-, tentatives d’empêcher des « ziarate (13) » -Sidi Moussa, Sidi Ghiles-, profanation de tombes et de « qouba » de Sidi M’hamed Bou Qobrine à Alger, et à Djelfa.
A quand Sidi Abderahmane, Sidi Yahia, Sidi El Houari, Sidi Rached.
Ils empêchent les familles d’enterrer leurs morts, comme l’ont fait depuis des siècles nos pères. Cet « ordre nouveau » affiche ainsi sa prétention d’exclure le peuple algérien de sa propre histoire, de sa culture, de son imaginaire, de ses coutumes ancestrales. Il veut faire table rase de notre passé, qui est aussi notre présent.
Il veut introduire dans la société l’inquisition.
Son discours haineux envahit notre vie, sème la violence dans nos familles, traumatise nos enfants. Il est un danger mortel pour l’école, l’université, pour la recherche scientifique et pour le développement économique et social déjà fortement fragilisés par des années d’incurie, de casse, de corruption, d’interdits.
En rendant licite (Yadjouz) l’agression, la terreur, l’affairisme et le parasitisme, il tente de sanctifier les valeurs de la régression et de la décadence. Cet « ordre nouveau » qui profite du désarroi social et moral de la jeunesse s’apparente au fascisme. Il est prétexte à toutes les aventures fratricides sans lendemain.
Il est la fin des libertés démocratiques et individuelles.
Face à cette situation dont la gravité ne doit échapper à personne , face à toutes ces menaces et leur cortège de répression, de torture, de censure, d’exclusion, dont octobre 1988 a sonné le glas, le R.A.I.S appelle tous les artistes, intellectuels, scientifiques, à se rassembler jeudi 10 mai à 10h du matin à la salle du Conseil Populaire de la ville d’Alger, derrière l’Assemblée populaire nationale, pour la paix, la démocratie, pour la liberté et la création, et à se joindre à la marche pour la démocratie , place du 1er Mai à 14h.
Le R.A.I.S,
Alger le 3 mai 1990.
Notes de bas de page
1A partir du printemps 1993, trois années après la publication de ce texte, écrivains et poètes, parmi lesquels, Tahar Djaout et Youcef Sebti sont assassinés par les terroristes du Front islamique du djihad armé.(F.I.D.A.).
2Azzedine Medjoubi est assassiné en février 1995, à Alger. En mars 1994 le dramaturge Abdelkader Alloula, succombait à ses blessures, victime d’un attentat à Oran.
3Les chanteurs Cheb Hasni, et Rachid Baba Ahmed, qui formait un duo avec son frère Fethi, sont assassinés en septembre 1994 et février 1995
>>4Débauche, dépravation
5 Illicite, au sens de mécréance.
6Président du Front islamique du Salut, (F.I.S.)
7A partir de 1993, plus de soixante journalistes Algériens seront assassinés par les terroristes du Front islamique du djihad armé (F.ID.A).
8Des dizaines seront assassinés, parmi lesquels le psychiatre Mahfoud Boucebci, le pédiatre Djillali Belkhenchir, le philosophe Rabah Guenzet, l’archéologue Djamil Bouhendel, les sociologues M’hamed Boukhobza, Djilali Liabès, l’économiste Abderahmane Faredeheb.
9Parmi eux, Abderahmane Chergou, Salah Chouaki, Rabah Stambouli, assassinés en septembre 1993 et septembre 1994.
10Parmi elles, l’architecte Nabila Djahnine, présidente de l’association « Cri de femmes », assassinée en février 1995
11Parmi eux Abdelhak Benhamouda, secrétaire général de l’UGTA, assassiné en janvier 1997.
12Parmi eux Rachid Tigziri et Aziz Belkacem, assassinés en janvier et décembre 1994.
13Pèlerinage.
Ecrit par Le Baron 31-01-2012 10:19
Ecrit par Tounsi 31-01-2012 02:50
Qu'est ce qui vous gène dans l'affaire au juste ? que des gens sortent manifester ? qu'ils ont été aussi nombreux a répondre a l'appel de l'opposition ? les slogans ?
Ecrit par Jughurta 30-01-2012 21:16
Ecrit par Le Baron 30-01-2012 16:19