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Samedi 24 Février 2018         

Tunisie : En attendant le dialogue social, la crise des salaires bloque l’université !

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Publié le Lundi 05 Février 2018 à 17:17
Par ces temps de crise financière, l’Etat gère ses fonds, et il y est forcé, avec parcimonie. Tout en refusant de parler d’austérité, le gouvernement reconnait qu’il applique une politique de rigueur budgétaire, qui induit notamment réduction de l’effectif des fonctionnaires via le programme des départs volontaires, le non-remplacement des retraités, la rationalisation des primes, des promotions, etc., des mesures qui sont déployées dans le secteur public et la fonction publique pour la deuxième année consécutive.

A l’heure où le pays se débat dans difficultés financières sans fin, ayant lourdement entamé ses grands équilibres budgétaires et rendu vulnérables ses équilibres macro-économique, ce tour de vis n’est pas un choix, mais une obligation, pour réduire le gap, qui est allé en se creusant ces dernières années, entre dépenses et recettes, et assainir des finances publiques bancales.

C’est dans ce contexte de pressions financières, que le pays s’apprête au printemps prochain de mener un dialogue social en vue d’une majoration salariale dans les secteurs privé, public et la fonction publique. Le chef de l’influente organisation syndicale, Noureddine Taboubli, a annoncé ce lundi 05 février que les partenaires sociaux allaient s’asseoir en Mars prochain autour de la table des négociations, pour se mettre d’accord sur l’augmentation des salaires, de manière à donner du pouvoir d’achat à l’ensemble des masses actives, confrontées à la vie chère.

A l’entendre, l’UGTT aura à mener de front des négociations sectorielles avec l’UTICA, conformément à un accord antérieur conclu entre les deux parties, et des négociations avec le gouvernement, à l’issue desquelles le plus grand employeur du pays, en l’occurrence l’Etat devra augmenter la paie de son personnel pléthorique, plus de 700 mille fonctionnaires. Cela devra se faire à l’heure où le gouvernement est tenu de réduire la masse salariale, parmi les plus élevées dans le monde selon le FMI, à moins de 14 % du PIB.

Les salaires dans la fonction publique sont en effet passés de 7 680 MD  en 2011, à 13 700 MD en 2017, selon une récente étude de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES -Janvier 2018). Une lourde enveloppe qui n’est pas due à la valeur des rétributions, la Tunisie a les salaires les plus faibles dans le secteur public, mais par le sureffectif des fonctionnaires.

S’agissant du secteur privé, les choses ne seront pas tout aussi simples, et les tensions risquent d’être vives entre les délégations patronale et syndicale.

Immensément affectée par la morosité de la conjoncture, et encore non remise des suites des nouvelles impositions introduites par la loi de finances 2018, l’entreprise économique, notamment celle opérant dans des secteurs en difficulté, aura du mal à céder aux revendications salariales, ce qui pourrait donner lieu à des impasses dans plusieurs secteurs. Un bémol néanmoins celui mis par le chef de la centrale syndicale qui a promis de tenir compte de la situation de l’entreprise, de ses moyens, de sa production, sa productivité et sa capacité exportatrice, etc. La garantie apportée par le nouveau patron des patrons, Samir Majoul, de régler tous les problèmes en suspens avec l’UGTT, dans l’intérêt du pays, est-elle aussi rassurante. 

Entretemps, la société continue à être traversée par des conflits, qui risquent d’impacter l’avenir de la jeunesse, l’entreprise économique qui réclame des diplômés conformes à ses besoins, ainsi que la mise en œuvre des réformes, débattues lors des dernières assises de l’enseignement supérieur de décembre dernier.

Et pour cause, cette crise qui perdure dans l’université touchant, selon le syndicat des Enseignants universitaires et chercheurs tunisiens, 60 établissements, où 100 000 étudiants n’ont pas pu passer leurs examens, du fait de la grève administrative ouverte menée par les enseignants, faisant craindre le risque d’une année blanche.

L’appel lancé par le ministère de l’Enseignement supérieur le 22 janvier dernier, pressant les établissements universitaires où les examens n’ont pu avoir lieu à en fixer un nouveau calendrier au plus tard le 27 janvier, en vue de garantir la bonne marche de l’année universitaire, semble être tombé dans l’oreille d’un sourd.

A ce jour, les enseignants universitaires ne semblent pas prêts à lâcher du lest, réclamant "le respect de la grille des salaires pour garantir l’équité dans la fonction publique". Un sit-in sera organisé après-demain, mercredi 07 février, devant l’ARP, sur la place du Bardo pour appeler les députés à veiller sur l’application des lois adoptées ; une journée qui connaitra une présence massive, et qui sera historique à tous les égards, annonce le syndicat. Voilà où on en est aujourd’hui, avec une élite qui se dit lésée et se sent humiliée, attirant l’attention sur ses difficultés matérielles, à travers un procédé fort préjudiciable pour l’étudiant.

Gnet

 

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