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Jeudi 15 Novembre 2018         

Tunisie : Encore un attentat terroriste qui va de pair avec l’agenda politique

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Publié le Lundi 29 Octobre 2018 à 16:50
L'Avenue Habib Bourguiba, ce lundi 29 octobre. Encore une fois, la Tunisie est frappée par le terrorisme en plein cœur de la capitale. L’attentat perpétré ce lundi 29 octobre à l’avenue Habib Bourguiba, est le deuxième qui frappe le centre de Tunis, après trois ans, de l’attentat du 24 novembre 2015, contre un bus de la garde présidentielle, à l’avenue Mohamed V.

L’élément nouveau de l’attaque suicide de ce lundi est qu’il a été perpétrée par une femme.

Selon le ministère de l’Intérieur, la Kamikaze qui a activé sa ceinture explosive près d’une patrouille sécuritaire, est âgée de 30ans et n’est pas connue des services sécuritaires, pour terrorisme.

Le terrorisme qui a fait une offensive sans précédent contre la Tunisie après la révolution, tant dans les villes que dans les montagnes, va de pair avec l’agenda politique.

Les visées des commanditaires de ces attaques sont claires, il s’agit de torpiller le processus démocratique en Tunisie, et d’empêcher une démocratie de voir le jour dans la région arabe.

Malgré  les pas importants réalisés par le pays en matière de lutte contre ce fléau transfrontalier, à la faveur du renforcement de la traque des terroristes là où ils se trouvent, et de la multiplication des opérations préventives et anticipatives menées par nos forces sécuritaires et militaires, ayant permis de démanteler nombre de cellules dormantes, de faire subir des coups douloureux à ces groupuscules, de saisir armes et munitions et d’arrêter et d’éliminer nombre de terroristes, ceux-ci ont continué à sévir, notamment dans les montagnes, mais leur action s’est nettement essoufflée, face à un engagement national ; officiel, populaire et sécuritaire qui y fait front.

Le regain sécuritaire n’a cessé de se confirmer ces dernières années, et le souvenir de la série noire des attentats de 2015, ceux du Bardo (18 mars 2015), de Sousse (26 juin 2015), et le troisième contre un bus de la garde présidentielle à Mohamed V (24 novembre 2015) était bien derrière nous, jusqu’à que cette attaque suicide se produise ce lundi 29 octobre 2018, pour dire que le pays n’est pas encore épargné par ce fléau macabre, et que les menaces existent encore, pour attenter à notre économie, notre unité nationale et notre marche vers l’aboutissement du projet enclenché au lendemain du 14 janvier. 

L’attentat de ce lundi qui, fort heureusement, n’a pas fait de morts, (le bilan officiel est de 15 blessés parmi les policiers et 5 parmi les civils), intervient à l’heure où la tension sociale est en train de se désamorcer et où le chef du gouvernement s’apprête à opérer un remaniement ministériel, en réponse à une réclamation pressante de la scène politique. Youssef Chahed aurait déjà commencé les concertations pour former sa nouvelle coalition, qui devrait diriger le pays jusqu’aux prochaines élections, et dont la mission principale serait de relancer l’économie et de faire avancer les réformes structurelles majeures. 

L’attentat a lieu au lendemain du communiqué de Nidaa Tounes extrêmement hostile à Ennahdha. Le mouvement fondé par Béji Caïd Essebsi  s’est dit prêt à mener des concertations avec la famille démocratique progressiste, autour de la formation du prochain gouvernement et de la nature du remaniement ministériel, sans la participation du mouvement Ennahdha.

Un communiqué qui intervient après que le président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, ait revenu, samedi dernier dans un discours lors d’une conférence de son parti, sur le meurtre du journaliste saoudien, Jamal Khasorggi, faisant une analogie entre la vague de compassion qu’il a suscitée, et celle qui s’était exprimée après l’immolation de Bouazizi.

Chose qui fait revenir le pays à la case de départ en termes de polarisation idéologique, à l’heure où le mouvement Machrou Tounes de Mohsen Marzouk n'oppose plus de véto à une entrée au gouvernement aux côtés d’Ennahdha, refusant d’ores et déjà, de s’inscrire dans une logique de clivage idéologique.

Cette attaque se produit aussi à l’heure du retour de la controverse autour de l’achèvement du mandat de l’Instance Vérité et Dignité (IVD). Nidaa Tounes et Machrou Tounes réclament une application du vote de l’ARP de Mars dernier pour mettre fin au mandat de l’instance. Nidaa a appelé à l’issue de sa réunion politique de dimanche son bloc parlementaire, à continuer à boycotter les plénières de l’Assemblée jusqu’à l’activation de cette décision. 

Toutes ces querelles sont parties pour se radicaliser avec l’opération terroriste de ce lundi.
Gnet

 

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