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Mardi 11 Décembre 2018         

Entre une candidature et une prorogation à la Kasbah, Chahed choisirait la première !

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Publié le Lundi 27 Août 2018 à 13:22
Youssef Chahed et Rached Ghannouchi. Ennahdha a clarifié sa position, après avoir entretenu le flou pendant une certaine période. Le mouvement offre un soutien conditionné à Youssef Chahed, et l’assure de sa loyauté en vue de son maintien à la primature jusqu’à 2019, pourvu qu’il tire un trait sur ses ambitions présidentielles. Le mouvement que l’on accuse d’être sorti du consensus, dit s’en tenir ainsi au point 64 du document de Carthage, à l’origine de son gel, le 28 Mai dernier. Déjà trois mois que l’on en parle plus, et que le gouvernement dit d’union nationale qui en est issu, est dans la tourmente. 

Le mouvement a justifié sa position par le besoin du pays d’un gouvernement qui se consacre entièrement aux réformes socioéconomiques et à la lutte contre la corruption, loin des tiraillements électoralistes. Au cas où Youssef Chahed souhaite se présenter à la prochaine présidentielle, il devra démissionner. Ce qui vaut pour lui, vaudrait pour les autres membres de son cabinet, même s’il reste la principale cible de cette injonction.

Ennahdha qui officialise ainsi une décision déjà exprimée furtivement, notamment par son président Rached Ghannouchi dans sa dernière tribune, chercherait à marquer son retour dans le giron du consensus politique, et à renouveler son pacte avec Nidaa, dont l’approche des élections rend, pourtant, caduc. En effet, toute cette cabale lancée contre le locataire de la Kasbah et l’empressement de le remplacer à quelques mois d'une année électorale cruciale, ne tiennent pas tant à son prétendu échec, qu’au danger qu’il représenterait pour les différents prétendants à la course pour la magistrature suprême. Les uns et les autres craignent, et l’avouent ouvertement, qu’il ne fructifie sa mission pour renforcer ses chances dans les urnes, d’autant plus qu’il jouit d’une cote de popularité estimable auprès de l’opinion, qu’il a su, peu ou prou conserver, depuis qu’il a lancé sa guerre contre la corruption.

Ennahdha dont le numéro un avait récemment réitéré un attachement indéfectible à l’entente cordiale avec le président de la république, née il y a cinq ans à Paris, chercherait à travers sa position à retirer à son allié/ rival, cet alibi d'atteinte au consensus. Le mouvement laisse aussi présager l’éventualité d’une candidature à la présidentielle, à laquelle le jeune chef du gouvernement ferait de l’ombre. 

Ce soutien sous condition qui n’aurait pas déplu à Nidaa, notamment le clan de Caïd Essebsi Junior, en guerre contre le Premier ministre, et réclamant mordicus son départ, a été accueilli avec réserves par le chef du bloc parlementaire du mouvement, manifestement dans une simple volonté de se démarquer.

"La vente conditionnée est interdite en Tunisie et est punie par la loi", a déclaré Soufien Toubel à Assabah Ousbouï dans son édition de ce lundi, estimant que "Chahed a le  droit de se présenter et ce type de décision devrait être examiné au sein de Nidaa (...) Chahed est avant tout l’enfant de Nidaa", a-t-il lancé. Ce même Soufien Toubel qui a instamment appelé Youssef Chahed lors d’une conférence de presse à l’Assemblée, en présence de HCE, à la veille de la plénière du 28 juillet dernier (vote de confiance au ministre de l’Intérieur), à présenter l’ensemble de son gouvernement à un nouveau vote de confiance du parlement.

Entretemps, le paysage parlementaire est en train de se recomposer, et un nouveau bloc parlementaire assurant Chahed de son soutien, et misant sur la troisième place, est annoncé ce lundi en vue de réinstaurer l’équilibre politique, perdu dans le tourbillon des scissions ayant frappé et affaibli le mouvement fondé par Béji Caïd Essebsi.

Parallèlement, Nidaa et Machrou sont en pourparlers dans la perspective d’une fusion qui donnera lieu au premier bloc de l’Assemblée à même de devancer le mouvement Ennahdha, à ce stade, première force de la majorité parlementaire.

Un branle-bas de combat dans la perspective des législatives, et surtout de la présidentielle de 2019, où le nombre de prétendants risque de battre tous les records. Une élection qui est appréhendée, moyennant des calculs politiciens et partisans, loin de l’esprit et de la lettre de la constitution, et au détriment de l’intérêt du pays qui devrait renouer, pour la énième fois, avec l’instabilité.

Youssef Chahed qui ne semble pas prêt à compromettre son avenir politique, pour une prorogation à la Kasbah, devrait, selon, toute vraisemblance, démissionner à l’automne, maintenant qu’il est lâché par les deux forces de la majorité parlementaire. Son successeur, engagé pour quelques mois, aura à préparer les élections et à expédier les affaires courantes, confirmant encore une fois, ce provisoire qui dure.
Gnet

 

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