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Samedi 25 Mai 2013         

Tunisie, Hamadi Jebali répond à l’opposition et met en garde les salafistes

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Publié le Jeudi 31 Mai 2012 à 00:47
Hamadi JebaliLa tenue des élections ne dépassera pas le printemps prochain, c'est-à-dire mars 2013, déclare Hamadi Jebali, chef du gouvernement, lors d’une longue interview télévisée retransmise ce soir sur la télévision nationale, où il a répondu, pendant une heure et demie,  aux questions de Saïd Khezami et Imen Bahroun, sur toutes les affaires qui agitent la scène politico-médiatique et préoccupent l’opinion publique.

Hamadi Jebali reconnaît qu’il y ait lenteur dans la marche de l’action du gouvernement, chose qu’il impute au fait que le gouvernement est en phase d’entrainement et d’apprentissage des rouages de l’administration et de la gouvernance, "mais on va corriger les défaillances", promet-il.

"Il n’y a pas de démocratie sans opposition, moi, j’ai vécu en France, là-bas, l’opposition est une fonction sociale", dit-il, en prélude à sa réponse à l’appel lancé par le parti républicain pour un gouvernement de salut national. "Ceux qui ont refusé de participer à un gouvernement d’union nationale appellent aujourd’hui à un gouvernement de salut. Ce gouvernement est légitime et ne peut-être déchu que par une motion de censure ou par les élections". Et de renchérir à l’endroit de ses détracteurs : « on met le pays à l’arrêt, on ferme les issues du dialogue, et puis on appelle à un gouvernement de salut ». Le gouvernement reste néanmoins ouvert au dialogue, précise-t-il.

Sur les différends qui peuvent surgir entre les trois têtes de la troïka, Hamadi Jebali estime que des avis différents peuvent se concevoir, s’ils ne dépassent pas les limites, les usages de l’Etat et la loi portant organisation provisoire des pouvoirs publics. "Nous avons une plateforme commune de valeurs républicaines, tant dans nos relations au sein de la troïka qu’avec les autres partis".

Dans l’affaire de l’ancien-premier ministre libyen, Baghdadi Mahmoudi, Hamadi Jebali soutient que "les trois présidents sont d’accord sur l’échange des criminels entre la Libye et la Tunisie, avec des garanties données par la Libye à la Tunisie et à la communauté internationale, en matière de droits de l’homme, d’intégrité physique et de procès équitable, ce que la partie libyenne a déjà présenté verbalement et par écrit". Le chef du gouvernement considère que l’affaire Mahmoudi a été parachevée, avec la visite aujourd’hui d’une délégation composée d’activistes de droites de l’homme en Libye pour constater de visu ces garanties.

Au sujet de la demande de rapatriement de Ben Ali, le chef du gouvernement révèle avoir demandé son extradition à la partie saoudienne, faisant part de ses réserves là-dessus :" j’ai dit clairement aux autorités saoudiennes que Ben Ali a commis des crimes au détriment du peuple tunisien, et qu’on demande au peuple et aux autorités saoudiennes son extradition, c’est une affaire de principe, importante et stratégique, mais cette affaire ne peut décider à elle seule de nos relations avec l’Arabie saoudite".  Et d’asséner : "On ne craint pas Ben Ali, si c’était le cas, on l’aurait redouté lorsqu’il était fort au pouvoir".

Concernant la dégradation de la note de la dette de deux crans par Standard & Poor’s, le chef du gouvernement  reconnait que le rapport de l’agence de notation comporte une part de vérité du fait des lacunes qui restent à pallier, rappelant que la délégation de S&P s’est rendue en Tunisie en 2011 et en avril 2012. "Si on va nous juger sur 2011, c’est inadmissible, et si c’est sur les quatre mois de 2012, les indicateurs de l’INS sont tous à la hausse, citant un taux de croissance de 4,8% au cours du premier trimestre de l’année". "S&P était satisfaite de la situation sous Ben Ali, pendant la période de despotisme, et maintenant elle sanctionne la démocratie", regrette-il. Le chef du gouvernement a déploré que certains aient applaudi à l’abaissement de cette note, mettant un bémol, notre note est meilleure que celle de l’Egypte et de Chypre, et égale à celle de la Turquie.

Autre sujet qui a suscité une large polémique lors de la dernière période est l’augmentation des salaires des constituants, le chef du gouvernement a marqué sa totale désapprobation avec une telle démarche. «J’ai dit à Si Mustapha que je ne signerai aucune augmentation", affirme-t-il, annonçant son intention de réduire son salaire, ainsi que ceux des ministres. Le chef du gouvernement a dévoilé au passage qu’il recevait 800 dinars lorsqu’il assumait une responsabilité au sein d’Ennahdha.

Hamadi Jebali a appelé l’UGTT à cesser de donner des ordres et d’être arrogante, indiquant qu’il n’a jamais été question d’une année blanche, sans augmentations salariales. "Ces organisations doivent respecter leur rôle et leur mission," martèle-t-il, évoquant "les communiqués politiques et non sociaux" publiés par la centrale syndicale. Interrogé sur les tentatives de certaines parties de faire chuter le gouvernement, il rétorque que la chute du gouvernement en démocratie ne peut se faire que par les élections sinon ce sera un putsch. Et d’ajouter :" je n’accuse personne, l’UGTT est un partenaire stratégique, il ne peut y avoir conflit ou confrontation". Il reconnait toutefois que son gouvernement se fait tailler des croupières, par ces grèves répétitives, dont celui des instituteurs de l’enseignement de base dont les revendications peuvent-être reportées.

Hamadi Jebali se défend que son gouvernement soit faible. C’est l’ignorant qui nous considère faibles, car il ne sait pas distinguer entre faiblesse et indulgence, dit-il en substance. "Ce gouvernement est fort par sa légitimité, et sa popularité".

Autre sujet brûlant a trait au volet sécuritaire, avec en toile de fond les événements survenus dernièrement dans certaines régions dont Jendouba, et imputés à des éléments dits salafistes. Hamadi Jebali s’est montré intransigeant. Il préconise la fermeté envers "celui qui ose agir contre l’Etat, le mode sociétal de notre peuple, celui qui veut conquérir et islamiser la Tunisie et imposer ses opinions et ses convictions par la force aux Tunisiens". Il déplore que cette violence soit associée à l’Islam, et explique que "la charia signifie liberté, démocratie, droits de l’homme, développement et  justice sociale."

Le chef du gouvernement affirme "qu’Ennahdha ne sera jamais l’allié de ceux qui déchoient les gens de leur statut de musulmans, ceux qui ont pris la position de l’Etat, et occupé les mosquées". Il met en garde ces groupes et les exhortent à tirer les enseignements de l’expérience de nos voisins, les prévenant contre les messages négatifs qu’ils envoient et qui font peur. Le chef du gouvernement appelle ces groupes à entrer dans un dialogue avec les citoyens, et à s’organiser dans des partis, les prévenant que "le gouvernement ne restera les bras croisés devant leurs agissements". Il estime, néanmoins, que l’image envoyée de ces groupes et de la Tunisie est amplifiée et dramatisée.

Le premier ministre a indiqué auparavant qu’on a hérité d’un dispositif de sécurité disloqué, et que l’agent de sécurité ne se sent plus protégé, déplorant qu’il y ait des syndicats de police qui accomplissent un rôle négatif, et publient des communiqués politiques.

Concernant les attaques lancées par certains conseillers du président de la république contre le gouvernement, Hamadi Jebali impute cela à une confusion et une incompréhension des usages de l’Etat. "Mes propres conseillers ne se seraient jamais attaqués au  chef de l’Etat, mais je n’en fais pas une affaire, et je prends sur moi-même", dit-il, en lançant un avertissement à qui veut l’entendre : "gare à dépasser certaines limites".

Sur les nominations effectuées par le gouvernement aux hauts postes de l’Etat, et que certains désapprouvent le fait qu’elles soient décidées sur la base de l’allégeance partisane, Hamadi Jebali a dit que  le premier critère en la matière est celui de la compétence, interpellant ces interlocuteurs : est-il interdit de nommer des responsables d’Ennahdha ?

Sur l’éventuel changement à la tête de la BCT, le chef du gouvernement rétorque :  "Je n’ai pas de problème personnel avec Mustapha Kamel Nabli, mais la nomination du gouverneur de la BCT relève d’une décision souveraine". Il ajouté que toutes les possibilités restent à l’ordre du jour dans le cadre légal et des institutions. Une réponse en demi-teinte, qui montre que les rapports entre le chef du gouvernement et le gouverneur de la BCT sont loin d’être au beau fixe.

H.J.



 

Commentaires 

 
+2 #7 0 actions
Ecrit par Royaliste     31-05-2012 16:44
aprés 7 mois de son intronisation, toujours des promesses et AUCUNE action pour le tunisien

emploi, indépendance de la justice lutte contre la corruption, pouvoir d'achat, réforme fiscale : rien

AUCUNE action pour s'attaquer au probkéme du chomage
 
 
0 #6 Alternative
Ecrit par Dr. Jamel Tazarki     31-05-2012 14:27
go4tunisia.de/.../...
Ce qui nous choque le plus chez Monsieur Hamadi Jebali, c’est qu’il nous promet afin de vaincre la crise, du sang et des larmes: contraignant les Tunisiens au pain dur et à la diète. Tout le reste que proposent l’opposition et les syndicats, à commencer par la recherche d'une autre stratégie, n'est que littérature et perte de temps aux yeux de la troïka tunisienne. Alors faut-il en rester là? Faut-il se résigner?

C’est vrai qu’augmenter les plus bas salaires c’est une mesure coûteuse, mais cette augmentation est indispensable. Le problème, c'est le coût: 1 milliards de dinars par an. Où les trouver? Je propose une taxe de 3% sur les importations, payée par les entreprises et de s'attaquer aux salaires dont les rémunérations dépassent les 12000 dinars par an. Il faut savoir que 15% de baisse seulement sur les hauts salaires de certains de nos fonctionnaires en Tunisie laisserait espérer une économie de 1,29645 milliards de dinars. De même une taxation progressive allant jusqu’à 70% de la part des revenus annuels supérieurs à 100 000 dinars laisserait espérer une somme qui dépasserait les 2 Milliards de dinars ! Et si Monsieur Hamadi Jebali ne veut pas consulter les corps intermédiaires, comme les syndicats, il peut s’en passer. La solution? La démocratie directe. Il peut prévoir des référendums sur certains choix socio-économiques. Il nous faut une alternative à cette politique sans fondements socio-économiques. Il nous faut une alternative crédible au moment où tant de nahdhaouiste et des partis au pouvoir (en particulier Monsieur Moncef Marzouki) assurent qu'il n'y en a pas: tel est le défi que doit relever l'opposition. Ennahdha est en train de mener une politique socio-économique suicidaire. Au lieu d'éveiller les esprits, elle les a endormis, au lieu de les éclairer, elle les a obscurcis. L'absence d'une ligne politique claire du gouvernement actuel irrite tous les Tunisiens. Je le déplore amèrement: c'est précisément dans les situations de crise qu'il faut faire preuve de clarté et de crédibilité.

La dévaluation a fait augmenter les prix intérieurs et appauvrit les consommateurs. Elle suppose aussi un plan de rigueur. Elle accroît en proportion le poids de la dette, qui passerait en Tunisie au-delà des 100% de notre PIB. C'est-à-dire à un niveau qui se rapprocherait de celui de la Grèce. Faut-il accepter le seul discours et la seule solution nahdhaouiste? Certes non. Les réponses existent. II faut les faire valoir. II s'agit d'abord de répartition: Les efforts ne doivent pas seulement peser sur les pauvres et sur ceux qui n’ont presque rien. Nous ne voulons pas éviter la rigueur, mais de la faire imposer d'abord aux plus fortunés.
L’effort de toute la société tunisienne est indispensable, mais l'effort pour tous, en proportion des capacités de chacun. L’austérité appliquée avec brutalité, elle bloque la reprise, réduit les recettes et impose de nouvelles restrictions. La Grèce vient d'expérimenter ce cercle vicieux. Concevoir une stratégie alternative, c'est prévoir aussi les moyens de la reprise, c'est-à-dire favoriser l'investissement et l’industrialisation, améliorer recherche et éducation et ménager le pouvoir d'achat des classes populaires, qui soutient l'activité. Une action trop brutale étoufferait l'économie. Ce gouvernement doit donner un calendrier crédible de réduction des déficits, mais un calendrier progressif :

Ennahdha fait de faux calculs : Elle ne pourra jamais casser le mouvement des jeunes qui met ce régime nahdhaouiste sous pression. C’est la lutte des jeunes dans les rues de Tunis, Gabes, Gafsa, Sidi bouzid, etc. qui a fait fuir l’ex dictateur et qui mettra aussi fin à une nouvelle dictature que Monsieur Rached Ghanouchi veut nous imposer! Le mouvement populaire ne cessera pas la lutte pour une vraie démocratie libérale. Nous n’avons pas le courage d’abandonner maintenant. Monsieur Rached Ghanouchi veut nous imposer ses théories théologiques, métaphasiques et socio-économiques par la force. Il s’en fou des prochaines élections et les raisons sont claires : manipulations des urnes…

www.go4tunisia.de
Auteur: Dr. Jamel Tazarki
Allemagne
 
 
+5 #5 RE: Tunisie, Hamadi Jebali répond à l’opposition et met en garde les salafistes
Ecrit par Tahar JEBARI     31-05-2012 14:05
A Issam.
J'ai une image très claire de la situation. Moi, je ne vous qualifierai d'aucun nom d'oiseau parce que je ne vous connais pas. Sachant que je considère que Jebali est un homme honnête et fait ce qu'il peu. J'ai seulement dit que son sourire n'est pas adapté aux circonstances.
Je vous appelle à être plus tolérant et moins brutal.
Bonne journée.
 
 
+1 #4 on n'est pas encore sorti de l'auberge
Ecrit par gignole     31-05-2012 11:07
j'ai regardé l'interview, d'ailleurs elle n'est pas en "live" et cela explique que Mr Jbali avec tous mes respects pour lui,n'est pas autonome, d'autre part le message qu'il a fait passé aux salafistes n'est pas clair, c'est la énième fois qu'il menace mais sans résultat, le peuple tunisien n'est pas dupe, la situation du pays est très grave, la proposition d'un gouvernement de salut est bonne même c'est la seule voie de faire sortir le pays d'une grave crise économique et sociale!!
 
 
0 #3 تونس بخير بإذن الله
Ecrit par Benzarty     31-05-2012 10:58
الوضعية الخطيرة التي تمر بها البلاد لن تكون اسوأ من 23 سنة استبداد و نهب و سرقة لاموال الشعب التونسي من قبل بن علي (...) و ليلى الحجامة و اخواتها...
 
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